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IN THE FADE

de Fatih Akin *

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Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar

Synopsis : La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

C'est rien de dire qu'on ne reconnaît pas Fatih Akin dans ce petit film aux thèmes forts mais qui laisse étrangement froid. Il semble manquer de tout, d'émotion, de profondeur, d'engagement.

Ce qui arrive à cette femme devrait nous mettre à terre. Perdre son mari et son enfant dans un attentat raciste est au-delà de l'imaginable. On assiste à la grande souffrance de Katja mais tout reste froid.

Les scènes s'enchaînent et l'on se demande comment elles ont pu sortir de la tête de ce réalisateur jusque là tellement profond, subtil et inattendu. Lors de l'une d'elle (sans doute la plus tarte) les parents du défunt (turcs) annoncent à Katja qu'ils vont rentrer en Turquie et qu'ils souhaitent y enterrer leur fils et leur petit-fils. Surprise, Katja s'excuse, quitte la pièce, va se faire un rail de coke, revient et annonce "non, ça va pas être possible, on ne me prendra pas deux fois mon fils et mon mari". Lors des obsèques, la même belle-mère lancera à Katja : "si tu t'étais mieux occupée de ton fils, il serait encore vivant". On rêve d'entendre de telles âneries/banalités.

La partie du procès est la plus intéressante et l'on découvre qu'en Allemagne les avocats ne font pas de moulinets avec les bras en agitant les manches de leur robe (qu'ils n'ont pas) et peuvent quasiment s'interrompre les uns les autres. Mais là encore, nous sommes face à deux nazillons racistes (désolée pour le pléonasme) sans état d'âme et la réalisation, les dialogues ne parviennent pas à nous mettre la rage.

ATTENTION SPOLIAGE.

Devant l'injustice du verdict, Katja va décider de tenter de faire justice elle-même et là, le réalisateur s'empêtre dans le grand porte nawak et nous démontre entre autre comme il est aisé de confectionner une bombinette.

J'ai lu ceci sous la plume de Nicolas Schaller : "Que Diane Kruger sorte indemne d'un tel ratage, auquel elle apporte quelques nuances, méritait bien une récompense". Je suis complètement d'accord. J'ai toujours aimé cette actrice, elle est encore une fois ici excellente et elle a bien du mérite.

Commentaires

  • ou est passé le metteur en scène de head on ? j'ai l"impression que ce film était une erreur de jeunesse dans sa filmographie tellement c'est inintéressant depuis... même si de l"autre côté n'était pas si mal !
    C"est vrai que diane est la seule à sauver de ce naufrage avec le chapitre "procès"

  • J'avais beaucoup aimé De l autre côté et Soul Kitchen. Pour le reste on est d'accord.

  • De l'autre côté était magnifique. Et Soul Kitchen sympathique...

  • Absolument.

  • Rebonjour, je suis assez d'accord avec tout ce que tu écris mais Diane Kruger est vraiment bien et je ne condamne pas son personnage pour son geste final. Je peux le comprendre. Bonne journée.

  • Rebonjour, elle est formidable. Je comprends également.

  • Concernant les scènes avec les parents/beaux-parents, je pense qu'Akin a voulu montrer que ce mariage mixte est "mal passé" au niveau des familles. Les parents turcs n'ont sans doute pas apprécié que leur fils fasse sa vie hors du pays, avec une Occidentale. Quant à la mère de Katja, elle semble n'avoir jamais encaissé que sa fille épouse un (ancien) trafiquant de drogue. C'est le gamin qui était le lien entre les deux mondes.

    Comme je l'ai écrit ailleurs, j'ai aimé ce fils, qui repose certes essentiellement sur les épaules de Diane Kruger. A l'image de ce qu'on dit parfois à propos de certains acteurs, sa seule présence (et son talent) justifie la vision du film. Et elle n'est pas la seule à bien jouer : la séquence du procès est remarquable.

    Quant à la décision de l'héroïne de se venger, je ne vois pas en quoi elle pourrait justifier des critiques du film. Lorsqu'une oeuvre "contextualise" la volonté de nuire de certains terroristes, cela ne suscite pas un tir de barrage. (Et on peut légitimement attendre d'une oeuvre cinématographique qu'elle interroge les motivations de ses protagonistes, même quand leurs actes ne paraissent pas conformes à la morale dominante.)

  • Rectification : j'ai aimé "ce filM" (pas ce filS)... Entschuldigung !

  • On est d'accord sur le fait que le procès est la meilleure scène et surtout que Diane est parfaite.
    Pour le reste, je n'ai pas l'impression de juger la décision de Katja mais le manque de nerf du film qui fait qu'on reste complètement en dehors (en ce qui me concerne) de tout ce qui lui arrive. Moi qui m'émeus facilement, je n'ai pas ressenti grand chose.
    La première scène sonne faux et beaucoup de choses qui ont suivi.

    Mes yeux avaient remplacé fils par film. C'est dingue.

  • Quand j'ai parlé des critiques qui dénigrent le film sur la base de l'aspect vengeance du scénario, je pensais aux pros, qui ont pignon sur rue, dans les médias. Cela fait un petit moment que j'ai remarqué que la supposée qualité d'un film dépend, pour certains, de préjugés idéologiques...

    Bon, comme j'ai déjà dit beaucoup de bien de "In The Fade", je n'ai aucun scrupule à relever une de ses faiblesses. Je pense à la scène de la baignoire (que je ne vais pas raconter, pour laisser le plaisir de la découverte aux personnes qui n'ont pas encore vu le film). On y voit une personne dans son bain, dans des circonstances très particulières. Le problème est que cette personne devrait être nue, ce qui n'est pas le cas. Ici, la bienséance et la pudeur l'ont emporté sur le réalisme. Mais cela ne m'a pas gêné outre-mesure.

  • Alors moi j'ai une explication beaucoup plus rationnelle... lorsque cette personne sera retrouvée dans les circonstances que l'on sait... elle a eu la pudeur ou la décence de se dire qu'on ne l'y trouverait pas nue. J'ai immédiatement noté ce détail et lui ai donné tout aussi immédiatement cette explication. Qu'en penses tu ?

  • Nous vous trouvons un peu sévère ! Ce film n'est pas parfait, mais il faut le voir dans son contexte parce qu'il se base sur un fait réel. C'est un film-colère !

  • Le thème est fort et Diane Kruger formidable. Je ne l'ai pas trouvé très bien traité. Et je pense que c'est justement parce que je l'ai bien placé dans son contexte qu'il m'a paru froid et sans émotion. Dommage.

  • Je ne serais pas aussi catégorique. Je l'ai vu. Enfin. Pas un ratage, pour moi. Moins dense, certes, mais le film interroge toujours et puis c'est Diane Kruger. Il est froid, mais je pense que c'est justement volontaire... C'est vrai que sans la drogue, cela pourrait faire un autre film, plus intense, vraiment différent...

  • 10 mois ont passé, j'ai COMPLETEMENT oublié ce film !
    Il ne me reste que Diane, toujours parfaite.

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