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LES ÉQUILIBRISTES de Ivano de Matteo ***

Les Equilibristes : affiche

Tout allait bien pour Giulio la quarantaine, marié, deux enfants, jusqu'au jour où il donne un malencontreux coup de canif dans le contrat. Pour lui il ne s'agit que d'une "connerie", mais pour sa femme Elena, cette connerie est une souffrance et malgré ses efforts et l'évidence, elle aime toujours son mari, elle ne parvient pas à pardonner. Les semaines passent et le quotidien devient insupportable. Il est de plus en plus difficile pour les parents de cacher la vérité aux enfants. Incapables de feindre et de ne pas se disputer devant eux désormais, ils décident de se séparer. Elena garde l'appartement. Pour continuer de voir ses enfants avec qui il entretient une relation privilégiée, tendre et complice, Giulio essaie de ne pas s'éloigner géographiquement. Malgré son emploi à la Mairie, trouver un logement, payer une pension alimentaire, assurer les dépenses... Giuilio sombre rapidement dans la précarité et c'est la dégringolade...

Ce film est un peu la version italienne et masculine de Louise Wimmer de Cyril Mennegun. Même acharnement du personnage à essayer de s'en sortir, mêmes difficultés, même dignité et surtout même mutisme. Comme Louise, Giulio ne confie pas ses difficultés à son entourage proche. Lorsqu'il suppliera un copain maraîcher de lui fournir un emploi en complèment du sien, ce dernier ne verra pas à quelle extrémité Giulio en est réduit. Tout comme l'assistante sociale avait taxé Louise d'arrogance. Après avoir passé quelques nuits chez un collègue, Giulio se retrouve à l'hôtel, puis dans un foyer. Il cherche un appartement aidé de sa fille (une ado et jeune actice étonnante Rosabell Laurenti Sellers)  soutien tendre et indéfectible. Mais trouver un logement à Rome avec un salaire médiocre est une mission impossible. Payer par ailleurs l'appareil dentaire du plus jeune, le voyage à Barcelone de la grande et les dettes s'accumulent. Giulio emprunte à l'un pour rembourser l'autre. Le goufre se creuse et il ne lui reste plus que sa voiture comme dernier refuge.

Cette lente et douloureuse chute est d'autant plus cruelle et touchante que le réalisateur évite tout sentimentalisme et que son film est d'un réalisme bluffant. On suit Giulio dans le labirynthe de ses démarches auprès des services sociaux et différents organismes censés venir en aide aux plus démunis. Mais Giulio fait partie de ces nouveaux pauvres qui ont un travail et n'entrent dans aucun cas de figure pour obtenir des aides. Il ne lui reste plus que le secours des bénévoles de type Restau du Coeur ou Secours Populaire. C'est sinistre et terrifiant cette sensation que le pire peut advenir aussi rapidement.

L'acteur Valerio Mastandrea, obstiné et désespéré, est très impressionnant. A mesure que le fim avance il semble maigrir à vue d'oeil, devient hagard, déboussolé, tantôt mélancolique, découragé, révolté.

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