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SEPTEMBRE 2019, suite et fin

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AU NOM DE LA TERRE d'Edouard Berjon ***

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Avec : Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon, Rufus

Synopsis : Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l'exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années. 

Tout est dit dans le synopsis. Rien de révolutionnaire dans la réalisation, Edouard Berjon suit chronologiquement la lente descente aux enfers d'un agriculteur confronté aux exigences d'un métier qui ressemble à un sacerdoce et au surendettement qui accable notamment cette profession. Ce n'est pas une charge sans concession qui accuse mais un sombre constat plutôt sobre.

Côté saga familiale, le réalisateur ne sort pas les violons et parvient à nous émouvoir avec l'histoire de cette famille aimante et soudée prise dans la tourmente. Il s'agit de sa famille et il rend ainsi un bel hommage à son père dépassé par les nouvelles contraintes de l'agriculture. Il s'attarde aussi sur la figure du grand-père (Rufus, formidable et impitoyable) pour qui seul le travail compte et ne lèvera jamais le petit doigt pour aider (financièrement) son fils.

Le casting fait un bon boulot également. Guillaume Canet est crédible et touchant en ancien cow-boy qui voit progressivement ses rêves se briser. Mais est-ce parce qu'il incarne le réalisateur lorsqu'il avait 16 ans et qu'il lui aurait accordé plus d'attention qu'Anthony Brajon, dans le rôle du fils, capte toute l'attention ? Je pense que ce jeune acteur déjà incroyable ici possède une présence, un charisme, une authenticité et une innocence hors du commun. César de la Meilleure Révélation en février j'en suis sûre !

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CEUX QUI TRAVAILLENT d'Antoine Russbach **(*)

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Avec Olivier Gourmet, Adèle Bochatay, Louka Minella

Synopsis : Cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime, Frank consacre sa vie au travail. Alors qu’il doit faire face à une situation de crise à bord d’un cargo, Frank, prend - seul et dans l’urgence - une décision qui lui coûte son poste. Profondément ébranlé, trahi par un système auquel il a tout donné, le voilà contraint de remettre toute sa vie en question.

Frank ne vit que pour son boulot et traite sa famille comme le commandant en chef d'une armée. Quel que soit l'emploi du temps des uns et des autres, ils sont tous réveillés, secoués pour être debout juste après qu'il ait pris sa douche froide à 6 h 45. Le rituel est immuable. Son fils aîné semble d'ailleurs choisir la voie militaire. Deux autres de ses enfants l'ignorent, dont un qui lui dira au cœur du cyclone "on a pu se passer de père, on n'acceptera pas de changer de niveau de vie". Seule la plus petite lui montre son affection et a des contacts simples avec lui. Sa femme a l'attitude étrange de la soumission et de la compréhension.

Premier arrivé au bureau et sans doute dernier parti, Frank assure et prend des décisions sans état d'âme, parfois dans l'urgence. Celle qui lui vaudra d'être lâché par sa hiérarchie hypocrite, est particulièrement inconséquente et inhumaine. Elle est la conséquence d'un libéralisme à tout crin où jamais les enjeux (financiers) de l'entreprise ne doivent être contrariés. Dans toutes les situations, Frank reste froid et impénétrable et la scène où il passe une évaluation psychologique dans le but de trouver un autre emploi est d'une sécheresse terrible. Sommé de répondre oui ou non à des questions simples et précises, Frank n'exprime aucune émotion.

Olivier Gourmet, irréprochable avec son visage impassible endosse fermement le costume sans pli de cet homme implacable, ambigu. Même au plus profond de sa dérive il reste digne et glacial.

