06.07.2010
IF I WANT TO WHISTLE, I WHISTLE de Florin Serban *** - Festival Paris Cinéma
Film en compétition - Roumanie - Suède
Il ne reste que quinze jours à Silviu, jeune délinquant, avant d'être libéré de la maison de redressement où il purge une peine de 4 ans. Son petit frère qu'il a élevé, lui rend visite et lui annonce que leur mère qui les a abandonnés il y a plusieurs années est revenue et compte emmener le plus jeune vivre avec elle en Italie. La tenant pour responsable de sa situation, Silviu craint pour son frère et dès lors tente de tout faire pour empêcher son départ. Les choses sont évidemment compliquées puisqu'il est enfermé pour quelques jours encore et malgré la compréhension du directeur du centre, il ne parvient pas à obtenir de permission de sortie pour résoudre ses problèmes. Il entreprend d'abord calmement de trouver des solutions, puis progressivement acculé, en arrive à agresser un gardien puis à prendre en otage une jeune assistance sociale (qui lui plaît).
Il semble qu'une certaine partie de la jeunesse à travers le monde passe par cette case prison/maison de redressement et c'est une nouvelle plongée dans le monde carcéral qui prend aux tripes ici. Les codes sont les mêmes que pour leurs aînés : les clans, les menaces, les humiliations, la promiscuité... l'enfer.
Silviu résiste au maximum mais finit par véritablement "péter les plombs" et se révolter par ce qu'il considère comme des injustices. Après une première partie marquée par le réalisme des lieux et des situations renforcé par le fait que certains acteurs non professionnels soient de véritables détenus, on entre progressivement dans la vie et l'histoire personnelles de Silviu, même si on ne saura jamais pourquoi il est là. Une première scène de parloir avec la mère qu'il n'a pas revue depuis de longues années s'impose par la tension qui finit par exploser. En quelques mots le jeune homme expose à sa mère la manière dont elle lui a gâché la vie, ce qui l'a conduit là où il est. Il veut l'empêcher de faire vivre la même chose à son petit frère. Le malaise qui s'installe est percutant. Silviu n'est plus ce jeune homme plutôt calme qui cherche à se faire oublier mais une boule d'angoisse, de violence et de haine.
Plus tard lors de la très longue scène vraiment oppressante de prise d'otage, on s'accroche souvent au fauteuil ne sachant à quel moment la violence va finir par se déchaîner. Le jeune acteur Pistireanu George plein de rage contenue, de soumission, parfois inquiétant, parfois désarmant est de pratiquement tous les plans et il est absolument extraordinaire.
12:34 Publié dans 3 *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : festival paris cinéma, if i want to whistle, i whistle de florin serban
ALAMAR de Pedro Gonzalez-Rubio *** - FESTIVAL PARIS CINEMA
FILM EN COMPETITION - MEXIQUE
Sortie Décembre 2010
Avant toute chose, laissez moi vous présenter le réalisateur. Oui je sais, on souffre. Dailleurs Miss In the mood dira : "chouette youpi yeah, le critère de sélection des films est que tous les réalisateurs soient charmants"... Charmant !!! Elle est gentille. Ce garçon est TORRIDE !!!


