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  • Battle for Haditha de Nick Broomfield ***

     

    Battle For Haditha
    Battle For Haditha

    En novembre 2005, 1 marine américain est tué, deux autres blessés grièvement dans un attentat commis par des « insurgés » irakiens à Haditha. En représailles immédiates les marines survoltés vont assassiner 24 riverains de l’attentat, hommes, femmes et enfants, dont le seul tort est d’habiter à proximité !

    Difficile d’en parler, c’est un choc qui donne la nausée et qui démontre encore et toujours que la haine est entretenue de toute part. L’autre certitude est que cette saloperie de guerre (comme toutes les autres) est l’une des pires aberrations connues. Mais que foutent les américains là-bas ? Personnellement, je n’ai toujours pas compris ! Les marines interrogés confirment aussi, une fois de plus, qu’ils n’ont pas vraiment la moindre idée de ce qu’ils font là. Il semblerait, comme nous l’a déjà prouvé Michaël Moore dans ses documentaires il y a quelques années, que les recrues, bien jeunes sont issues de quartiers défavorisés et que s’enrôler dans l’armée est pour eux un moyen d’y échapper (entre autre)... Si au début ils ont envie d’en découdre et de « dégommer du turban », rapidement ils s’aperçoivent que le but ultime est de rester en vie un jour de plus… La scène du massacre dont George Bush assurera qu’il sera puni est une épreuve et ce qui achève de rendre cet épisode odieux, écoeurant et révoltant c’est la place des civils. Coincés entre les terroristes d’Al Qaïda, les « insurgés » qui au nom de la défense de leur pays font aussi bien des dégâts « collatéraux » (c’est à la mode !) et les marines qui ont parfois leurs nerfs, ils n’ont aucune chance. Vivre en permanence dans la terreur est leur quotidien.

    Ce qui relie tous les acteurs et témoins de cette tragédie, c’est leur humanité… mais à les regarder pendant une heure et demi, on se dit que vraiment, elle est mal barrée dans cette impasse !

  • Arizona dream d’Emir Kusturica ***

    Arizona Dream - Johnny Depp
     

    Parfois il faut le reconnaître je suis bien obligée de vous parler de la télé car ce soir Arte à 21 heures propose cette pépite de Kusturica. Si vous ne l’avez pas vu précipitez-vous et si l’univers foutraque et totalement barré de l’ensemble vous rebute, tenez bon jusqu’à la performance d’anthologie de Vincent Gallo, fou furieux suicidaire, malade de cinéma (ça existe ???), qui réalise le mime (incompris) d’une scène non moins d’anthologie d’un film d’Hitchcok… inoubliable, fabuleuse, zarbi et époustouflante ! Sinon, laissez vous embarquer comme Emir qui à l’époque rêvait d’Amérique comme ses personnages rêvaient d’un ailleurs différent où ils pourraient décoller dans de drôles de machines volantes.

    Je crois que c’est le premier film de Kusturica que j’ai vu. Je suis entrée sans difficulté et avec ravissement dans cet univers fantasque où des personnages décalés désespérément poétiques nous faisaient croire à la liberté. Plus tard, je me suis offert toutes les séances de rattrapage possible de cet auteur qui délire et nous fait trépigner de joie avec lui.

    Pourtant, ici, les personnages ne sont pas simples, ils sont même souvent suicidaires et parfaitement désenchantés. Ils se relèvent et rechutent. Lily Taylor (adorablement timbrée) avec son accordéon et ses tortues, éperdue d’amour pour Axel qui l’ignore, lâche cette réplique, mine de rien : « deux perdus font pas un trouvé » et c’est ce qui se passe dans ce délire protéiforme, les personnages se cherchent, se trouvent, se trompent. J’ai le souvenir d’un film brillant, bruyant, survolté et d’une tristesse infinie, d’un énigmatique poisson qui le traverse, de Faye Dunaway folle à lier, de Jerry Lewis doux dingue, tous deux follement pathétiques et refusant de vieillir, de Lily Taylor douce et douloureuse, de Vincent Gallo marginal, désorienté et cinéphile (il imite Robert De Niro, récite par coeur des passages entiers de films...) et de Johnny Depp (encore tout jeune acteur) blessé et plein d’espoir qui prouvait déjà qu’il serait un acteur différent !

    Je n’oublie pas non plus qu’à l’époque Emir Kusturica et Goran Bregovic s’aimaient encore et qu’il nous offrait une partition insensée, exaltée et mémorable. Depuis, aux concerts de Goran, des salles combles de fans énamourés entonnent doucement :

    « A howling wind is whistling in the night

    My dog is growling in the dark

    Something's pulling me outside

    To ride around in circles

    I know that you have got the time

    Coz anything I want, you do

    You'll take a ride through the strangers

    Who don't understand how to feel

    In the deathcar, we're alive

    In the deathcar, we're alive”

    Ceci vous donnera une bonne idée de la loufoquerie de l'ensemble