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KOMPROMAT - LEÏLA ET SES FRÈRES - PLAN 75

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Vous l'avez compris, ces trois films n'ont en commun que le fait que je les ai vus. Quelques mots à leur propos avant qu'ils ne disparaissent.

KOMPROMAT de Jérôme Salle ***

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Avec Gilles Lellouche, Joanna Kulig, Louis-Do de Lencquesaing 

Un kompromat est un terme russe désignant des documents compromettants, le plus souvent totalement fabriqués et utilisés aux fins de nuire à une personnalité publique considérée comme une menace pour l'Etat russe. Jérôme Salle s'inspire du kompromat dont a été victime Yoann Barbereau en 2015. Comme le "héros" du film il était directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk en Sibérie orientale, organisme qui dépend du Ministère des Affaires étrangères.

Il s'agit ici de Mathieu Roussel qui est brutalement arrêté sous les yeux de sa fille. Torturé, jeté en prison, il est accusé à tort de pédophilie et d'avoir diffusé des images pédopornographiques sur Internet. Très rapidement, après quelque temps passé en prison dans des conditions déplorables il retourne chez lui équipé d'un bracelet électronique avec autorisation de ne sortir qu'une heure par jour mais sans téléphone ni internet. Sa femme qui l'accable et sa fille sont rentrées en France. Il apprend par son avocat russe qu'il sera sans doute condamné à une peine de prison d'au moins quinze ans. L'avocat lui conseille : "si vous en avez la force et le courage, il faut vous évader".

Il y a donc des éléments véridiques : le kompromat, l'arrestation et la condamnation d'un innocent, son évasion et son voyage pour rentrer en France. Pour le reste, le réalisateur a tout misé sur l'adrénaline provoquée par un suspense haletant. Dans cette course poursuite où les poursuivants se rapprochent de plus en plus du fugitif, il ne s'embarrasse pas de vraisemblance et encombre le film d'une romance hors de propos comme souvent et inutile mais il nous laisse peu le temps de souffler. Il n'évite pas les clichés (beaucoup de neige, des russes très méchants) mais nous donne mille occasions et raisons de craindre et de trembler pour le héros. 

Il pointe quand même les dérives d'un régime totalitaire effrayant. J'ai trouvé le film prenant et efficace, sans temps mort et sans une minute d'ennui. C'est déjà pas mal. Et Gilles Lellouche est parfait dans le rôle du fugitif terrifié mais très efficace.

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LEÏLA ET SES FRÈRES de Saeed Roustayi ***

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Avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Payman Maadi

Synopsis : Leila a dédié toute sa vie à ses parents et ses quatre frères. Très touchée par une crise économique sans précédent, la famille croule sous les dettes et se déchire au fur et à mesure de leurs désillusions personnelles. Afin de les sortir de cette situation, Leila élabore un plan : acheter une boutique pour lancer une affaire avec ses frères. Chacun y met toutes ses économies, mais il leur manque un dernier soutien financier. Au même moment et à la surprise de tous, leur père Esmail promet une importante somme d’argent à sa communauté afin d’en devenir le nouveau parrain, la plus haute distinction de la tradition persane. Peu à peu, les actions de chacun de ses membres entraînent la famille au bord de l’implosion, alors que la santé du patriarche se détériore.

Cette fois le réalisateur iranien n'a pas provoqué chez moi la même poussée d'adrénaline que lors de la sortie de La loi de Téhéran, LE film de l'été et de l'année 2021. Il faut dire qu'ici il ne s'appuie pas sur une affaire policière mais pénètre, comme nombre de ses confrères cinéastes, la sphère privée d'une famille un peu/beaucoup déréglée. J'ai trouvé parfois souvent, toujours les tours et détours du montage financier et les effets de la crise économique, hausse et baisse des coûts de l'or indexées au dollar, un peu confus.

Là où le film se fait réellement passionnant c'est lors des nombreux affrontements verbaux entres les membres de la famille. Les dialogues denses et percutants, les insultes, la violence même, notamment lorsque Leïla (incompréhensiblement de dos sur l'affiche) détaille tous les reproches qu'elle a emmagasinés contre son père et sa mère, élèvent le film vers une authenticité parfois éprouvante.

Le réalisateur peut également s'appuyer sur des acteurs incroyables dont les deux têtes d'affiche de La loi de Téhéran Navid Mohammadzadeh et Payman Maadi (méconnaissables) encore une fois exceptionnels et la belle Taraneh Alidoosti. Le reste de la distribution jusqu'au moindre second rôle est également étonnant.

A noter une scène de mariage magistrale.

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PLAN 75 de Chie Hayakawa ***

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Avec Chieko Baishô, Hayato Isomura, Stefanie Arianne

Les vieux dérangent. Le Japon, dans un futur proche, décrète que l'accélération du vieillissement de la population, charge considérable pour l'Etat, pourrait être maîtrisée si à partir de 75 ans les "seniors" avaient la possibilité de mettre fin à leur jour. Pour inciter les candidats à ce nouveau programme au charmant nom de Plan 75, l'Etat offre même la coquette somme de 100 000 yens aux impétrants (j'ai toujours rêvé d'utiliser impétrant). 100 000 quelque chose, ça semble beaucoup. J'ai interrogé le convertisseur central :

100 000 yens = 697.30 €uros.

Voilà ce que vaut la vie d'une personne de 75 ans et plus, au Japon.

A l'origine de cette décision administrative, la première scène où un jeune homme se donne la mort après avoir massacré les pensionnaires d'un Ehpad. Ce fait divers alerte les autorités.