Jorge et Roberta se sont aimés intensément. Au point qu'ils sont persuadés qu'ils ne se sont rencontrés que pour permettre à Natan de naître. Hélas, comme parfois, les histoires d'amour s'achèvent. L'incompatibilité des aspirations de l'un et de l'autre ayant finalement raison des sentiments. Jorge, d'origine Maya, retourne seul vivre au Mexique sur la barrière de corail de Chinchorro (site protégé) tandis que Roberta s'installe à Rome avec Natan. Lorsqu'il a cinq ans, le petit garçon part vivre quelque temps avec son père. D'abord triste d'avoir quitté sa mère, il va peu à peu s'ouvrir à un monde qui lui est totalement étranger et à un père qu'il connaît mal.
Il est quasiment impossible je crois de ne pas aimer ce film tant il est dépaysant et surprenant. On est d'abord embarrassés de voir cet enfant passer sans transition de la vie urbaine à cette vie sauvage dans une maison sur pilotis où l'on vit pieds nus, torse nu et où l'on se nourrit exclusivement du fruit de sa pêche. Puis, peu à peu comme Natan, on est conquis, envoûté par l'environnement paradisiaque qui côtoie parfois le danger (un crocodile rôde autour de la maison).
J'ai eu l'impression qu'en même temps qu'il "apprivoise" son fils, tout en douceur, en patience, en tendresse, en compréhension, l'acteur et le réalisateur en faisaient de même avec le spectateur confortablement installé dans son fauteuil. La vie est rythmée par la pêche qui permet de vivre. Ce que l'enfant découvre est totalement inédit et au travers du regard émerveillé de Natan, de sa fraîcheur, de son innocence, de son enthousiasme et de sa confiance absolue en ce père doux, tendre, patient et protecteur on se laisse porter par le charme et l'enchantement de toutes ces révélations.
L'aspect documentaire du film est indéniable puisque le réalisateur a laissé vivre sans intervenir le père et le fils qui vivent un peu la même situation mais c'est aussi une fiction puisque dans la réalité ils se voient davantage que dans le film. Le réalisateur nous dira de son film que «c’est une histoire inventée dans le cadre d’une situation réelle, une invention ancrée dans la réalité». Mais il y a aussi une part autobiographique d'une relation fantasmée entre un père et son enfant.
La beauté magique indéniable des images est pour beaucoup dans le bonheur du voyage fascinant qui nous est proposé là mais c'est aussi un film écologique sur une intitiation, la rencontre captivante entre un père et son fils, l'amour qu'ils se portent l'un à l'autre qui ne cesse de grandir et de les rapprocher qui fait que le coeur palpite souvent. Et puis, l'homme et l'enfant acteurs sont extraordinaires de beauté, de naturel de connivence... Beau et enivrant.
10:53 Publié dans 3 *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs
FESTIVAL PARIS CINEMA - (Mon) Programme du mardi 6 juillet
13 h 50 : Julia (Filmothèque - Quartier Latin)

17 h 30 : Mundane History (MK2) Film en compétition de Yuya Ishii - Japon

19 h 30 : Sawako decides (MK2) Film en compétition de Anocha Suwichakornpong -Thaïlande

01:48 Publié dans FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.07.2010
COCKTAIL EN L'HONNEUR DE JANE FONDA (Festival Paris Cinéma 3)
Oui, je sais... no comment, vous penchez la tête ou l'ordinateur et le tour est joué !
19:03 Publié dans FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cocktail jane fonda, festival paris cinéma
04.07.2010
FESTIVAL PARIS CINEMA - 2ème jour
La technicienne m'a dit
« - le machin Wifi Sfr Public est un service gratuit... alors des fois l'accès n'est pas aisé.
- Ben c'est pas qu'il est pas aisé, madame la technique, c'est qu'il est pas possible et basta cosi.
- Oui bon ben faut ouvrir la fenêtre. Faut changer de place. Essayer, réessayer...
- Et si je trempe le bousin dans l'eau, ça me donne un escargot tout chaud ? »
J'adore la haute technologie pas vous ?
Bref, j'ai dit merci. Et si à l'heure actuelle vous avez le bonheur de pouvoir me lire c'est que j'ai bougé de place.
J'ajouterai des photos et des vidéos dès que possible.
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La journée d'hier fut bien remplie et particulièrement enthousiasmante. Ayant programmé mon premier film « Les amants réguliers » de Philippe Garrel à 14 heures à la Filmothèque dans le 5ème, j'ai prudemment décidé de quitter le XIème où je loge présentement vers midi. Sauf que le 3 juillet 2010 sur la Place Léon Blum, métro Voltaire se tient le... Carnaval Tropical, oui messieurs dames, vous n'en aviez jamais entendu parler, moi non plus. Donc, c'est pas rien de dire que le quartier était bloqué dans un statu quo d'immobilité néanmoins festive et colorée. Je vous passe les détails du trajet avec changement épique à Châtelet. Tout ça pour arriver pile à 14 heures 02 à la Filmothèque où le film allait commencer, je me suis donc repliée sur le plan B, la salle bleue en lieu et place de la rose (très jolies l'une comme l'autre) et ai re-vu un film de 1970 qui ne m'a pas rajeunie ma brave dame mais qui m'a comblée...
à suivre ci-dessous ma folle journée :
18:45 Publié dans FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : festival paris cinéma
LES MOISSONS DU CIEL**** de Terrence Malick

