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APRÈS LA TEMPÊTE

de Hirokazu Kore-Eda ***

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Avec Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo

Après avoir écrit un roman à succès il y a 15 ans déjà, Ryota s'est endormi sur ses lauriers et n'a plus rien écrit. Il fait désormais partie d'une agence de détectives privés et gaspille le peu d'argent qu'il gagne en courses et jeux de hasard.

Démissionnaire entre autre de son rôle de père, sa femme Kyoko l'a quitté. Il ne voit son fils de 11 ans qu'une fois par mois et ne parvient pas à payer la pension alimentaire.

Mais un soir, alors qu'un typhon s'annonce, Ryota, son ex femme et son fils se trouvent contraints de passer une nuit chez la mère de Ryota. Il va tout faire pour tenter de reconquérir sa femme et  se rapprocher de son fils qui le connaît peu et s'en méfie.

Je m'aperçois que je suis une fan absolue de ce réalisateur. Dès Nobody Knows, il nous avait grandement remués avec l'histoire de ces 4 enfants abandonnés par une mère infantile et inconsciente. Depuis, excepté avec son renversant Air Doll qui frôlait le fantastique, il ne cesse de raconter la famille dans tous ses drôles d'états, sans jamais se répéter mais en conservant cette douceur et cette élégance qui sont un peu sa marque.

Il évoquait le deuil dans Still Walking et nous intimait doucement de ne pas passer à côté des vivants en pleurant trop les morts. Dans I wish (nos vœux secrets), deux frères séparés par leurs parents divorcés tentaient tout pour être à nouveau réunis. Tel père, tel fils était un La vie est un long fleuve tranquille tokyoïte où deux bébés ont été échangés à la naissance et Notre Petite sœur l'histoire d'amour fusionnel de 4 sœurs.

Ici encore Kore-Eda évoque la famille avec infiniment de délicatesse et pas mal d'humour aussi, qu'on ne retrouve pas forcément dans ses autres films il me semble. Si tout tourne autour de ce père puéril, inconscient et prêt à tout pour trouver de l'argent jusqu'à fouiller dans les tiroirs de sa mère, chaque personnage est essentiel. Mais le personnage de Ryota est particulièrement bien traité. Aussi irrésistible qu'exaspérant cet homme est drôle lorsqu'il épie son ex-femme qui a rencontré un autre homme, lorsqu'il questionne son fils sur les relations que sa femme entretient avec cet homme. Menteur, calculateur, tricheur, il parvient à être touchant même s'il est évident que côtoyer un tel personnage dans la vraie vie, inconscient du mal et des dégâts qu'il provoque, est fatigant.

La mère de Ryota supporte mal que la famille de son fils soit ainsi disloquée. Elle est aussi prête à tout pour les réunir. C'est maladroit, touchant et agaçant. Mais il y a au cœur de ce film le sentiment de fragilité et de fugacité de la vie. Trois générations s'interrogent et le réalisateur toujours incapable de la moindre hystérie dans les relations qu'il installe parmi ses personnages nous touche par sa mélancolie. On sent bien qu'il suffirait de pas grand chose pour que Kyoko se laisse séduire à nouveau par cet homme qu'elle a aimé et retombe dans ses grands bras. Mais comment faire confiance à ce grand enfant qui ne fait que répéter les erreurs de son père comme si l'hérédité était inévitable et ne servait qu'à transmettre la plus mauvaise part de chacun ?

Beau film et en outre, il est bien difficile de détacher le regard de Hiroshi Abe qui interprète Ryota.

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Commentaires

  • Il vaut le déplacement comme TOUS les Kore-Eda

  • Le week-end prochain, peut-être.
    Depuis que je l'ai découvert avec "Nobody knows", Kore-eda est l'un de mes réalisateurs contemporains japonais préférés.

  • C'est un réalisateur incontournable désormais je trouve. Et heureusement très prolixe.

  • @Pascale : Il vaut le déplacement comme TOUS les Kore-Eda

    Ah ça, pour valoir le déplacement... je me suis justement déplacée pour des queues de cerises (et pas de cerisiers) : il ne sort que mercredi prochain chez nous argg comment avoir l'air nouille en insistant pour avoir sa place :(

  • J'espère que tu as incendié la personne à la caisse. Tant qu'à être ridicule :-)
    Et tu n'avais pas de plan B ?

  • Kore-Eda j'adore aussi,... mais je n'en ai vu que très peu. Les I wish, tel père tel fils, notre petite sœur et même nobody knows, je ne les ai pas vus ! pas plus que "sonT renversant Air Doll. ;-)
    Vivement la retraite, ou que je me réincarne en projecteur de cinéma.

  • C'est étrange ta façon d'écrire sonT renversant... En tout cas, vois-le avant la retraite. C'est une splendeur !
    Et Nobody knows pour pleurer toutes les larmes de ton corps.

    P.S. : en gros, tu as vu Still Walking :-))

  • J'ai vu "after life" aussi, encore une histoire de gens morts. Exigeant mais très bien.

  • Une histoire de gens :-)))
    You made my Day.

  • Pas de plan B sous la main, à moins d'attendre une heure et demi. Déjà, je ne suis pas très patiente, alors quand tout est fermé et qu'on se les caille comme en novembre :(

    Voilà ce qui est quand on est trop impatiente ;) Maborosi était très bien aussi. After live est très très bien, si tu ne l'as pas vu, il te touchera.

  • Franchement il fait plutôt doux pour un mois de novembre.

    L'impatience !!! C'est moi qui l'ai inventée et ça me POURRIT la vie.

    J'ai vu After life.

  • Bonjour Pascale, j'ai vu ce film vendredi soir et dès les premières images, j'ai su que j'allais l'aimer: l'histoire, les acteurs. En plus, j'avais entendu une interview du réalisateur par Laure Adler dans la semaine. La grand-mère est un personnage formidable. L'actrice a joué dans Still Walking et Les Délices de Tokyo (la vieille dame lépreuse aux Dorimaki). Bonne après-midi.

  • Bonsoir Dasola. Apparemment ce réalisateur est fidèle à ses acteurs en effet.
    Quel beau film !

  • Moi aussi, je suis fan du réalisateur... Ces 4 gamins dans Nobody Knows... Waouh ! Et puis, Still Walking, I wish, tel père tel fils, notre petite soeur (zut, je ne me souviens pas de Air Doll)... C'est dire donc que je le suis, que je suis dedans complètement... Pas vu mais j'aimerais...

  • Les 4 de Nobody... j'en ai encore les tripes retournées.

    Air doll : de toute urgence. Pour le peu que je connais de toi... il pourrait devenir ton film de chevet.
    Triste à pleurer.

  • ça tombe bien, j'aime bien pleurer avec un verre de Nikka...

  • Je suis en train de parfaire ma culture bière/alcool :-)
    Une fois je suis allée à Pékin, j'ai bu une Tsingtao (je crois) : pas terrible ! Pipi de chat non ?

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