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  • KILL LIST de Ben Whistley ***

    Le quotidien de Jay n'est plus qu'une longue scène de ménage. Depuis 8 mois, après une mission foireuse à Kiev (dont nous ne saurons rien) il est sans travail et sa femme panique en regardant les comptes fondre à vue d'oeil. Bien sûr il lui dit bien qu'elle est à deux doigts de devenir une mégère mais lorsque son copain Gal lui propose une nouvelle mission, Jay accepte. Les deux amis rencontrent les commanditaires de leur nouveau travail (abattre trois hommes), qui ont des mines vraiment flippantes et des manières pas catholiques.

    J'avais vu (et beaucoup aimé) ce film au dernier Festival de Beaune où il avait d'ailleurs obtenu le Prix de la Critique. Le revoir confirme mon opinion et m'ont en plus permis d'apprécier à quel point il est impeccablement structuré et découvrir en outre qu'une scène du tout début où Jay s'amuse dans son jardin avec sa femme et son fils de 7 ans, n'était que le reflet ou la répétition de l'abominable scène finale.

    Le réalisateur est un petit malin et réussit comme personne à jouer avec nos nerfs en les mettant à rude épreuve. Par ailleurs, il inverse les rôles et nous convainct de ne pas nous fier aux apparences. Sous ses airs bonnasses de gros nounours affable Jay est un grand malade sadique bien dérangé du ciboulot. Alors que Gal et son apparence rustique de mauvais garçon conserve un semblant de jugeotte et de bon sens. Et enfin, non content de nous mettre les nerfs en pelote, le réalisateur nous laisse le loisir de faire travailler notre imagination. Lorsqu'un des deux personnages visionnent une vidéo atroce, il ne nous montre que les effets produits sur celui qui la regarde. Pourtant Jay et Gal ne sont pas des anges mais ce qu'ils voient est manifestement insoutenable !
    Pour démontrer les dégâts irréversibles que les guerres provoquent dans la tête de leurs vétérans, Ben Wheatley n'y va pas avec le dos du marteau... Et ce n'est pas rien de dire que ce film n'est pas à mettre devant tous les yeux et j'avoue que j'ai dû me les cacher à plusieurs reprises. La tension et l'atmosphère d'épouvante vont crescendo. Les scènes de crimes sont de plus en plus sadiques, jusqu'à un final insoutenable pas banal et pour le moins inattendu.

    Comment et pourquoi aimer un film aussi violent, non dénué cependant d'un humour très bienvenu ? Et bien quand le cinéma peut encore surprendre, on dit merci et on aime, voilà tout. D'autant que le film est par ailleurs d'une grande beauté !
    Et pour une fois que je suis d'accord avec l'avis et que je le comprends de mon ex collègue Joachim Lepastier, je vous le livre car il donne quelques précieuses indications sur le style unique et pourtant très référencé du film : "Un fond réaliste "à la Alan Clarke", de l'ésotérisme "à la Zodiac", du sarcasme "à la Tarantino", de l'hyper-violence "à la coréenne", de l'épouvante forestière "à la Blair Witch", de l'onirisme poisseux "à la Lynch"... Voilà la liste qui structure cet étrange film noir."

  • PIÉGÉE de Steven Soderberg °

    Rien à sauver de ce Soderbergh moins que mineur. Et ceux qui prétendent que Woody est en manque d'inspiration n'ont qu'à aller endurer ce Piégée pour se rendre compte de l'étendue du désastre. Sur un scénario prévisible et confondant de banalité, Soderbergh enquille les scènes paresseuses comme un automate. A mi-chemin entre un James Bond daté et un brouillon de Jason Bourne, une spécialiste des missions délicates à travers le monde se voit doubler par ses employeurs et contrainte pour son honneur et parce que c'est une teigne, de se venger de tous ces vilains garçons.

    Tout cela est très ennuyeux. Barcelone est filmée comme la RDA et quand on est au soleil du Nouveau-Mexique un beau filtre jaunâtre nous signifie qu'il fait chaud. Les dialogues indigents sont à la hauteur de l'intrigue.

    Alors si ça vous chante d'aller voir une actrice sexy et expressive comme un parpaing se tatanner avec un casting quatre étoiles au minimun syndical mais aux coupes de cheveux à se tordre de rire (Michaël Fassbender, Channing Tatum, Antonio Banderas, Michaël Douglas, Ewan McGregor, Matthieu Kassovitz, Bill Paxton), à vous de décider.

  • INSIDE de Andrès Baiz **

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    Adrian est nommé à Bogota à la tête de l'Orchestre Philarmonique. A sa demande son amie Belèn quitte l'Espagne pour s'installer avec lui en Colombie. Ils emménagent dans une splendide demeure où pourraient tenir 10 pianos à queue et le Philamornique au complet...

    Mais le jeune homme est volage et s'approche d'un peu près d'une accorte violoniste qui n'est pas insensible non plus. Belèn jalouse disparaît. Adrian noie sont chagrin dans des whisky et se console très rapidement entre les bras de Fabiana, superbe serveuse de bar très compatissante, qui n'aime pas voir les garçons pleurer. Mais des bruits suspects se font entendre dans les tuyauteries, les plombs sautent un peu trop régulièrement et la jeune femme n'est plus très rassurée.

    N'étant pas adepte des films-qui-font-peur et encore moins de ceux dont le seul ressort dramatique consiste à faire sursauter le spectateur à coups de cymbales et de portes qui claquent, je suis allée voir cet Inside avec une légère appréhension. Les maisons envoûtées où sur lesquelles pèsent une malédiction, très peu pour moi. Heureusement, je n'avais rien lu (ou à peine) car j'ai découvert après vision que les critiques encartés spoilent éhontément ce qui constitue une des premières surprises du film. En ce qui me concerne, pendant la première demi-heure, je me suis surprise à penser "qu'est-ce que c'est que ce roman photo pour magazine ?". Je craignais également qu'un galimatias ésotérique finisse par prendre le dessus. Que des esprits frappeurs ou vengeurs investissent la robinetterie et que Fabiana, qui prend énormément de bains, s'en vienne à dire "je vois des gens morts". Et puis non, pas du tout. C'est un peu, beaucoup, plus prosaïque que cela, mais j'ai néanmoins été cueillie dès le premier rebondissement. Et peu à peu, les flash-backs, certains plans étranges voire complètement cons, les scènes revues sous un autre angle et du point de vue d'un autre personnage... tout prend forme, tout s'explique et j'ai réellement et sans doute naïvement été bluffée.

    Et n'ai même pas eu peur !

    En outre, la beauté folle des trois jeunes personnages principaux rend le tout très plaisant à l'oeil.