Ce grand film d'amour sur fond de climat social et de misère est une pure merveille où toute la singularité de Malick explose déjà à chaque scène. On pourrait faire un arrêt sur image de chaque plan tant chacune s'impose comme une photo, un tableau. Le meilleur exemple est cette ferme perdue au milieu de nulle part copiée/collée sur cette d'Edward Hopper.

L'histoire est celle de Bill, Abbie et Linda qui parcourent les Etats-Unis pour survivre en travaillant. L'abondance de main-d'oeuvre aux abois rend les patrons particulièrement odieux qui n'hésitent pas à considérer et traiter les ouvriers comme de la marchandise interchangeable. Mais cela ne rebute pas les courageux qui n'ont d'ailleurs aucun autre choix, l'essentiel pour eux étant de rester ensemble. Ils s'arrêtent pour une saison de moissons chez un jeune fermier solitaire et mourant. Ce dernier tombe amoureux d'Abbie dès qu'il la voit et sous la pression de Bill qui pense qu'en cédant à ses avances cela leur permettra de changer de vie, elle accepte de l'épouser. Evidemment Le Fermier finit par découvrir que Bill est un peu plus que le frère d'Abbie...
C'est définitivement Terrence Malick qui a inventé le vent dans les feuilles, les branches et surtout celui qui caresse les épis de blé. Toutes les images sont sublimes chez ce réalisateur, elles vous emportent loin. Mais pas seulement. L'évolution des personnages, l'économie de discours et de dialogues, la voix off moins présente que dans ses films les plus récents mais déjà la marque de l'univers de Malick, tout concourt à faire de ces dramatiques moissons une magnifique aventure de sensations.
MASTER CLASS JANE FONDA - FESTIVAL PARIS CINEMA
J'ai retrouvé Mademoiselle In the Mood, fait la connaissance de Dimitri qui nous a remis notre invitation pour assister à la Master Class de Jane Fonda avec une centaine d'autres privilégiés ! En fait, il ne s'agissait ni d'une Master Class ni même d'une conférence mais bien d'une rencontre comme une conversation avec cette immense personnalité, ce qui est renforcé par l'intimité de cette petite salle. La star refuse d'emblée d'être cataloguée ou enfermée dans une case comme celles de jeune actrice, puis de sex-symbol, puis de féministe, puis d'activiste... mais qui espère encore être tout cela en même temps, malgré le temps justement.
Jane Fonda explique qu'elle est en France pour tourner un film avec notamment Pierre Richard, dont elle dit être tombée « amoureuse » pour ce rôle puisqu'elle jouera celui de sa femme. Comme elle parle impeccablement français mais le lit avec plus de difficulté, c'est la fille de Vadim, Nathalie qui lui a proposé le scénario auquel elle a dit oui sans même le lire.
Elle évoque son père avec qui, toute jeune, elle a partagé une scène de théâtre alors qu'elle ne savait que faire pour gagner sa vie. C'est avec infiniment d'émotion qu'elle dit que ce père lui manque mais élude avec une pirouette en rappelant qu'elle a obtenu deux Oscar avant que lui-même n'en obtienne un... pour son tout dernier film « La maison du lac » qu'elle a produit. C'est pour « Klute » de Pakula qu'elle obtient le sien alors qu'elle suppliait le réalisateur de prendre Faye Dunaway, ne se sentant pas suffisamment crédible dans le rôle de cette prostituée.
A 22 ans, elle cherche avant tout à échapper à l'ombre envahissante du père car elle en a assez de n'être que « la fille de ». Elle tourne avec les plus grands dont Cukor par exemple dont elle dit avec malice qu'il couchait avec les garçons mais adorait les filles.
Un premier tournant s'opère en 1972. Elle devient militante activiste contre la guerre du Vietnam. Pendant trois ans, elle partage la vie des femmes et des familles de combattants puis de vétérans. Elle est révoltée. Elle est toujours consternée de constater qu'aujourd'hui les vétérans des guerres d'Irak ne soient pas mieux traiter...
Dès lors ses rôles seront toujours en accord avec ses combats et ses préoccupations idéologiques ce qui lui vaudra d'ailleurs pas mal de critiques et de problèmes avec l'extrême droite et le F.B.I. Ce qui a été dit d'elle à l'époque la poursuit toujours et elle en semble toujours profondément affectée car il aurait été clairement dit qu'elle n'aimait pas son pays et « ses » soldats.
