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UN MONDE PLUS GRAND

de Fabienne Berthaud ***

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Avec Cécile de France, Narantsetseg Dash, Tserendarizav Dashnyam

Corine part en Mongolie à la demande de son employeur, dans une communauté d'éleveurs de rennes. Ethnomusicologue, elle devra enregistrer des chants traditionnels.

Mais pour Corine, ce sera surtout l'occasion d'essayer de surmonter son chagrin depuis la récente mort de Paul, son grand amour. Sa rencontre avec la chamane Oyen va bouleverser sa vie. Lors d'une séance d'enregistrement Corine est prise de mouvements incontrôlables en entendant le son du tambour qui rythme les scènes de transe. Oyen lui annonce qu'elle a reçu un don rare et qu'elle doit être initiée aux rites chamaniques. De retour en France, elle ne peut refuser ce qui s’impose désormais à elle : elle doit repartir pour commencer son initiation. Contre l'avis de son entourage qui met cette décision sur le compte de son chagrin, elle repart en Mongolie et partage la vie d'une tribu mongole isolée qui vit en totale autarcie et en communion avec la nature.

Le film s'inspire de l'histoire vraie de Corine Somprun qui est devenue la seule chamane européenne après huit années de formation en Mongolie. Elle met aujourd'hui ses compétences et ce don au service de la science qui étudie cet état de conscience modifiée qui pourrait permettre d'obtenir des résultats, des avancées en ce qui concerne les pathologies du cerveau ou psychiatrique.

Le chamane peut entrer en communication avec l'esprit des morts et justement avant de mourir, Paul et Corine se sont promis de se revoir. C'est donc davantage par égoïsme au départ qu'elle entreprend le voyage.

Pour aimer ce film, je pense qu'il est utile de se sentir concerné, pas de croire ou d'être croyant mais d'accepter sans condition que la transe, le chamanisme, les esprits... ça existe. Des phrases telles que "en mourant Paul a emporté avec lui une part de ton esprit, tu ne pourras "faire ton deuil" (expression détestable) que si tu retrouves cette partie de ton esprit", résonnent fortement en moi, me "parlent" évidemment. Moi qui ai toujours l'impression d'avancer à reculons ou d'en être toujours au point de départ, de ne pouvoir réussir à me libérer de l'esprit de l'autre, MON Autre qui m'habite toujours (en même temps, on ne perd pas l'amour de sa vie tous les jours), j'ai particulièrement apprécié et envié le parcours de Corine.

Cécile de France fait peine à voir avec son visage défait, ses cernes profonds mais reste toujours aussi belle et on la sent parfaitement investie dans son personnage. Elle a semble-t-il réellement vécu plusieurs semaines dans cette communauté dans des conditions (ni eau, ni électricité) précaires, ou en tout cas inhabituelles pour nous. Et les connections qui s'effectuent se font sans internet. Cependant la réalisatrice ne s'acharne pas à nous décrire un monde idéal au contact de la nature qui serait une sorte d'Eden comparé à notre monde diabolique ultra connecté. Elle observe et constate. C'est ainsi que ces gens vivent, tous ensemble dans des tipis, les joues cramées par le soleil et le froid, entourés de leurs précieux animaux. Quelques écarts de conduite (plutôt drôles) les incitent néanmoins à jouer de leur folklore auprès de touristes avides de sensations pour gagner quelques billets.

On pourra objecter que le film, proche du documentaire souvent, fait penser à un épisode de l'émission Rendez-vous en terre inconnue. Comme dirait l'autre, c'est pas faux. Mais les paysages sont tellement somptueux, le message tellement positif et l'actrice tellement formidable qu'on passe un merveilleux moment et qu'on peut sortir de la séance étrangement apaisé. Pourquoi s'en priver ?

Commentaires

  • J'ai lu les deux premiers bouquins de Corinne Somprun, qui soulèvent pas mal de questions à nos cerveaux occidentaux (avant la Mongolie, il y a eu l'Amazonie). Je suis assez tentée d'aller voir le film, même si j'ai peur de la déception. Pas par rapport à l'histoire, mais par rapport aux livres.

  • Oui c'est une globe trotter.
    Je n'ai rien lu encore.
    Je pense que ce film pourrait te plaire.

  • Peut-être faut-il avoir subi ce deuil pour comprendre et accepter l'idée de tous ces phénomènes ?
    Bonne soirée

  • Je ne sais pas.
    J'aurais aimé avoir trouvé quelque chose qui me fasse dépasser cet... "evenement".
    Bonne soirée

  • Cécile de France semble faite pour ce genre de rôle. Je me souviens d'elle en contact avec "l'au-delà" dans un film de Clint pourtant pas mémorable.

  • En effet pas le meilleur Clint malgré une scène de fin du monde exemplaire... un tsunami ce n'est "seulement" une grosse vague. Il montre bien toute la violence qui se déchaîne sous l'eau.
    Cécile de France est triste comme jamais.

  • Lorsqu'on a subi un deuil on ne se reconnaît pas forcément dans le deuil des autres. Surtout lorsque la tentative de consolation/résilience est aussi extrême. Pour beaucoup d'autres, c'est un effort au quotidien dans la discrétion.

  • Oui je dois manquer de discrétion. Mais "en" parler, c'est aussi parler de lui. J'ai tellement peur qu'on l'oublie. Et mourir à 50 ans, ce n'est vraiment pas ce qu'on avait prévu.

  • Coucou,
    j'ai très envie de le voir ce film. Je n'ai jamais lu les livres de cette femme. Mais le thème m'attire et j'adore Cécile de France ♥
    Je comprends ton envie envers cette expérience mais je pense aussi que l'âme de l'amour de ta vie est en toi...
    Je t'embrasse

  • Si tu aimes Cécile de France, n'hésite pas.
    Oui je crois que je suis totalement "habitée" :-)
    Bises.

  • Je n'ai pas vu le film mais j'ai les larmes aux yeux en lisant ton article. J'ai l'immense chance de n'avoir jamais perdu l'amour de ma vie ( physiquement, du moins), mais je ressens quelque chose de très fort à te lire, et concernant ce thème de connexion à tout ce qui est, qui me parle.
    "en entendant le son du tambour qui rythme les scènes de transe", ça me rappelle quelque unes de mes propres expériences dans des temples, et plus récemment dans un tombeau, ce sentiment de bouleversement tout à fait incontrôlable ...

  • Oui je suis persuadée que tu "peux" comprendre ce que je ressens. C'est tellement terrible de m'entendre dire parfois "tu n'as pas fait ton deuil". Je ne sais pas comment faire...
    Je pense que certaines expériences font ressentir des choses exceptionnelles, pas forcément agréables. Certaines séances de méditation sont très fortes pour moi. J'imagine parfaitement que pour toi aussi avec ta sensibilité qui transpire :-) (transpire n'est pas le terme le plus approprié peut-être)...

  • transpirer c'est un terme positif, c'est comme ça qu'on évacue les toxines :)
    Oui, tu sais comme ça me parle, cet au-delà. Je me suis encore plus développée sur ces sujets, mais reste que nous sommes humains, et que nous ressentons le manque lorsque ceux que l'on aime nous deviennent intangibles.
    Il n'y a pas de deuil à faire, puisque c'est une séparation temporaire. Pour moi, ce qui est à faire et qui est d'une difficulté sans nom, c'est de vivre avec joie malgré le manque. Certains arrivent à communiquer avec ceux qui se sont dépouillés de leur corps physique, moi je ne sais pas le faire.
    Bref, c'est dur d'être humain, on s'attache si fort aux êtres ...

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