vendredi, 02 octobre 2009
The Informant de Steven Soderbergh ***



Les pratiques frauduleuses voire criminelles de certaines grandes entreprises : c’est mal !
Les dénoncer : c’est bien !
C’est ce que décide un jour Mark Whitacre, dénoncer les agissements de la multinationale agro-alimentaire Archer Daniel Midlands (ADM) dans laquelle il est un cadre supérieur modèle.
Approché par le FBI, il va devoir « collaborer » avec deux agents et apporter les preuves de ce qu’il avance. D’abord séduit voire stupéfait par l’ampleur des révélations que Mark leur fait, le FBI, de plus en plus ahuri à mesure que l'enquête avance, va rapidement s’apercevoir qu’il doit également faire face à un élément de taille : la personnalité capricieuse ou lunatique de leur informateur dont les renseignements en cascade seront pour le moins fluctuants voire contradictoires, laissant peut-être même apparaître que l’homme n’est pas si innocent qu’il y paraît. A chaque rencontre il affirmera de façon plus que convaincante « je vous ai tout dit » mais ne cessera au fur et à mesure de modifier, transformer ses témoignages, n’hésitant jamais à se contredire.
Qui aurait cru que Steven Soderbergh réaliserait un jour un grand film comique ? C’est fait et je dois dire que j’ai ri du début à la fin. Tiré de l’histoire vraie de Kurt Eichenwald et du récit qu’il en fit dans son best-seller « The informant : the true story », le réalisateur a choisi le parti d’en tirer un film burlesque, farfelu et de faire de cet anti-héros souvent grotesque un personnage particulièrement attachant.
Quant au FBI, ridiculisé comme jamais, ne semblant pas se méfier plus que ça d’un type qui, malgré la trahison envers son entreprise, espère encore en obtenir une promotion, il ne sort pas grandi de cette affaire.
La musique, mix de celle de l’Arnaque et de James Bond, est un atout essentiel qui nous confirme bien que nous sommes dans une farce énorme malgré le sérieux du sujet. D’ailleurs Soderbergh nous avertit en préambule sur écran noir avant que le film démarre. Et toc !
Mais il est évident que la grosse cerise sur cet énorme gâteau c’est Matt Damon qui est tout simplement GÉNIAL, je ne trouve pas d’autres mots pour qualifier son interprétation. Massif, gras du bide, raide dans ses costumes impeccables rarement assortis à d'hideuses cravates (et qui fait une fixette sur celles du FBI), affublé d'un imperméalable mastic à la Hulot, moustachu, brushingué et laqué, il est une caricature du type coincé, sérieux à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Mais il n’y a pas que son look qui soit une révélation. Sa composition délirante quoique retenue de Mark est absolument jubilatoire, un régal de tous les instants. Sa façon de se prendre pour l’agent secret 0014 (« deux fois plus malin que 007 » affirme t’il), sa naïveté, ses mensonges sincères, son aplomb, sa crétinerie involontaire, son innocence le rendent surprenant, déconcertant et attachant.
Triple ban.
10:31 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : the informant, steven soderbergh, matt damon, cinéma
Commentaires
Sinon, suis-je le seul à trouver que Tony Hale est un sosie de Guillaume Gallienne (au niveau du regard, de la gestuelle) ?
Écrit par : Ralph McReiss | vendredi, 02 octobre 2009
Répondre à ce commentaireBon, à part ça, la question que je me pose est celle-ci : Scott Bakula (hello ! un revenant !) porte-t-il un toupet oui ou non ? Après tout, his name is Connery, Sean Connery*, n'avait pas hésité à l'époque, alors ? moumoute or not moumoute ? ce qui bien sûr n'enlève rien à son talent...
* bibiche, si t'as un écran plat, offre toi The offence de Lumet qui vient de ressortir si tu ne l'as jamais vu, grandiose là-dedans le velu chauve il est
Écrit par : Frederique/FredMJG | vendredi, 02 octobre 2009
Répondre à ce commentairePour Tony Hale, y'a une ressemblance. Je n'irai pas jusqu'à dire sosie.
Frederique : Dieu s'appelle Guillaume ? C'est Tell que tu me dis ?
Scott est tout en moquette comme d'hab' http://newwoman.ru/pic26/scott_bakula.jpg
Écrit par : de Pascale @ Ralph McReiss @ Frederique | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frederique/FredMJG | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Frederique | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireBon, qu'est-ce que je fais encore ici moi ? suis censée avoir rencard avec le p'tit Jo, non mais des fois !
J'me barre
Allez hop hop
Écrit par : Frederique/FredMJG | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : pL | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentairepL : j'ai vraiment beaucoup apprécié. Ce n'est pas tant l'histoire que la façon dont elle est racontée, je suis d'accord.
Écrit par : de Pascale @ Frederique @ pL | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frederique/FredMJG | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : de Pascale @ Frederique | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Rob | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireSnif.
Je suis seule.
Au secours.
A l'aide.
Help.
M'aider !
Écrit par : de Pascale @ Rob | samedi, 03 octobre 2009
Répondre à ce commentaireEt puis Soderbergh filme tout cela façon années 70 (alors que l'histoire a moins de quinze ans) ce qui accentue encore le recul.
Reste les dernières vingt minutes avec notamment une scène époustouflante où Matt Damon est enfin confondu de l'un de ses bobards (une erreur de date de quelques jours sur un faux courrier) et où ses voix intérieures viennent lui souffler les nouveaux mensonges à empiler, à enfiler, pour se tirer de ce mauvais pas : il s'enfonce encore plus loin dans ses bobards, sa femme se met à pleurer à ses côtés, l'enquêteur du FBI ne sait plus où se mettre ...
Écrit par : BMR | lundi, 05 octobre 2009
Répondre à ce commentaireLa scène dont tu parles est effectivement extraordinaire. IL cherche encore à s'échapper...
Écrit par : de Pascale @ BMR | lundi, 05 octobre 2009
Répondre à ce commentaireRésultat : un très bon moment et de la bonne humeur pour l'après midi au moins !
Écrit par : Axel | mardi, 13 octobre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : caro | mercredi, 21 octobre 2009
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