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UNE FAMILLE À LOUER de Jean-Pierre Améris ***

UNE FAMILLE A LOUER de Jean-Pierre Améris, cinéma, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Edith Scob, Philippe Rebbot

Paul-André est un homme très riche mais très seul et très dépressif. Dans sa maison bunker digne de celle de Bruce Wayne, totalement isolée, décorée mais impersonnelle comme un musée sans âme où trône une œuvre déprimante de Jackson Pollock (si ma mémoire est bonne), il s'ennuie ferme, aux bons petits soins d'un majordome très positif qui se charge de faire en sorte qu'il n'oublie pas ses antidépresseurs.

Violette quant à elle, mère célibataire de deux ados, déborde d'énergie et d'enthousiasme mais peine à joindre les deux bouts et se voit contrainte de voler dans un supermarché pour faire manger sa petite famille. C'est en la voyant se révolter à la télé contre le système qui la menace d'expulsion et de lui retirer la garde de ses enfants que Paul-André a l'idée d'une proposition extravagante. Il propose à Violette d'éponger ses dettes à condition qu'elle et ses enfants vivent avec lui afin qu'il prenne conscience que ce qui lui manque éventuellement pour être heureux est une famille.

 

Si l'on accepte de jouer le jeu, de croire qu'un type richissime, timide, complexé, coincé propose à une fille pauvre, bordélique, un peu vulgaire, équipée de deux moutards forcément bruyants de partager sa vie "en tout bien tout honneur" contre de l'argent, et que la fille accepte, on est assuré de passer un excellent moment en compagnie de ces deux personnages que tout oppose et que tout va rapprocher.

 

Car il ne faut pas se fier au titre et à l'affiche, il s'agit bel et bien d'une comédie romantique avec tous les ingrédients et la progression qui va avec, de l'hostilité au rapprochement que les personnages eux-mêmes n'envisageaient pas, en passant par l'inévitable conflit.

 

C'est la rencontre avec sa compagne également co-scénariste Murielle Magellan qui a donné l'idée à Jean-Pierre Améris de cette comédie, sa deuxième incursion dans ce registre après Les Émotifs Anonymes. Sa nature dépressive, peu conformiste, (il préfère la pluie au soleil, le beau temps implique selon lui l'exigence d'être heureux), son idée négative de la famille ne le destinent pas naturellement à la rigolade. C'est donc en puisant dans leur histoire, sa compagne a un enfant d'une précédente union, qu'ils ont créé Violette et Paul-André.

 

Il y a donc du rire, des situations cocasses voire des gags (dont un récurrent qui n'aura pas l'issue qu'on attend...) mais aussi du fond et surtout un regard sur la famille, sur la place et l'importance des enfants qui sont souvent négligés dans les comédies romantiques. La conclusion du réalisateur est que la vraie famille n'est pas celle dont on est issu, mais celle que l'on se choisit ou que l'on construit, parce qu'il est évident que se l'acheter va se révéler un peu plus compliqué que prévu.

 

Les scènes familiales sont à ce titre hautement explicites. La mère de Paul-André est froide, distante, matérialiste tandis que la famille de Violette est chaleureuse, empressée. Pourtant l'une comme l'autre partage ce point commun d'être constamment en train de juger. La scène où Violette se prend ses quatre vérités de la part de ses frères et sœurs lors du pique-nique dominical est très bien vue. Mais évidemment "c'est pour rire !", alors que les choses sont dites et qu'elles peuvent blesser durablement. Chacun cantonne l'autre dans un rôle et une personnalité qui lui sont attribués dès l'enfance. Pas question pour quiconque de changer. C'est terrifiant et tellement vrai.

 

La vision du film a surpris beaucoup de monde lors de l'avant-première qui ne s'attendait pas à tant de profondeur et d'émotion. Et puis la direction d'acteurs est comme toujours impressionnante chez Jean-Pierre. Les enfants (jamais agaçants) tiennent une belle place considérable. On sait que Benoît Poelvoorde n'est jamais si émouvant que lorsqu'il joue de sa corde sensible d'écorché vif. Et Virginie Efira, très jolie, pétillante, elle peut être burlesque ou grave avec autant de force de conviction. Elle est par ailleurs ici dotée d'un talent original et peu courant de sculpteuse sur fruits et légumes.

Commentaires

  • Je vais y aller. Pas tout de suite, mais je vais y aller.
    Poelvoorde + Améris + tes trois étoiles = je suis plus que confiant.

  • :-)

  • Je l'attends de pied ferme !

  • Repos !

  • Welcome back ! J'espère que tu as eu du beau temps, que tu es bien reposée, tout ça tout ça...
    Je note la location de famille, on verra.

  • Super beau temps non stop.

    Quelle idée sotte et grenue (comme on disait chez moi).

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