mardi, 14 octobre 2008
Une lettre oubliée…

Cher Guillaume,
Savoir que tu ne souffres plus n’est pas une consolation. Pour personne. Et ce matin, je pense à Gérard qui t’aimait, qui n’a jamais réussi à t’en convaincre, à Elisabeth si discrète, à Julie qui s’illuminait quand elle prononçait ces deux petits mots « mon frère ». Je pense à tes parents et à ta sœur, sans aucun doute terrassés.
Tu étais « programmé pour la guerre » disais-tu et au-delà de tout ce que tu lui as fait subir, alcool, drogue, prostitution, prison, accidents, multiples opérations… ton corps supplicié, couturé de partout criait sa souffrance, son désarroi et ses luttes. Et pourtant tu te relevais de tout, toujours. Aujourd’hui, on est un peu stupéfait d’apprendre qu’un jeune homme peut encore mourir d’une pneumonie… foudroyante.
Tu étais doué, surdoué pour la musique, le chant, tu composais aussi, tu allais réaliser ton premier film, tu avais écrit un opéra et chacune de tes apparitions au cinéma était un émerveillement. Mais pour la vie tu étais inadapté, mutilé à tout jamais. Tu ne sembles jamais avoir réussi à te relever vraiment de l’ombre du géant qui pesait sur tes larges épaules toujours un peu voûtées. Il émanait de toi beaucoup de rage, de colère et de fièvre mais aussi dans ta voix, dans ton regard une infinie douceur fascinante, ensorcelante. Beaucoup de tristesse aussi. Tu étais si beau, si ténébreux, si mystérieux.
Quand tu es apparu au cinéma, tu avais l’air d’un ange dans « Tous les matins du monde » à 20 ans. Tu as toujours gardé au-delà des épreuves, cet aspect et ce visage juvéniles et je t’ai toujours associé à l’image du Petit Prince.
Tu semblais pour mon plus grand bonheur, redonner un grand coup d’accélérateur à ta carrière cinématographique, et artistique en général ces derniers temps avec une foule de projets en cour. Tout s’interromp mais j’ai encore bien en tête l’un de tes derniers films que tu as littéralement embrasé de ta ténébreuse présence et pour lequel je t’avais « traité » d’acteur phénoménal, « Versailles » et ton rôle d’homme des bois solitaire. Douloureux toujours, mais vivant encore.
Mais non, savoir que tu ne souffres plus n’est pas une consolation, mais je te jure de ne jamais t’oublier.
08:38 Publié dans MES CHERS DISPARUS | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : guillaume depardieu, cinéma
Commentaires
(moi aussi il y a des jours où je reste sans voix...)
Écrit par : Loreal | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : La Pyrénéenne | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marie-net | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireje suis justement en train de télécharger le mp3 de cette chanson, je la cherche depuis hier soir mais ma mule a peiné à la trouver...
Écrit par : Loreal | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireMarie-net : un écorché dans tous les sens du terme.
Loreal : j'ai l'impression qu'elle va devenir "la" photo officielle.
Qu'il est beau !
Écrit par : de Pascale @ La Pyréenéenne @ Marie-net @ Loreal | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireon a pas fini de le regretter, le ténébreux diaphane.
Écrit par : Agla | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireSuperbe photo aussi! Je te la pique aussi!
Personellement je reste sur la vision terrible de la souffrance affichée sur son visage, blafard, suppliant de le laisser tranquille, en mai dernier pour le Festival de Cannes.D'ailleurs je n'ai pas pu- et surtout pas voulu- le photographier- par pudeur.
Même si je le connaissais peu au cinéma, à part "Tous les matins du monde" où il était magique et beau, et les films de Salvadori, je n'ai pas vu "vERSAILLES", malgré ses frasques (qui cachaient un profond mal de vivre), il ne pouvait laisser indifférent. Qu'il repose- enfin - en paix.
Écrit par : georges | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Ed | mardi, 14 octobre 2008
Répondre à ce commentairegeoges : j'ai vu ta belle photo d'il y a 10 ans. Il avait l'air d'un gamin.
Pour le connaître un peu mieux il FAUT voir "Versailles" où il était humain et solitaire, et "Aime ton père" et "Pola X"...
Ed : oui je suis triste car je ne cessais de dire que c'était le meilleur acteur (de sa génération) français qu'on avait eu depuis longtemps et je me réjouissais qu'il se remette à tourner. Il m'a toujours émue...
Quant aux relations parents/enfants, nous savons à quel point c'est difficile et que parfois faire pour le mieux n'est pas suffisant.
Écrit par : de Pascale @ Agla, george, Ed | mercredi, 15 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Rob Gordon | jeudi, 16 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Guimauve | jeudi, 16 octobre 2008
Répondre à ce commentaireJ'espère qu'il a enfin trouvé la paix ...
Le plus dur est pour sa famille, ses parents, sa soeur, et sa petite Louise qu'il aimait tant
Écrit par : Lenaig | vendredi, 17 octobre 2008
Répondre à ce commentaireGuimauve : non sans rire ? T'as rien à contredire ???
Lenaig : oui, c'est moche à plus d'un titre.
Écrit par : de Pascale @ Guimauve, Rob Gordon, Lenaig | vendredi, 17 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marine la Bretonne | vendredi, 17 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Marine La Bretonne | vendredi, 17 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lenaig | lundi, 20 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Han-Koh Chung | mardi, 18 novembre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Han-Koh Chung | jeudi, 20 novembre 2008
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