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  • Let's make money de Erwin Wagenhofer***

    En avant première mondiale, je vous offre la première "critique" rédigée par ma Moitié qui est allé voir (pour la première fois) un film que je n'ai pas vu... parce que je suis (moins) révoltée révolutionnaire que lui...

    Let's Make Money

    L’argent travaille ! Dur !

    Ce documentaire nous montre les conditions de travail de l’argent.

    Le traitement du film est à l’image du sujet, ardu. Le réalisateur présente, face caméra les témoignages des nombreux acteurs de l’économie mondiale. Du paysan burkinabé dans son champ de coton, au pape des fonds de pensions, un vieux monsieur qui lit la presse économique en faisant sa gym quotidienne. Les deux extrêmes  de l’économie et toutefois, ils transpirent tous les deux.

    Pour travailler, l’argent a besoin de cynisme :

    « Le meilleur moment pour acheter, c’est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c’est le vôtre. »

    Un cynisme que l’on retrouve à chaque rouage de la machine économique :

    • le pillage des matières premières des pays émergeants organisé et mis en musique par la banque mondiale,
    • le pillage des secteurs d’activité contrôlés par la collectivité (dans le film, l’exemple du tramway de Vienne. En France, nous avons le bradage des sociétés d’autoroute, la privatisation prochaine d’EDF, la privatisation de la pub télé...),
    • le mépris de la personne : avec les transferts d’entreprises en Inde, le pouvoir d’achat a augmenté, du coup la croissance des prix va flamber. «On ne peut pas se permettre d’être généreux, il faudra que les ouvriers fassent des efforts. Des heures supplémentaires, sans être payés. » ; le coût d’un ouvrier y est de 250 € par mois,
    • le mépris de la collectivité : une partie des bénéfices des sociétés est dissimulée à l’imposition et se retrouve de façon anonyme réinjecté dans le système dans les paradis fiscaux. Officialisé, et imposé à 30%, cet argent permettrait à chaque pays du monde de bénéficier d’un budget annuel de 250 milliards de dollars. Pour résoudre les problèmes de la faim et de la santé sur la planète ?

    Le film est un constat. Il n’offre pas de solution, et on en sort révolté. Il a été réalisé avant la crise financière actuelle, et nous fait comprendre le ridicule des décisions du dernier G20 demandant à ceux qui ont rendu le système immoral, de maintenant le moraliser.

    Erwin Wagen ho er est intimement convaincu qu'une issue sera nécessairement collective.

    Alors, unissons nous.

  • Romaine par moins 30 de Agnès Obadia *

    Romaine par moins 30 - Sandrine Kiberlain

    Romaine a un petit ami qui ne cesse de lui faire des surprises. Mais une surprise par jour, au bout d’un moment c’est fatigant. La dernière trouvaille de Justin est d’emmener Romaine pour quelques jours et peut-être pour la vie au Québec. Et la voilà presque malgré elle à l’aéroport sans avoir le temps de dire « ouf » avec un air un peu ahuri et des moon boots aux pieds. Dans l’avion, Romaine s’aperçoit de la panique d’une hôtesse de l’air. Persuadée que l’avion va se crasher, elle fait une révélation à Justin, que paraît-il aucun mec ne peut supporter… Comme Justin est un vrai mec, il plante Romaine toute seule à Montréal qui se retrouve donc obligée de se débrouiller.
    Certains sont allergiques aux films d’ados décérébrés juste trop kikoo lol mdr… Moi, ce sont les films qui parlent de trentenaires immatures, irresponsables, mal dans leurs pompes, incapables de s’engager avec néanmoins le désir de le faire, qui me mettent les nerfs en vrille. Et ici, j'ai vraiment été servie.
    De situations invraisemblables en histoires sans intérêt, suivre les mésaventures de Romaine a fini par devenir vraiment éprouvant pour moi tant je n’y ai pas cru une seconde alors que d'après ce que j'entends chacun est censé pouvoir s'y reconnaître. Et pourtant ça me désole de dire du mal de ce film qui est sauvé in extremis par Sandrine Kiberlain, adorable, très belle (même avec doudoune et bonnet infames, ce qui n'est pas donné à tout le monde...), drôle, énergique et dont il faut reconnaître qu’elle « mouille la chemise » avec beaucoup de dynamisme et une belle conviction pour le défendre !

    On peut aussi noter une fin pour le moins inattendue, mais c’est quand même maigrichon.