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LES ÉCHOS DU PASSÉ

de Mascha Schilinski °

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ALLEMAGNE

avec Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler

Quatre générations d'une même famille se succèdent dans une ferme du nord de l'Allemagne.

Quatre jeunes filles Alma, Erika, Angelika et Lenka seront donc les témoins et les principales protagonistes qui feront résonner les échos du passé inscrit dans les murs de la ferme et traverseront successivement la Première guerre mondiale, puis la seconde, la RDA des années 80 et enfin les années 2020.

Au final 2 heures et 29 minutes d'un ennui ininterrompu saluées par le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes (c'est confirmé, Juliette Binoche prend de la drogue).

Sur des images magnifiques, certains plans ressemblent à des tableaux, d'autres à des photos, le pauvre spectateur est invité à suivre sans jamais rien y comprendre, sans jamais pouvoir faire le lien entre les différentes histoires et les différents personnages plus d'un siècle de la vie de cette ferme. Sans jamais pouvoir non plus ni s'identifier ni même s'attacher à un quelconque personnage qui sont soit antipathiques, soit insignifiants. Seule la pauvre petite bonne, stérilisée de force afin de pouvoir servir d'esclave sexuelle aux mâles de la famille qui pourront lui passer sur le corps sans risque de l'engrosser attire l'attention et la compassion. On peut quand même noter sans se tromper que ce sont encore et toujours les femmes les plus mal loties au fil des générations.

Ce n'est pas tant le fait que le film soit monté sans chronologie qui dérange, au contraire passer et revenir d'une époque à une autre peut s'avérer très intéressant. Mais il faut une sacrée dose de patience et d'indulgence pour s'accrocher à ces histoires que le spectateur doit se charger lui-même de décrypter avec un minimum de dialogues. Voir des enfants morts, dont certains se suicident, un jeune homme qu'on jette du haut de la grange puis qu'on ampute pour lui épargner d'aller à la guerre, une femme qui pose le bout du sexe de son mari sur son front pendant qu'il sirote une binouze et lui dit "c'est chaud", une petite qui s'endort près d'un faon mort ou se couche devant une moissonneuse batteuse en marche, une adolescente qui couche avec son oncle, une femme qui met sa main dans la gueule d'une anguille, un jeu stupide (mais les distractions devaient manquer pendant la guerre) où il faut, juché sur une bicyclette, tenter d'attraper une anguille dans une bassine (seul et unique gros moment de grosse fiesta dans la famille)... je m'arrête là et cesse de chercher l'intérêt de tous ces instantanés.

Un travail magnifique sur l'image et audacieux sur le son donne au final 149 minutes de pure torture. La salle s'est un peu vidée mais pas tant que ça finalement. Moi aussi j'ai tenu bon avec les nombreux (je trouve) héroïques spectateurs* et soudain le calvaire cesse sans préavis mais il aurait tout aussi bien pu durer quatre heures de plus.

*pour couronner le tout, moi qui préfère les séances en solo j'avais emmené un ami qui va peu au cinéma. J'ai perdu un ami.

P.S. : l'affiche est magnifique.

Commentaires

  • Au vu des images, j'étais tenté. Et puis j'ai renoncé.
    Qu'est-ce que je peux dire ? À te lire, aucun regret à avoir.

  • Les images : magnifiques.
    Mais décidément ce ne sera jamais suffisant pour faire un film.

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