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MY BEAUTIFUL BOY

de Felix Van Groenigen ****

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Avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Maura Tierney

Synopsis : Pour David Sheff, la vie de son fils, Nicolas, un jeune homme brillant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire.

Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, Nic est devenu accro à l'héroïne et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance. Réalisant que son fils est devenu avec le temps un parfait étranger, David décide de tout faire pour le sauver.

Après nous avoir fait plonger dans le quart monde et trembler pour un jeune garçon de 13 ans (La Merditude des choses), après nous avoir fait pleurer des rivières et laissé inconsolables avec un grand mélo des familles (Alabama Monroe), après nous avoir embarqués avec deux frangins décidés à gérer une boîte bordélique (souvenez-vous la scène de folie) (Belgica), Félix Van Groeningen traverse l'Océan et confirme que ce qui l'intéresse c'est la famille, les mélos et la musique aussi, ses films en sont emplis à ras bord. Celui-ci ne fait pas exception.

Alors les grincheux diront que le film est sans surprise ou plutôt qu'il enchaîne les surprises attendues, que les flash-backs nous perdent un peu dans la chronologie, que la musique est envahissante omni-présente. Je réponds que oui, c'est vrai et pourtant, le torrent d'émotions que provoque la relation entre ce père et ce fils totalement fous l'un de l'autre, devraient ravir les cœurs sensibles comme le mien. On est habitué à voir les américains s'enlacer dans les films, pour se dire bonjour, comme s'ils n'avaient sur terre que la personne qu'ils enlacent à qui s'accrocher, mais ici, chaque big hug entre Nic et son père disent quelque chose. Ils durent plus que la durée légale comme s'ils savaient qu'en se lâchant tout partirait en sucette. Et c'est le cas. Le père ne cesse de récupérer son fils, de lui courir après au travers des Etats-Unis, le fils ne cesse d'appeler son père au secours puis de le fuir. Et leurs étreintes qui se concluent depuis l'enfance, depuis leur première séparation (les parents de Nic sont divorcés) par "everything" donnent envie d'avoir un mot magique que l'on échange avec la personne que l'on aime le plus sur terre.

Mais chacun ne reconnaît plus l'autre car Nic a commencé à boire et à se droguer gentiment, en cachette, pour passer des moments plus agréables dans les fêtes jusqu'à rencontrer le Crystal meth dont il paraît qu'une seule prise suffit à rendre accro. Les modifications au niveau cérébral provoquent une sensation de manque et la deuxième dose ne peut qu'être supérieure à la première. Les sensations de bonheur et d'euphorie sont telles que la dépression qui suit les effets qui finissent par s'estomper transforment totalement la personne. Enfin, des spécialistes expliqueront mieux que moi...

Ici la descente aux enfers du père comme du fils est bouleversante. Leur superbe relation complice, fusionnelle. Mais avant d'admettre que sa dépendance est une maladie dont il pourrait sortir, Nic se met à fuguer, à mentir et son père désemparé le cherche, le retrouve, le perd encore. Les cures de désintoxication sont suivies de rechutes. Parfois Nic redevient l'être adorable, fou de ses demis frère et sœur beaucoup plus jeunes que lui, puis il replonge, ment un peu plus, s'éloigne, demeure introuvable. Mais toujours au bout du fil ce père ravagé de chagrin, de culpabilité parfois et ce fils qui demande pardon, qui supplie de ne pas le détester. Comment supporter de voir son enfant, son beautiful boy tituber, à peine tenir debout comme un vieillard en bout de course ? Jusqu'à ce que...

Sans doute suis-je une proie facile pour ce genre de mélo où s'expriment des sentiments plus forts que la vie mais j'assume d'avoir été scotchée à 200 % à mon fauteuil, les yeux rivés à l'écran face au cataclysme qui ravage, bouleverse et détruit ces deux êtres et tous ceux qui gravitent autour d'eux. Mais aussi à cet amour absolument indescriptible.