Le film, pas simple, pas réjouissant, est cynique et froid. La dernière scène, terrible, montre que tout le monde finit par s'accommoder de toutes les bassesses. Mais j'ai trouvé regrettable toute la partie où Frank va montrer l'envers de son travail à sa petite fille en l'emmenant dans un super marché et sur les docks pour lui expliquer le cheminement des marchandises. (Ex. les baskets de marque arrivent par convois séparés pour éviter d'être volées, les pieds gauches dans un container, les pieds droits dans un autre à 600 kms). Au début, intéressant, cette partie devient décevante lorsque Frank tombe pile poil sur le cargo objet du litige initial et qu'il rencontre l'équipage du bateau. Cette facilité scénaristique malvenue m'a vraiment gâché le plaisir.

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RAMBO, LAST BLOOD d'Adrian Grunberg **

AU NOM DE LA TERRE d'Edouard Berjon, cinéma, CEUX QUI TRAVAILLENT d'Antoine Russbach ,

avec : Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta

Synopsis : Cinquième épisode de la saga Rambo.
Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain. 

C'est mon premier Rambo. Je ne pensais pas qu'il y en avait eu 5. Cela ne gêne en rien de ne pas avoir vu les autres. Il suffit de savoir que John Rambo est un vétéran du VietNam et qu'il coule des jours hantés de cauchemars dans un ranch de l'Arizona. Il vit, en tout bien tout honneur, avec la femme d'un ami qui l'a recueilli et sa petite fille Gabrielle, qui doit bientôt quitter le nid pour aller à l'Université.

Hélas, la jeune fille qui veut connaître son père qui l'a abandonnée, se rend au Mexique contre l'avis de John et se fait enlever par les membres d'un cartel mexicain. John qui passait une partie de son temps à jouer les bons samaritains dans le voisinage en cas de fortes pluies par exemple, et à dresser de fougueux étalons, se rend donc au Mexique pour retrouver la désobéissante.

Ce qu'elle a subi de la part des gringos le rend fou de rage. Avec la patience de celui qui sait que la vengeance est un plat qui se mange froid, il fait de son ranch un véritable camp retranché parsemé de pièges les plus improbables et savoureux et compte bien y attirer les méchants pour un final sanglant et pyrotechnique.

On ne peut pas dire que Rambo last blood soit un grand film politique, comme l'était paraît-il Rambo first blood (1982), il n'en demeure pas moins que les mexicains sont tous des abrutis  de grande envergure (le film est-il raciste ?) mais que le mur de la frontière se passe aussi facilement que celle entre la France et la Belgique (le film est-il anti-trump ?).

Je trouve que Sylvester Stallone visage invraisemblable et physiquement toujours au top, s'en sort très bien aussi bien sur le plan émotionnel que physique.

Le dernier quart d'heure est d'une violence inouïe à la limite du gore parfois (sur une superbe musique dont je n'ai pas trouvé le nom au générique). Il se regarde les yeux fermés je dirais. La toute dernière image laisse planer le doute quant à l'avenir de John Rambo.

Le générique reprend des extraits de tous les précédents épisodes, on voit Sly vieillir.

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BACARAU de Kleber Mendonça Filho, Juliano Dornelles °

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Avec Sonia Braga, Udo Kier, Barbara Colen

Synopsis : Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

Je me faisais une joie de découvrir ce film que la critique quasi unanime encense comme une grande dystopie politique brésilienne annoncée par ces quelques mots : "dans un futur peut-être pas si lointain".

Je trouve que ce film en jette mais n'a rien à dire. On nous vend un film politique, on se retrouve face à une boursouflure vaguement gore et en guise d'apothéose on nous assène que "le film a permis de créer 800 emplois". Ok. So what ?

Les trois premiers quart d'heure sont intéressants et intrigants. On découvre la vie de ce village à une seule rue qui vient de perdre sa doyenne, et de quelques personnages emblématiques jusqu'à ce qu'il disparaisse de Google map. Car même si le village semble vivre dans un autre âge, chacun est équipé de portables et ordinateurs. Lorsque surgissent les méchants, le film prend un virage inattendu et bascule dans une violence sanguinaire alimentée de part et d'autre des deux camps.

