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LE CHANT DU LOUP

d'Antonin Baudry ***(*)

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Avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz, Paula Beer

Synopsis : Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. A bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l’Oreille d’Or.

Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique. Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d’un engrenage incontrôlable. 

Bon, le synopsis ne correspond pas vraiment à ce que j'ai vu mais je dois dire que ce film m'est tombé dessus tout à fait par hasard. Jamais je n'en avais entendu parler et la surprise fut grande et bien bonne. Je n'avais même pas remarqué le sous-marin sur l'affiche. J'ai été aimantée à mon siège et à l'écran pendant deux heures. Evidemment, il y a le quart d'heure de trop totalement inutile et absolument sans intérêt (une historiette d'amour parachutée là pour faire intervenir et déshabiller un personnage féminin j'imagine), mais on pardonne. C'est un premier film. J'ai entendu dire qu'il avait bénéficié d'un budget colossal, ce qui est rare, en général les premiers films sont tournés sans moyen.

Pourquoi me suis-je retrouvée là, en pleine mer à découvrir cette citation d'Aristote :

"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer" ?
Alors que j'en étais restée à deux : celui qui tient le flingue, et celui qui creuse (clic).

Ok, j'adore la mer, mais ce n'est peut-être pas suffisant pour m'attirer en salle. Récemment, Catherine à Annonay me demandait comment je choisissais les films que je vois. Vaste question que je ne m'étais jamais posée. Je vois peu de bandes annonces, car je n'en peux plus (depuis des années) des pubs, donc j'arrive juste un peu avant que le film commence. Par contre il y a des acteurs, des réalisateurs dont je ne manquerais aucun film mais aussi des synopsis voire un titre ou une affiche et puis la Corée qui me font irrésistiblement me déplacer. Ici je ne savais rien de rien  de ce film sauf la présence de Mathieu Kassovitz que j'aime d'amour. Il ne m'a pas déçue. Mais autour de lui il y a le petit jeune qui monte François Civil mais aussi Omar Sy, à des années lumières de ce qu'on a vu de lui jusqu'ici (et très bien je trouve) et Reda Kateb... dire une fois de plus qu'il est irréprochable me ferait radoter. Tout ce petit monde porte formidablement bien l'uniforme très chic de la marine et prend très au sérieux son rôle de soldat.

Un ami qui a fait son service dans la Marine me disait hier que "l'oreille d'or" dont je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler est quasiment l'élément le plus important et respecté à bord (après le Pacha). L'oreille d'or a l'oreille absolue mais pas seulement, c'est un spécialiste de l'analyse acoustique qui doit en principe distinguer un sous-marin russe (qui n'a pas quatre pales sachez-le) d'un cachalot malade (mais on n'est pas ici pour faire de la poésie). Il peut aussi entendre grâce à son casque et son oreille ultra entraînée l'aspirateur qu'on passe dans une cabine voisine ou le film porno que regarde le cuistot. Vous imaginez le boulot et la responsabilité de devoir faire le tri entre les sons émis par les mammifères marins et tout ce qui navigue sur et sous la mer.

Depuis quand n'avez-vous pas vu un film de sous-marin ? D'accord vous avez vu A la poursuite d’Octobre Rouge, USS Alabama, U-571. Mais un film français ? Ben oui, comme moi, jamais.

Le film s'articule en trois parties. La première est passionnante lors de laquelle la mission du sous-marin est de récupérer quatre soldats en mauvaise posture sur une plage de Syrie. L'intensité est d'une totale efficacité. Le réalisme est exceptionnel. Tous les protocoles sans doute minutieusement reproduits, les gestes, les termes employés, auxquels on ne comprend rien, mais ce n'est pas gênant au contraire cela ajoute à l'impression d'urgence, sont respectés. Cela semble parfaitement documenté et le spectateur est dans un état de tension quasi égal à celui des personnages. C'est fort et efficace.

La deuxième partie, la plus courte heureusement, est la moins intéressante. Chacun à terre reprend plus ou moins sa vie et comme je le disais plus haut, la romance instantanée et bâclée (ben oui les filles couchent au premier regard c'est bien connu) n'a strictement aucun intérêt. L'intérêt reprend dès que l'on se retrouve face à l'Etat-Major et qu'enfin Mathieu Kassovitz débarque en Amiral (pour qui j'ai fait le voyage, je vous le rappelle). Je passe sur cette partie sur la terre ferme. On a qu'une hâte : qu'ils repartent en mer...

C'est là que le film prend un virage à 180 ° (si c'est 360 on revient au point de départ, comme la tête de Regan Mc Neil, c'est ça ? Merci au prof de math de m'aider) et se transforme en horreur pré-apocalyptique. De l'hyper réalisme on passe au film d'anticipation et il faut imaginer que la Russie envahisse la Finlande et qu'un missile nucléaire se dirige droit sur... la Forêt de Fontainebleau Compiègne. Je vous laisse imaginer ce qui se passerait si une arme nucléaire tombait entre les mains de... non, je ne vous dis pas qui ? Le sous-marin doit donc reprendre la mer et tenter d'intercepter, de dévier la route du missile.