Inutile de vous dire que Steve Carell est bouleversant comme il ne l'a jamais été, et absolument crédible dans ce rôle poignant et fort de père jusqu'au boutiste. Et le petit prodige Timothée Chalamet confirme qu'il est bien l'acteur surdoué découvert ici aussi désarmant lorsqu'il sourit que renversant quand il se met à pleurer. Il est fait pour être devant la caméra. Espérons qu'il ne se laisse pas piéger par des films qui ne le méritent pas ou capturer par Marvel à l'image d'un autre surdoué qui nous échappe en se consacrant exclusivement aux super héros.

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Commentaires

  • Indispensable... Je crois que je serais preneur de ce "genre de mélo"... Et puis l'envie de revoir Timothée Chalamet.

    Quand à la musique envahissante, omni-présente, c'est malheureusement le cas du cinéma américain qui ne supporte pas d'écouter ne serait-ce que quelques secondes le silence des émotions. Il faut une musique pour guider, ne pas endormir, le spectateur outre-atlantique. Disons que c'est ma vision, mais oui c'est souvent un reproche que je fais au cinéma américain, j'aime bien la musique, mais elle n'est pas nécessaire sur l'ensemble d'une bobine.

  • Alors tu vas être servi :-) Timothée est magnifique et son paternel de cinéma, pas moins.
    La musique ne me gêne pas du tout ici. Elle fait partie de leur parcours. Ce sont souvent des "disques" qu'ils écoutent ensemble, pas une musique originale avec violons qui pleurent.

  • L'une de mes grosses envies du moment.
    Mais j'ai tellement de retard sur mes séances...

  • Fais passer celui-ci en tête de priorité :-)

  • J'ai en ce moment de grandes conversations (probablement inutiles) avec mon fils de 15 ans sur la drogue et la facilité avec laquelle on y tombe. Après plusieurs années d'instruction en famille il rentre au lycée alors maman flippe. D'autant que ce sera probablement un lycée français où (m'a t'on dit) il y a de l'argent et donc ...
    Penses tu que le film soit utile pour un ado ou va-t-il penser que c'est caricatural ?
    Bonne journée

  • Cela montre davantage les dégâts que le bien être donc ça peut dégoûter à tout jamais.
    Je crois que je le recommanderais à des ados ACCOMPAGNéS pour pouvoir en discuter après.
    Il semble y avoir des étapes avant d'arriver au crital meth et ses effets ravageurs.
    Même si c'est un mélo, je trouve ce film instructif et jamais caricatural et si ton fils en a entendu parler et a envie de le voir... Fonce.
    Bonne journée.

  • Merci. On va tenter, même en espagnol et c'est lui qui devra m'expliquer vu mon niveau abyssal. Mais ça devrait amorcer la discussion ...

  • Oh tu vas comprendre. C'est de l'amour :-)
    Mais ils sous-titrent ou ils doublent comme en France (l'horreur !) ?

  • J'ai vu les trois films que tu cites, et Alabama Monroe est un de mes souvenirs les plus émouvants au cinéma. Pourtant je n'avais pas tilté que cet opus était du même réalisateur et il n'était pas sur ma liste. Après t'avoir lu, j'ai envie de l'y inscrire finalement.

  • Les encartés disent que c'est un film calibré pour les Oscar (je ne sais s'il est nommé). So what ? Moi il m'a beaucoup touchée et certaines phrases ont fait tilt en moi : "les belles choses que tu as en toi, tu vas les retrouver"... (je suis en période down).
    Difficile d'imaginer qu'il est du même réalisateur en effet. Il est plus hollywoodien forcément.
    Mais Timothée et Steven : gros cœurs avec les mains !

  • Toujours aussi fan de Tim ;-)
    Tentant, j'avoue, en te lisant. Pas trouvé qui c'était le gars en rouge sur la photo de la fin (j'avoue que ces costumés là ne passionnent guère).

  • Le gars en rouge... tu ne reconnais pas Steven ?

  • Quel beau film, du coup. Thimothée Chalamet est magnifique. Et je comprends pour la musique, quelle B.O. !
    Nirvana, Sigur Ros, Bowie, Mogwaï... Tout mon univers sonore...
    En plus il écoute John Zorn et lit Bukowski... merde, ça tient à quoi la vie !

  • Quelle midinette tu fais :-)
    Oui la vie est parfois faite de beaux petits riens qui font beaucoup.
    Mou hier j'étais au Palais du Facteur Cheval et je n'arrivais plus à partir.

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