Nous suivons le parcours de Michi, vieille dame, elle perd son emploi et seule au monde se porte candidate, Hiromu jeune recruteur du gouvernement qui remplit les dossiers comme un automate et accompagne son oncle dans son choix final, Yoko une jeune standardiste très compatissante chargée de téléphoner chaque semaine aux futurs suicidés et Maria une jeune aide-soignante philippine qui trie les affaires laissées par les défunts... Cet acte où l'on vide les sacs et les valises (en se servant au passage...) fait penser évidemment à un autre évènement abject du XXème siècle.

Pour illustrer ce mortel programme, la réalisatrice japonaise dont c'est le premier film a choisi une réalisation froide et réaliste où l'émotion pointe pourtant parfois en de rares moments où l'être humain affiche encore ce qui lui reste d'humanité. Le "plan" est mené avec beaucoup de douceur par les employés chargés d'accompagner les vieux et Mimi, la vieille et très jolie dame de 78 ans encore obligée de travailler est particulièrement touchante dans son extrême dignité.

Ce plan fait froid dans le dos. J'ai repensé au film de 1976, L'âge de cristal dans lequel chaque être humain avait un cristal implanté dans la main. Lorsque le cristal changeait de couleur, la personne était purement et simplement désintégrée. On lui avait fait la promesse d'une renaissance. L'âge limite était dans ce film de... 30 ans !

Quel Etat sera le premier à mettre à exécution un tel programme ?

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J'ai également vu (après hésitation à cause de mon ... (je n'ai pas trouvé le mot) pour Arnaud Ducret) Le visiteur du futur. J'ai peu de choses à en dire. Une excellente surprise au début (je n'en connaissais rien). C'est très drôle, visuellement impressionnant, et le visiteur du titre est tout à fait charmant (et drôle). Hélas au bout d'une bonne demi-heure, ça tourne en rond et ça pédale dans la choucroute. Mais l'énergie et les décors restent assez imposants (mélange de Star Wars et de Walking dead). Et j'ai eu la confirmation qu'Arnaud Ducret acteur c'est NON !
A vous de voir.

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Commentaires

  • Pour Kompromat, j'ai lu le récit de Yoan Barbereau, très prenant et flippant. Je vais en rester là. Plan 75, j'hésite un peu mais vu ce qu'on a entendu sur les personnes âgées pendant la pandémie, la cinéaste a eu raison d'y aller à fond. Au moins c'est clair. Je pense aussi à "l'âge de cristal" qui m'avait impressionnée jadis. Et Leila, je ne sais pas, je me tâte.

  • Oui je sais que tu avais aimé la lecture des Geôles de Sibérie. Ça me tente mais il y a tant à lire.
    Plan 75 est un peu trop froid mais ça paraît tellem ent vraisemblable... J'ai revu l'âge de Cristal. Ça a un peu vieilli mais ça le fait encore.
    Il y a aussi Soleil vert sur le même thème.
    Leïla a de très bons moments mais presque 3 heures... et les histoires du montage financier est un peu répétitif mais c'est Saeed Roustayi.

  • Pas facile toujours de suivre le mode de fonctionnement d'une société très différente de la nôtre qu'est la société iranienne mais j'ai suivi le destin de cette famille avec plaisir et curiosité.
    Petite surprise et bon moment aussi ce soir avec ces visiteurs du futur. Les acteurs s'en donnent à. Cœur-joie. Beau décors et je crois l'avoir jamais vu sur grand écran mais Arnaud Ducret pas particulièrement bon dans ce rôle de politique..

  • Ces histoires iraniennes sont en effet toujours intéressantes mais j'étais perdu par le cours de l'or, des pièces et du dollar... je ne suis pas une flèche en finance.
    Oui le visiteur est pas mal du tout. J'ai été bluffée par les décors et l'acteur. Mais quelle erreur de casting avec Arnaud Ducret ! Je l'avais vu l'année dernière où il jouait le rôle d'un boucher. Mauvais comme un cochon.

  • Bonjour Pascale, je compte aller voir Plan 75 demain. Pour Leila et ses frères, moins percutant que La loi de Téhéran, peut-être mais la mise en scène et les acteurs sont exceptionnels. Bon dimanche.

  • Bon dasola. Pas rejouissant ce plan.
    Moins percutant, un peu trop long et parfois répétitif mais comme tu dis, super réalisation et interprétation.

  • "Kompromat"... très classique et déjà vu, mais toujours efficace

    "Leila et ses frères"... Joli fresque mais manque de nuance dans l'écriture des frères, très et trop caricaturaux façon panel obligé. Mais ça reste un excellent film

    "Plan 75"... Si nouveaux horaires ciné demain devrait le voir avant ce WE

  • Oui K. est efficace et parfois c'est suffisant pour apprécier.

    Leïla est trop long et répétitif mais il y a des moments formidables.

  • Pas si mal finalement le Kompromat ? Je m'attendais à une critique plus virulente. Pas vu le Roustayi, même si bien envie. Je me réserve un temps pour voir le Mouret (je lirai ta chronique après, promis).
    J'ai vaguement entendu du bien sur "le visiteur du futur", que ne confirme pas franchement ta brève note de fin de page. Même avis sur Ducret.

  • Franchement le Kompromat est efficace et super bien interprété.
    Dommage pour le Roustayi mais bien.en dessous de La.loi de Téhéran.
    Le Mouret est vraiment bien.
    Le visiteur, j'ai bien aimé mais pas grand chose à en dire.
    Ducret c'est quasiment un fléau. Moche et mauvais comme un cochon.

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