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MEKONG STORIES de Phang Dan Di ***

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Synopsis : Saïgon, début des années 2000. Vu est apprenti photographe, Thang vit de petits trafics et Van rêve de devenir danseuse. Réunis par le tumulte de la ville, ils vont devoir affronter la réalité d’un pays en pleine mutation.

Et sur les rives du Mékong quand on ne vit pas du bon côté du périph' l'avenir ne semble guère rose bonbon. La jeunesse y a des rêves plus gros que son maigre appétit.

 

J'ai d'abord été très déroutée par le traitement proposé par le réalisateur qui ne brosse pas un portrait linéaire et clair de ses personnages. Il les observe de loin et nous aussi et on ne comprend pas toujours où il nous emmène ni qui est qui. Il pose un regard quasi documentaire sur ces jeunes gens parfois réduits à mendier, à chanter à travers les tables des restaurants, à passer des deals avec des petits truands locaux, voire à subir une vasectomie pour obtenir quelque argent pour quitter Saigon ! Un enfant est même cracheur de feu sans que cela ne perturbe quiconque.

 

On ne sait où l'on va et puis, petit à petit on y va. On se laisse guider, emporter par la moiteur, la langueur. Il serait question de voir ici la mutation sociale et économique de l'Asie. Euh, d'accord, mais on fait comment ? J'ai préféré voir quelques bribes de l'histoire de quelques jeunes pas complètement finis et qui se cherchent, professionnellement, sexuellement. Comme partout ailleurs non ?

 

J'ai été horrifiée par le rôle des filles réduites à n'être que des bonniches à qui l'on donne l'ordre de faire la cuisine, la lessive (sans machine) et qui ne s'asseyent même pas à la table des garçons. Elles ne réagissent pas, elles s'exécutent sans manifester la moindre surprise et la moindre rébellion. Jusqu'à cette orpheline, recueillie par le père de Vu, qu'il traite comme une esclave domestique tout en lui assurant le gite et le couvert et l'a promise pour plus tard à son fils. Jusqu'à ce qu'une nuit dans la boue...

 

Est-ce la réalité ? Toujours est-il qu'on comprend qu'il doit être bien difficile pour Vu, dans une ambiance aussi machiste, et malgré les conseils de sa sœur de faire son coming-out et révéler et vivre au grand jour son amour pourtant partagé pour Thang. Les stratagèmes que son père emploie pour tenter de remettre son fils dans le bon et droit chemin sexuel sont assez marrants. Car pas question ici de parler des choses qui fâchent.

 

Et le film parfois se fait drôle, on éclate de rire tout surpris, par moments ! Lorsque les garçons parlent entre eux et gloussent comme des gamins en buvant de la bière tellement claire qu'elle doit avoir un goût bien étrange. Ou lorsqu'ils font danser leurs pectoraux dont ils sont si fiers.

 

Et puis on s'arrête comme les images qui deviennent fixes pour prendre le temps d'admirer les somptueuses photos que Vu qui rêve d'être photographe, a prises tout au long du film en suivant au plus près ses amis.


Se laisser gagner par une certaine indolence, une chaleur qui rend les corps moites et pousse les garçons à être presque toujours torse nu, voilà comment il faut entrer dans ce film, sans violence, presqu'à son insu. Si le charme n'opère pas, cela peut paraître long. Mais la splendeur des images devrait même suffire à compenser l'opacité du propos.

 

Au rythme du Mékong, certes, mais de façon assez universelle un instantané sur la jeunesse du troisième millénaire indécise, imprécise, lâchée dans un monde où l'avenir leur semble à juste titre quelque peu incertain.

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