Elle produira « Le Retour » d'Hal Ashby en l'honneur des vétérans et obtiendra son deuxième Oscar de la meilleure actrice pour le rôle qu'elle tient dans ce film. Dans les années 80, elle voulait « devenir activiste à plein temps », mais aujourd'hui en 2010, elle veut retravailler et fait noter par une de ses amies présentes, avec beaucoup de plaisir et d'amusement le nom des jeunes cinéastes que le public lui suggère : Jacques Audiard, Christophe Honoré, mais aussi Tarantino. Elle rêve de nouveau de tourner avec Robert Redford ou Jeff Bridges. Elle s'adresse au public en disant « si vous avez des contacts avec ces gens, dites leur que Jane Fonda est prête ».
Même si elle tourne peu désormais, elle trouve sa vie passionnante et bien remplie entre ses voyages, son compagnon, son chien et les livres qu'elle écrit.
En quittant la salle, une foule de fans s'était massée devant le cinéma. Nous avons dû nous échapper pour rejoindre le MK2 (où nous attendait Tilda Swinton) mais nul doute que Jane Fonda a dû accorder du temps à ces gens présents venus pour elle.
Je la retrouverai ce soir lors d'un cocktail donné en son honneur...
Que voulez-vous que je vous dise ? C'est magique ! Regardez.
16:40 Publié dans FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : master class jane fonda - festival paris cinema, cinematheque
AMORE de Luca Guadagnino **
L'avant-première à laquelle j'ai assisté ensuite, en compagnie de Sandra M., Anne-Soizic (membres du jury blogueurs) et de Vincent (membre du jury étudiants) est :
en présence du réalisateur (qui a la mauvaise idée de parler anglais :-(() des acteurs Marisa Berenson, Pippo Delbono et évidemment Tilda Swinton absolument sublime de grâce, de douceur et d'étrangeté.
C'est l'histoire d'une riche famille industrielle du Nord de l'Italie mais surtout d'Emma, mariée à Tancredi. Elle est mère de trois enfants et mène avec beaucoup de panache et de dévotion sa vie de femme du monde entre les luxueuses réceptions qu'elle donne dans sa maison-palais. Lors de l'anniversaire du patriarche, le père de Tancredi, ce dernier lui transmet l'entreprise familiale ainsi qu'à son fils. Mais la passion qu'Emma va nourrir pour Antonio, un jeune cuisinier ami de son fils, va bouleverser et faire exploser les carcans qui écrasent Emma. Un drame insurmontable va encore amplifier la révolution qui va déstabiliser les Recchi.
C'est un film d'une ambition folle et démesurée qui par certains côtés, écrasé de ses références cinéphiles évidentes semble d'un autre âge. En effet, il m'apparaît complètement anachronique dans le cinéma d'aujourd'hui de s'intéresser à une grande famille capitaliste tant ses membres ont l'air déconnectés de la vie telle que le commun des mortels (dont je suis) la connaît. Je ne pense pas que ce qui m'a gênée soit la succession des styles, c'est même plutôt un bonheur de passer sans transition de Visconti à Hitchcock (même le chignon de Tilda Swinton IMPERIALE est Hitchcockien ainsi que cette « poursuite » dans San Remo copiée sur celle de « Vertigo ») mais la déception entre les sommets passionnants atteints et les profonds creux dans lesquels s'insinue parfois l'ennui. La très très longue scène d'introduction qui nous installe dans un dîner guindé où semble déjà planer le(s) futur(s) drame(s), nous promène dans cette maison musée pleine de marbre, d'escaliers, de pièces sombres... ne m'a même pas permis de comprendre parfaitement qui est qui (surtout les enfants, et certains invités...). Et je me suis plusieurs fois pendant la première heure, demandée quand l'histoire allait commencer.
Par la suite, il y aura des coups d'accélérateur infernaux et vraiment saisissants qui m'ont clouée au fauteuil... puis de nouveau le calme, des plans fixes à la limite écœurant sur certains plats, une scène de sexe pas bien passionnante car pas bien passionnée.
Cela dit je crois qu'on était pas loin de tenir un chef d'oeuvre ! A quoi ça tient ?
Par contre, Tilda Swinton magnifique, énigmatique, forte et fragile, parfois perdue, d'autres fois rassurante, mère et maîtresse est le point positif irréprochable de ce film étrange. Dommage que son jeune partenaire ne soit vraiment, mais vraiment pas à la hauteur...
14:42 Publié dans 4 ** INTERESSANT, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amore de luca guadagnino, festival paris cinéma, marisa berenson, pippo delbono, tilda swinton
LES AMOURS IMAGINAIRES de Xavier Dolan ***
Avec les mêmes + Rob Gordon en pleine restructuration, nous nous sommes rendus dans la salle où était projeté en avant-première également :