En quoi est-ce une critique du pouvoir actuel de Jair Bolsonaro ? Je connais évidemment très mal la situation politique brésilienne actuelle mais je ne pense pas que ce film soit un brûlot qui puisse faire trembler le pouvoir. Evidemment les plus pauvres sont laissés pour compte mais l'intervention des mercenaires armés emmenés par un allemand sans scrupules et vénal n'est pas assez explicitée. Eliminer tout un village est-il un but politique ?

C'est très long deux heures dans ce sertao asséché où l'on comprend bien que l'eau est un élément vital que les méchants veulent empêcher d'être acheminée mais on ne tremble et ne compatit jamais vraiment. Même les enfants sacrifiés ne font pas surgir l'émotion.

Le film pourrait être intéressant s'il n'était aussi prétentieux avec ses grands airs de vouloir nous parler de la situation du Brésil. Il est selon moi juste un prétexte à se laisser déchaîner une violence sans fin.

Commentaires

  • Si tu vas à Bacurau, … je ne te chante pas le reste, il me semble que tu étais prévenue. ;-)
    Je constate que même Rambo s'en sort mieux. ça tombe bien, j'ai prévu de me le faire aussi. Au moins là, je sais à peu près dans quelle genre de bidoche je croque.
    Par contre le petit Canet paysan ne me dit rien.

  • Oui j'avais vu ta mise en garde mais étant donné nos goûts divergents...
    quelle fumisterie ce film.
    Rambo ne trompe pas sur la marchandise.
    Canet paysan est très bien.
    Et le Gourmet ? Rien ?

  • Désolé, je suis passé un peu vite sur le Gourmet qui me semble également bon. La BA m'avait bien accroché, ton article en reflète bien la tonalité. Pas le temps de tout voir hélas.

  • Ah le temps !!! Cet assassin. Il emporte avec lui les rires des enfants...

  • "sommer de répondre"? "sommé de répondre"? "sommet de repondre"? Répondez. :-)

  • sommet j'imagine, mais où ?

  • Chez Gourmet

  • Je ne vois pas.

  • Moi non plus :-D

  • C'est juste pour discuter ensemble. C'est cool.

  • J'aimerais bien voir "ceux qui travaillent" mais des types froids comme le marbre et hypocrites et cyniques, j'en ai assez rencontré dans ma vie professionnelle, j'hésite.

  • Alors évite, ce film analyse tout ce qui est dégueulasse, immoral et hypocrite dans ces grandes boîtes. Et le personnage sans émotion ni état d'âme fait froid dans le dos.

  • Aïe ! Dans tout cela, il n'y a que Bacurau que je pensais voir.
    Tu refroidis mes ardeurs...

    Bon, aujourd'hui, je vais commencer en rattrapant le Woody !

  • Quand j'y repense, ce Bacurau dans sa deuxième partie à vraiment tout d'une Zederie de la Cannon. Il faut revoir un John Carpenter derrière, c'est flagrant. Comment les critiques peuvent-ils tomber dans ce panneau ? Le seul à avoir été honnête là-dessus c'est une fois de plus Michel Ciment.

  • S'il y a une lettre après Z j'y placerais bien ce film.
    Meme sans tes références (que je n'ai pas) ce film est d'un ennui et d'une bêtises abyssaux.

  • Vu au nom de la terre
    Franchement je connaissais la fin certes :-(
    Rien de nouveau à l’ouest sur le monde agricole
    Et pourtant J’ai été happée
    On est carrément dedans Avec eux
    Je ne suis pas fan de Guillaume Canet
    Loin s’en faut
    Et dans ce film il me bleuffe
    Ainsi que les autres interprètes d’ailleurs
    Je le conseille autour de moi

  • Oui c'est un bon film.
    Moi c'est le fils qui m'a bluffée

  • Ah ah la belle faute d’orthographe Que j’ai faite
    Il me bluffe
    Heureusement que tu es là pour rectifier le tir
    Merci

  • Last blood, film politique, assurément !
    Je lui aurais pardonné beaucoup, mais le monologue final m'achève. A l'opposé du tout premier. Cela s'appelle mal vieillir.

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