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  • COPACABANA de Marc Fitoussi ***

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    Babou n'a jamais réussi à garder, ni un homme ni un boulot. Cela dit elle s'en moque éperdument. Ce qui la rend vraiment optimiste, ce sont ses rêves de voyages passés et à venir. Sa destination idéale ultime est le Brésil et entendre un air de samba la met en joie. La seule chose qui la chagrine un peu et qu'elle confie à son seul ami, Patrice, dans la même galère sociale qu'elle, c'est que sa fille de 22 ans Esmeralda jadis si complice, s'éloigne d'elle. Le jour où Esmeralda lui annonce qu'elle va se marier et que sa présence au mariage n'est pas souhaitée pour ne pas lui faire honte, Babou est profondément peinée. Elle décide alors de prouver à sa fille qu'elle est capable de trouver un travail qui lui permettra de lui offrir un beau cadeau. Babou trouve donc un poste de vendeuse d'appartements en multi propriété sur la côte belge en plein hiver...
     
    Plein de choses dans ce film résolument optimiste, entre drame et comédie sociale. Pour Babou, quitter les briques rouges de Tourcoing pour la mer du Nord ne pose aucun problème. Galérer ici ou là, pour elle c'est pareil puisque son paradis c'est le Brésil. Pour moi, c'est l'occasion une fois encore de constater que le plat pays et la mer qui va avec me font toujours le même effet électrisant. Surtout cette plage là précisément, encore plus mystérieuse et mélancolique l'hiver, désertée de ces touristes, avec ses couleurs qui varient parfois d'un instant à l'autre... Mais revenons à Babou qui va faire l'ingrate expérience des "commerciaux" de l'immobilier. D'autant plus difficilement qu'elle sera chargée au début de "rabattre" les clients vers les vendeurs qui pourront concrétiser les ventes. Elle fera aussi la découverte de ses chefaillons impitoyables, de collègues distantes et envieuses parce que soucieuses de garder leurs postes. Elle croisera la route d'un gentil ouvrier flamand mais trop romantique pour elle, comprendra les raisons de sa fille, ses craintes en l'avenir mais sans jamais se détourner de son bel enthousiasme, de sa soif d'évasion et de liberté.
    Le plus grand bonheur pour moi est de retrouver grâce à ce film une actrice que j'avais tant aimée et qui m'avait bien déçue ces dernières années avec des rôles qui sonnaient faux de femme rigides, dures, autoritaires... Ici, elle est Babou sorte de marginale un peu anar, un peu vulgaire, grande gueule avec un grand coeur. Drôle, généreuse, maternelle, un peu cruelle aussi, elle nous arrache des rires, des sourires et des larmes comme rarement depuis longtemps.
    La scène où elle souffle à son futur gendre au téléphone ce qu'il doit dire à sa fille pour la récupérer, est un grand moment de ce qu'une grande actrice peut offrir au cinéma je trouve.

  • QUESTIONE DI CUORE de Francesca Archibugi ***

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    Angelo est carrossier à Rome où il retape de vieilles voitures de collection. Il vit avec sa femme enceinte et ses deux enfants. Alberto est un scénariste à succès en panne d'inspiration et de sentiments. Rien n'aurait dû faire que les deux hommes se rencontrent. Mais alors qu'ils sont tous les deux victimes d'un infarctus le même soir, c'est au cours de leur séjour au service de réanimation que leur amitié va s'ébaucher et résister à leur sortie de l'hôpital. Atteints du même mal, hantés par la même frayeur de récidive ou d'aggravation, les deux hommes réagissent chacun à leur manière. Alberto en étourdissant les autres et lui-même de paroles et d'humour, Angelo en feignant d'aller bien et en cachant la vérité à son entourage.
    Lorsqu'une infirmière ouvre le rideau qui les sépare dans la salle de réanimation, les premiers mots d'Alberto à Angelo sont : "qu'est-ce que tu es beau !". Et effectivement, l'acteur Kim Rossi Stuart, malgré sa pâleur de plus en plus cadavérique à mesure que le film avance, est d'une beauté à tomber. D'ailleurs, je ne m'en relève pas. J'avoue que c'est d'abord pour lui que je suis allée voir ce film sans savoir de quoi il retournait. Mais "question de coeur", ça ne pouvait que me "parler". Et effectivement, le mélo de l'été, le voilà. Pas beaucoup de choses à en dire puisque le film est assez prévisible mais au moins les acteurs au travail ici font du bon boulot et c'est déjà beaucoup. Et puis j'aimerais tellement que Kim Rossi Stuart soit un peu plus présent sur les écrans. Je ne me souviens pas l'avoir revu depuis "Romanzo Criminale" un de mes coups de coeur de 2006, et son premier et jusque là seul film en tant que réalisateur, le très beau et poignant "Libero" où il se donnait le rôle pas très gratifiant du père colérique et injuste.
    Ici, en plus d'être toujours aussi beau, il démontre qu'il peut être autre chose qu'un beau gosse, un méchant, un mafieux mais qu'il a aussi un vrai sens comique. Oui, on rit aussi dans cette histoire de mort annoncée.
    Le film perd un peu de crédibilité lorsqu'on comprend qu'Angelo tente en quelque sorte de préparer son départ et de se faire remplacer auprès de sa femme et ses enfants par Alberto, "que vont-ils devenir sans moi" pense t'il. Mais la façon de parler de la maladie, d'essayer de continuer à vivre malgré l'angoisse et les constants rappels à l'ordre de ce coeur qui faiblit, de tenter d'en rire malgré les inquiétudes est plutôt bien vue. De quelque côté qu'on se trouve de la maladie, peut-on se préparer à mourir ? A vivre un deuil ?