Le film était présenté par l'actrice Suzanne Clément qui jouait le rôle de la professeur de français dans l'excellent premier film de Xavier Dolan, découvert l'an dernier « J'ai tué ma mère ».
C'est avec un grand bonheur que je peux affirmer que ce jeune incroyable surdoué prodige québécois (il a 20 ans) confirme tout le bien que tout le monde pense de lui. Il faut dire qu'il avait placé la barre lui-même très haut avec son premier long métrage. Il persiste et signe avec ces amours là plutôt déjantées, absolument hilarantes et pourtant non dénuées d'anxiété.
Francis et Marie sont amis. Au cours d'une soirée, ils font la connaissance de Nicolas dont ils tombent tous les deux amoureux. Lors de la compétition pour s'attirer les faveurs du bellâtre, tous les coups (bas) sont permis. Qui n'a pas connu ce désespoir amoureux où l'objet de toutes vos pensées s'obstine avec plus ou moins d'innocence à vous envoyer des signaux pas toujours bien identifiés, ces longues minutes/heures d'attente avec le téléphone sur les genoux à attendre en vain qu'il sonne, et puis les erreurs, les quiproquos, les petites hontes, les grosses gaffes, l'obstination à voir un être hors du commun dans un personnage finalement plutôt fade et ordinaire... ne sera peut-être pas sensible aux affres que traversent Francis et Marie ? Mais le film n'est pas que cela et si le fond est indéniablement tourné vers la quête obsessionnelle de l'amour, la forme, sophistiquée, singulière, lumineuse avec des plans travaillés, des ralentis toujours wongkarwaïens, la musique omniprésente et essentielle ajoutent au plaisir constant. Xavier Dolan, à peine 20 ans, est acteur, réalisateur, producteur, monteur de son film. Il s'est également chargé de la conception des costumes. Incontestablement imprégné de la nouvelle vague, du cinéma de Christophe Honoré (et le clin d'œil final de Louis Garrel qui tournera dans le 3ème film du réalisateur et dont l'acteur Niels Schneider qui joue Nicolas ici en est la version blonde est là pour le confirmer), les films de Xavier Dolan sont infiniment personnels, originaux, singuliers et différents.
Les dialogues imagés mériteraient d'être cultes.
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Je ne vous raconte le plan « lose totale » de Miss M. et moi-même pour regagner nos pénates mais nous ne sommes pas rentrées avant 2 heures du matin. Paris est une fête, c'est indéniable.
13:44 Publié dans 3 *** NECESSAIRE, FESTIVAL PARIS CINEMA 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les amours imaginaires de xavier dolan, festival paris cinéma
03.07.2010
FESTIVAL PARIS CINEMA - 2 - (mon) Programme du jour
(sauf changement de dernière minute)
14 h : Les amants réguliers de Philippe Garrel - à la filmothèque Quartier Latin (Paris 5ème)

17 h 30 : MasterClass de Jane Fonda - à la filmothèque du Quartier Latin (Paris 5ème) - Modérée par Fabrice Leclerc, rédacteur en chef de Studio Ciné Live. (Je crois savoir que c'est complet).

