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  • LES ADOPTES de Mélanie Laurent ***

    Les Adoptés : photo Clémentine Célarié, Marie Denarnaud, Mélanie LaurentLes Adoptés : photo Marie Denarnaud, Mélanie Laurent

    Les Adoptés : photo Denis Ménochet, Mélanie Laurent

    Lisa, Marine et leur mère Millie sont inséparables, elles vivent ensemble et élèvent ensemble Léo le fils de Lisa. Les pères, les maris et les hommes en général sont totalement absents de cette vie qu'elles se sont aménagées.  Alors que rien ne semblait pouvoir ébranler cette soi-disant harmonie, Alex (un garçon !) entre dans la vie de Marine. Ils tombent amoureux l'un de l'autre. C'est la révolution, surtout chez Lisa qui avait jusque là une forte emprise sur sa petite soeur. Par un coup du destin particulièrement dramatique cet étrange et finalement fragile équilivre va être remis en cause donnant l'occasion à certain(e)s de s'interroger sur ses propres comportements.

    Pour sa première réalisation (quoiqu'elle avait déjà réalisé un court métrage il me semble), la très décriée "Mel." qu'on ne peut hélas plus classer dans l'unique case "actrice" -apparemment ça dérange-,  s'aventure du côté d'un thème des milliers de fois traité de toutes les façons possibles au cinéma : la famille ! L'originalité du ton, léger puis dramatique et la singularité du propos qui donne la parole quasi exclusive à des femmes vivant pratiquement en autarcie repliées sur leurs propres sentiments et la qualité du traitement révèlent une sensibilité et une différence bien agréables à découvrir. Je suis contente d'avoir aimé ce film et de pouvoir faire partie de ceux qui le défendent. De toute façon c'est un film facile à aimer car même si l'attachement un tantinet asphyxiant qui lie les deux soeurs paraît "too much", il n'en demeure pas moins qu'on sent à quel point Mélanie Laurent a bien observé et écouté ce qui peut se passer dans des familles atypiques. et il y a moyen d'y  trouver des résonnances dans sa propre histoire. En outre, la vie tient à bien peu de choses et elle le démontre brutalement, de manière tout à fait vraisemblable et absolument pas artificielle comme j'ai pu le lire.

    Heureusement, j'ai lu aussi que Mélanie Laurent témoignait d'un véritable regard de cinéaste et il est vrai que ce film fourmille de plein de moments de grâce, les dialogues sont superbement écrits et les situations intelligemment fouillées. Quitter ces jolis personnages parfois embarrassés par leurs sentiments provoque une petite déchirure. Mélanie Laurent réussit à parler d'enfance, d'amour mais met en lumière également les liens fusionnels qui unissent de deux soeurs dont l'une tente de se libérer sans blesser l'autre. La réalisatrice (qui rit et pleure comme personne je trouve) se donne d'ailleurs le rôle pas toujours sympathique de la soeur la plus "toxique" qui ne conçoit pas le bonheur de l'autre sans l'envisager comme une trahison. Alors que Marie Denarnaud est la solaire et lumineuse Marine qui trouve en Alex le moyen de se dégager de l'emprise familiale. L'idée pas banale est aussi d'avoir donné à l'indispensable (oui, je sais il y a beaucoup de garçons indispensables sur ce blog) Denis Menochet le rôle du Prince Charmant qu'il incarne à la perfection.

    Une bien belle surprise !

  • TIME OUT de Andrew Niccol °

    Time Out : photo Andrew Niccol

    Time Out : photo Andrew Niccol

    Time Out : photo Andrew Niccol

    Dans un futur indéfinissable, dès que les hommes et les femmes ont atteint l'âge canonique de 25 ans, ils n'ont plus que deux possibilités : mourir ou continuer à vivre en s'achetant du temps tout en conservant l'apparence de la jeunesse ! Evidemment, si les riches peuvent capitaliser du temps et même placer des années, des décennies voire davantage à la banque, les pauvres ne réussissent qu'à vivre au jour le jour en volant, mendiant ou troquant quelques heures à la fois pour renflouer le compteur qu'ils portent au poignet. Un soir que Will Salas vide des canons parce qu'il n'est pas arrivé à temps pour sauver sa ptite maman qui fêtait pour la 25ème fois son 25ème anniversaire (entre parenthèses, MDR de voir Justin Timberlake crier "mamaaaan" à une bombasse de trois ans sa cadette... vous suivez ?), il croise la route d'un riche suicidaire (comprendre un plein aux as avec du temps au compteur...) qui lui file en douce un siècle avant de se jeter du haut d'un pont. Le suicide ne plaît pas aux gardiens du temps qui mènent l'enquête persuadés que Justin Salas... oups Will Timberlake...'fin bref, le héros du film a dézingué le type pour lui piquer son temps. Will équipé de son siècle au poignet quitte le ghetto où tout va vite pour rejoindre de l'autre côté du périph', le paradis des riches qui ont le temps. Lors d'une soirée (je vous passe les détails) il rencontre Sylvia une pauvre petite fille riche qui rêve de connaître le grand frisson, comprendre : courir en talons de 12 dans le ghetto des salauds de pauvres ! Pour échapper à ses poursuivants, Will prend Sylvia en otage mais elle est rapidement atteinte du Syndrome de Stockholm et à deux ils vont devenir les Bonnie and Clyde du troisième millénaire. Vivement la suite !

    Andrew Niccol a réalisé "Bienvenue à Gattaca", "Simone", "Lord of war", il est le scénariste de "Truman Show", c'est dire si entre de telles mains un film d'anticipation avec des thèmes tels que l'éternelle jeunesse, le capitalisme sauvage, le déséquilibre sans fond entre les riches et les pauvres etc, laissaient augurer le meilleur. Hélas, après quelques minutes surprenantes, il ne se passe strictement plus rien. Le film s'enlise, s'embourbe et tournicote en rond autour des deux tourtereaux qui cavalent après le temps et pour tenter de semer Cillian Murphy.

    J'étais surprise, limite choquée d'apprendre que lors d'une conférence de presse une personne avait demandé à Amanda Seyfried s'il était facile de courir en louboutin. Aujourd'hui je comprends et j'approuve : quelle autre question pourrait-on bien lui poser ? Cela dit l'exploit est de taille, d'autant que Justin le Salas avec ses grandes guiboles ne la ménage pas. Mais, passé le ridicule achevé de la scène du bain de minuit (ils se connaissent depuis 10 minutes et mademoiselle joue les pucelles effarouchées), ils ne vont plus rien faire d'autre que courir, vider leur compteur à une seconde près, remplir leurs compteurs au taquet et réciproquement et patati et patata !

    Un film ennuyeux au possible, aux dialogues insipides voire idiots (j'avoue, j'ai ri à plusieurs reprises mais à l'insu du plein gré de la volonté du réalisateur) avec deux... comment dire, acteurs, aussi ternes et insignifiants que deux endives pas encore cuites dans un plat à gratin !

    Ce que Cillian Murphy fait dans ce naufrage reste un mystère !