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UN POISON VIOLENT de Katell Quillévéré **

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Tout le monde doute en cet été un peu gris et pluvieux au fin fond de la Bretagne. Anna adolescente de 14 ans prépare sa "confirmation" mais hésite entre son amour pour Jésus et son attirance physique pour Pierre un étonnant et très persévérant garçon de son âge. Triste que son papa ait quitté le domicile, Anna s'éloigne de plus en plus de sa mère, bouleversée d'avoir été injustement abandonnée. Tandis qu'Anna partage une grande complicité avec son grand-père, très vieil homme tendre et bougon qui ne quitte plus sa chambre, sa mère va chercher à renouer avec sa foi perdue et semer par là même le trouble dans le coeur du jeune curé du village.
Tout semble tellement désuet et anachronique dans ce film qu'on ne sait pas trop à quelle époque l'histoire se situe réellement. Peu d'indices nous indiquent si l'on est dans les années soixante, au début du XXème siècle ou à notre époque. Anna est tiraillée entre l'amour censé élever l'esprit et celui qui révèle et libère le corps et cette alternative semble évidemment bien éloignée des préoccupations actuelles des filles de son âge, pour l'athée mécréante que je suis. Quant au père et à la mère, isolés et englués égoïstement de leur côté dans leurs problèmes d'adultes, ils ne s'embarrassent guère, contrairement aux tendances actuelles, de psychologie vis-à-vis de leur fille déchirée par ses incertitudes. 
C'est assez étonnant de découvrir que ce film très pieux empreint d'une grande austérité parfois est le premier d'une toute jeune femme. Mais malgré ce dépouillement et une certaine gravité, il est régulièrement parcouru de frémissements, grâce à ces deux jeunes acteurs, Clara Augarde et  Youen Leboulanger Gourvil... notamment parce que la première est capable de s'évanouir lorsque son émotion est trop insupportable, le second lorsqu'il déclare sa flamme en chantant et s'accompagnant de sa guitare pour sa belle à la chevelure d'or.
Finalement le choix d'Anna, dont une partie ne semble pas très crédible, se révèle cinématographiquement audacieux, courageux et inattendu.
J'étais par contre beaucoup plus sceptique lors de la scène très très limite, pour le moins inconfortable et vraiment pas indispensable où le grand-père demande à sa petite-fille de lui montrer une dernière fois "l'origine du monde" !!!
Lio est vraiment très bien même si son rôle n'est pas assez important et la musique est ensorcelante.

Commentaires

  • Après Hadjewitch la religion revient en force s'insinuer en notre belle jeunesse ou c'est moi ?

  • C'est quand qu'on pourra partager tes articles sur Facebook sans avoir à faire de copier-coller ?

  • Je viens de voir ce film, que j'ai beaucoup aimé... J'ai beaucoup aimé par exemple, l'anachronisme du film, ou du moins le fait qu'on ne sache pas exactement à quelle époque on est : cela lui donne un aspect universel qui colle bien au thème du film, l'adolescence, partagée entre soif d'absolus et désirs naissants.
    Même si je suis, et j'ai toujours été, une "athée mécréante" comme toi, le personnage d'Anna m'a rappelée des questions que je me suis posée au même âge, quand je voulais tantôt atteindre un absolu totalement pur, et tantôt vivre, vivre, vivre de tous mes sens. Plus qu'une question de religion, je trouve que ce film s'intéresse à l'opposition entre spirituel et charnel, et la nécessité d'arriver à conjuguer les deux. Et cette question là, je la crois universelle.
    Le grand père est un personnage un peu étrange, et j'avoue que sa demande à sa petite fille est pour le moins choquante. Mais je ne l'ai pas vu que comme un grand père un peu capricieux : il représente aussi celui qui va ouvrir Anna à sa féminité (c'est d'ailleurs à lui qu'elle fait référence lorsque Pierre et elle arrivent à la "pierre à sacrifice) ; et ce qu'il demande à voir chez Anna, ce n'est pas son sexe, mais l'endroit d'où "il vient" avant de mourir. C'est le futur rôle de mère, de donneuse de vie, qu'il voit chez Anna. C'est un personnage profondément païen, que je ne prendrai certes pas au premier degré.

    Bref, c'est un film qui m'a beaucoup touchée, et beaucoup fait réfléchir !

  • S'il faut creuser trop loin pour accepter une scène, ça me gêne un peu. Je n'ai pas aimé cette scène, même si elle n'a rien de directement sexuel.
    Pour le reste, c'est sûr qu'il faut se replonger dans les pensées d'ado (et ça commence à dater :-)) pour comprendre les doutes de la petite. Elle est vraiment très bien.

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