19 h 30 : Amore de Luca Guadagnino au MK2 Bibliothèque (13ème) - Présentée par le réalisateur et la comédienne Tilda Swinton.

FESTIVAL PARIS CINEMA - 1 - WOODY...
Voilà j'y suis, pour 13 jours... après six éprouvantes heures de route et quelques déboires et difficultés à obtenir une connection qui me permettra de rester en contact avec vous, je pense que je vais pouvoir autant que possible vous relater au jour le jour ce qui se passe dans la capitale pour l'instant accablée de chaleur. Mais qu'importe si le brushing ne tient pas et si le smooky eyes coule, nous sommes quelques uns à être moites de bonheur mais soyez rassurés : on s'hydrate !
La soirée d'ouverture du Festival Paris Cinéma a donc eu lieu comme prévu au Cinéma Gaumont Capucines près de l'Opéra et en tant que membre du jury des blogueurs (innovation cette année pour cette 8ème édition ; Aude, Anne, Alexandra, "piliers" du Festival, merci et encore merci !), j'étais vraiment très très bien placée... Près de moi Marisa Berenson, Rosanna Arquette (vraiment très jolies toutes les deux), agréables et souriantes (mon homme est d'ailleurs tombé amoureux de Rosanna qui lui a touché la main et fait le plus beau sourire du monde...), Tom Novembre, Lisa Sednaoui, Eric Reinhardt, Valérie Donzelli...
J'ai retrouvé Sandra M. qui comme moi fait partie de ce jury, et comme moi est ravie (elle fait tout comme moi en fait) comme si c'était Noël, et fait la connaissance d'Anne-Soizic. Je regrette que les autres membres du jury présents ne se soient pas joints à nous, mais nous aurons très prochainement l'occasion de faire connaissance.
Le film projeté en avant première ce soir, qui sortira en salle le 6 octobre prochain est
"You will meet a tall dark stranger" **** de Woody Allen.
C'est déjà formidable de pouvoir voir le film d'un de mes réalisateurs préférés si longtemps avant sa sortie dans de si prestigieuses conditions... mais le cadeau inestimable de cette soirée est que Woody en personne était là, cool, souriant, tranquille, drôle... accueilli par Charlotte Rampling, présidente du Festival et Bertrand Delanoë, maire de Paris.
Un bonheur.
LE FILM


