05.03.2009
Harvey Milk de Gus Van Sant ***



La lutte de Harvey Milk pour les droits et l’intégration des homosexuels dans la société américaine puritaine des années 70 qui fut le premier homme politique américain « gay ».
Voilà bien le film de Gus le moins VanSantien qui soit et donc, le plus abordable, le plus humain mais pas le moins militant. Le combat d’Harvey Milk commence véritablement lorsqu’il a 40 ans alors qu’il décide d’ouvrir avec son amant un magasin de photos à San Francisco et qu’il prend conscience que sa sexualité pose problème aux autres commerçants de la rue.
C’est une véritable leçon d’histoire aussi, surtout pour des naïfs tels que moi qui ont toujours du mal à comprendre et admettre que des gens peuvent être violemment rejetés voire persécutés pour des raisons qui m’échappent totalement (la couleur, la religion et ici l’orientation sexuelle) ! Et donc en abordant la cause et le combat qui finit par devenir quotidien d’Harvey Milk, Gus Van Sant dénonce toutes les formes d’oppression, d’injustice, de tyrannie et d’exclusion dont n’importe quelle communauté peut faire l’objet.
On ne peut nier que le puritanisme et la bigotterie qui confondaient souvent pédophilie et homosexualité sont à l’origine de bien des propositions politiques qui visaient à déchoir les homosexuels de leurs droits civils allant jusqu’à interdire les professeurs d’enseigner. La scène où Harvey Milk s’interroge devant ses détracteurs pour tenter de comprendre comment l’homosexualité peut s’enseigner ou être contagieuse est à la fois drôle et terrifiante. Drôle parce que l’humour est constamment présent dans l’action d’Harvey et ses compagnons et terrifiante car la bêtise et l’ignorance de leurs détracteurs sont assez impressionnantes.
Commencée dans la rue, juché sur une caisse en bois devant une dizaine de personnes, le combat d’Harvey Milk se poursuit et gagne du terrain jusqu’à conduire tous les homosexuels des Etats-Unis à s’unir pour finalement l’élire à un poste clé de la mairie de San Francisco. C’est Harvey Milk qui leur a rendu la dignité, le respect, la force de croire qu’ils n’étaient coupables de rien, qu’il pouvaient oser sortir de leur « placard ». Chaque discours commençait ainsi : « je suis Harvey Milk et je veux vous mobiliser ».
On comprend pourquoi Sean Penn, époustouflant, a accepté ce rôle car au-delà des droits des homosexuels c’est bien un grand représentant de la démocratie de l’histoire américaine qu’il incarne ici.
Il est entouré d’un solide casting d’acteurs qui trouvent des rôles qu’ils défendent brillamment tels que James Franco (très touchant), Emile Hirsch (qui transforme l’essai de « Into the wild » et prouve qu’il n’est pas l’acteur que d’un film), et surtout, et encore Josh Brolin qui confirme dans ce rôle d’hétéro troublé, qu’aucun rôle ne lui résiste.

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