Alors oui, on passe sans transition du film documenté au film d'action pure avec tentative de garder une relative crédibilité dans le contexte actuel d'un monde au bord de l'implosion, mais en ce qui me concerne j'ai trouvé ce drame passionnant, haletant et les relations entre les personnages très intenses. Evidemment, ils ont un peu tous le petit doigt sur la couture du pantalon mais ce sont des militaires et on perçoit parfaitement l'engagement et le respect des ordres donnés dont certains ne peuvent être contestés. Idée que l'on retrouve dans Vice, autre film formidable dont je vous parlerai prochainement si vous êtes sages.

Le et les sons étant au centre du dispositif, je vous recommande de voir ce film dans une salle bien équipée (pas à la MJC de Trifouillis Les Pedzouilles).

Palpitant et suffocant parfois, ce film m'a totalement embarquée emballée.

Commentaires

  • En matière de film de sous-marin 'Das Boot' de Wolfgang Petersen reste à mon sens la référence, mon préféré en tous cas.
    Côté Film s-m made in France, à part les maudits de René Clément rien d'autre à ma connaissance.
    Enfin les échos du chant du loup qui remontent de la base navale de Toulon ne sont pas tous ( loin s'en faut) élogieux, du coup je suis moins pressé de monter à bord .. :(

  • Surtout ne t'y risque pas.
    Fie-toi à l'écho.
    C'est un film d'anticipation mais la base navale devrait plutôt être satisfaite de l'image renvoyée par ce film.

  • Les critiques sont contradictoires pour ce film français, on verra...

  • Ah moi comme tu vois je suis très emballée.
    C'est un film audacieux qui plus est français et le premier du réalisateur. Différent de tout ce qu'on voit.

  • Je l'ai vu dans une grande salle. C'est un bon spectacle, très réussi du point de vue de l'image et du son. J'ai quelques réserves à émettre sur le scénario et une partie de l'interprétation. (Le petit jeune est très bien, certains des "anciens" m'ont fait un peu pitié.)

  • Je me répète, seule la partie "bluette sentimentale" m'a gênée.
    Un bien bon film.

  • Rebonjour Pascale, c'est mon ami qui voulait le voir, je n'ai pas regretté de l'accompagner et je suis entièrement d'accord avec tout ce que tu écris (deuxième partie compris). Bonne journée.

  • Bonjour dasola. D'accord également, la surprise est de taille.
    Un petit jeune à suivre.
    Bonne journée.

  • C'est pas Fontainebleau qui va se faire atomiser, c'est la forêt de Compiègne (les salauds, ils ont visé le wagon de Rethondes, si c'est pas un signe !)
    Tout est ok sur mon écho sonar, y compris la très brève amourette terrestre avec la jolie Paula (Prairie/Diane, j'avoue que je n'ai pas saisi la subtilité sur ce coup-là, private joke de diplomate sans doute) qui joue à cache-cache avec l'hyper-sensible. Comme Henri, je reconnais que certains anciens ne sont pas forcément à leur place, sans doute castés pour des questions marketing. Par contre, Berteloot est excellemment détestable je trouve.

  • Bon je ne vais pas te refaire le coup du : ben oui c'est ce que j'ai dit mais pour ma défense votre honneur, en l'écrivant je savais que ce n'était pas Fontainebleau... mais ma connaissance en forêts m'a fait faux bond. Et puis s'en prendre au wagon c'est indigne. Pire que les Buddhas de Bâmiân. C'est ma fibre poilue qui a vibré.
    Pas d'accord pour le casting. Seule la mimi Paula, juste là pour faire joli dans le décor, m'a fait pitié. Et son rôle m'a agacée. J'en ai tellement MARRE des filles qui jouent les potiches ou les utilités. Autant ne pas en mettre. C'est un monde de couillus, restons entre couillus et basta.
    Le coup de la Prairie m'a laissé pantoise aussi. Mais c'est pas banal. Pourquoi pas Fougère ou Rhododindron ?
    Berteloot a en effet une têtabaffes. Il fallait bien un semblant de vilain (visible) dans toute cette bienveillance.
    Malgré tout on est quand même accroché à son fauteuil, moi je dis bravo.

    Et rien sur les virages ?

  • Rien à dire, tu tères la barre comme une pro. Continue comme ça et tu atteindras un point magique.

  • "tu gères". damné clavier !

  • Pascale une fois de + tu as tout dit ! Je crois que j'ai arrêté de respirer pendant un moment, et j'ai broyé la main de mon loulou pendant 2 heures... ce film est palpitant !! Très belle surprise pour un film français qui pour le coup n'a rien à envier aux américains. La bluette avec Paula Beer ne m'a pas dérangée, et puis elle a le mérite de mettre en lumière les conséquences que peut avoir une action a priori anodine à terre sur la possibilité d'embarquer ou non... côté acteur je pense quand même qu'Omar Sy n'est pas le meilleur pour le job mais passons. Un grand film d'actions à la française à voir absolument !

  • Ah Marine ! tu parles d'or (à défaut peut-être d'en avoir l'oreille, peut-être). Je suis de ton bord concernant la place justifiée de Paula Beer dans ce film. :-)

  • Désolé pour ce tutoiement cavalier et fort peu protocolaire, l'emballement sans doute. ;-)

  • Tu complètes bien mon texte :-) mais j'essaie de ne pas être TROP longue. Omar Sy est très convaincant au début, un peu moins par la suite et plus du tout quand il fait une blagounette... Mais ça va. Sa nature joyeuse prend souvent le dessus.
    Oui apparemment, les marins ne peuvent pas faire "n'importe quoi" avant d'embarquer...

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