C'est à Londres que se situent les aventures à la fois quotidiennes, ordinaires et extraordinaires de 8 personnages dont les destinées vont se croiser, converger ou s'éloigner.
Des histoires de couples, d'amour, de sexe, de désir, d'ambition, de déceptions... des erreurs, des quiproquos, des malentendus, des infidélités, des injustices. Beaucoup d'incertitudes, de tergiversations, de lâcheté, de cruauté. Le tout enrobé, pimenté, entortillé, noyé dans un flot de paroles fiévreuses mais toujours d'une justesse et d'une utilité incontestables. Oui, les personnages de Woody parlent beaucoup. Ils s'expliquent, se justifient. C'est rythmé, nerveux, vigoureux, pétillant avec toujours, au bord de l'éclat de rire, cette inquiétude propre au petit bonhomme assez génial qu'est ce grand réalisateur. Dans cette frénésie de dialogues, de rebondissements en tout genre dont un ABSOLUMENT GENIAL, véritable pirouette inattendue qui concerne Josh Brolin l'écrivain et un de ses amis victime d'un accident... et cet autre où un mari (Josh Brolin encore) emménage chez une splendeur (la sublime Freida Pinto) qu'il a longuement observée depuis la fenêtre de son appartement et qui se retrouve à observer la femme qu'il a quittée (Naomi Watts) depuis son nouvel appartement. En un plan vraiment astucieux et magistral, sans effet ni parole cette fois, il nous démontre la bêtise des hommes (en tant qu'humanité) qui s'obstinent toujours à imaginer que la vraie vie est ailleurs...
Ce film lumineux, plein de drames, de folie, de douceur et d'humour est un grand grand cru qui m'a rappelé l'époque bénie des "Annie Hall" et "Manhattan", pas moins. C'est totalement euphorisant de voir qu'un réalisateur de cette trempe et de cet âge puisse encore innover tout en imprimant son incontestable et tellement reconnaissable virtuosité. Et beaucoup d'allégresse aussi, de délicatesse pour démasquer les failles et fêlures humaines et nous démontrer la vanité, la fragilité des illusions, des apparences.
Quant à la direction d'acteurs, elle est à l'image du reste, virtuose et irréprochable. Woody tire le meilleur de cette toute nouvelle troupe d'acteurs qui se montrent tous à la hauteur de l'honneur et du bonheur de travailler avec lui. L'inconnue Lucy Punch, véritable fantasme ambulant, tout en jambes, en cheveux, en minceur qui a comme son nom l'indique beaucoup de vigueur et de vitalité est LA révélation irrésistible de cette histoire pleine de bruit et de fureur, "much ado about nothing", "très dramatique et très comique ", où il est également question de réincarnation et de vies antérieures... Mais grâce soit encore rendue à Woody de permettre à Anthony Hopkins de redevenir le merveilleux acteur qu'il a su être, sans excès ni cabotinage.
La musique qui accompagne, dès le générique, est comme toujours un régal permanent...
Bravo, bravo et encore bravo et une standing ovation !
25.06.2010
PARIS, FESTIVAL, CINEMA ET MOI, émoi...



Peu de temps après avoir réglé quelques détails d'intendance sans importance... elles m'annonçaient que ma participation était bel et bien validée. Il faut dire que le contraire aurait été d'une cruauté sans nom car lorsque ces deux personnes se mettent à parler cinéma en général et de "leur" festival en particulier, c'est vraiment formidable car la passion, l'enthousiasme et la simplicité sont dans leur discours et ça fait un bien fou de se sentir comme chez soi.

Le festival propose également de nombreux événements gratuits qui animeront le macadam parisien comme la Brocante Cinéma, les Traversées de Paris sur le 7e art et en clôture, le 13 juillet, un Ciné-Karaoké géant au Centquatre.
Initié par Bertrand Delanoë, maire de Paris, et Christophe Girard, son adjoint en charge de la Culture, et soutenu par la Ville de Paris, le Festival Paris Cinéma est présidé par l'actrice Charlotte Rampling. Dirigé par Aude Hesbert (déléguée générale) et Anne Barjot (secrétaire générale), le festival débutera officiellement le samedi 3 juillet avec la Nuit du cinéma au Forum des images et se terminera le 13, juillet au rythme d'un grand ciné-karaoké suivi d'un bal populaire jusqu'au petit jour au CENTQUATRE.
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Pour les renseignements précis sur les tarifs, les horaires et toute l'organisation, je vous invite à nouveau à vous rendre sur le site du Festival. En ce qui me concerne vous imaginez je pense le bonheur que j'éprouve de pouvoir à nouveau m'immerger dans une ambiance cinéphile à haute dose. Je remercie donc du fond du coeur Anne, Alexandra et Dimitri pour cette chance qu'ils m'offrent.
Ce blog me permet vraiment de vivre des moments et des événements intenses liés à ma passion, c'est chaque fois bienvenu, inattendu et complètement euphorisant pour moi. Être à Paris me permettra aussi de voir ou revoir les personnes formidables que j'ai rencontrées depuis 4 ans que ce blog existe et avec qui je suis en contact plus que régulièrement et abondamment selon les "cas" : Sandra bien sûr, Frédérique, Bernard, Sonia, Maan, Jonathan, Flo, Jérôme...
Je me demande d'ailleurs comment je vais faire pour faire tout ce que j'ai à faire en plus des 92 films que j'ai envie de voir.
Voilà, je pense vous avoir fait suffisamment saliver. Inutile de vous dire à quel point cette semaine va me sembler longue...
08:00 Publié dans FESTIVAL PARIS CINEMA 2010, FESTIVALS | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs






