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ALBERTO GIACOMETTI : THE FINAL PORTRAIT

de Stanley Tucci ***

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Avec Geoffrey Rush, Armie Hammer, Sylvie Testud, Clémence Poesy

Synopsis : Paris, 1964, Alberto Giacometti, un des plus grands maîtres de l'art du XXème siècle, invite son ami, l’écrivain américain James Lord, à poser pour un portrait. Flatté et intrigué, James accepte. Cela ne devait prendre que quelques jours mais c'était sans compter sur le perfectionnisme et l'exigence du processus artistique de Giacometti…

Je n'apprécie pas particulièrement les sculptures décharnées de Giacometti et les personnages disproportionnés de ses tableaux aux regards souvent inquiétants ne m'attirent guère non plus. Mais j'aime voir les artistes torturés au boulot, ça me détend et il y a quelques années, je me baladais au Musée Guggenheim de Venise (snob un jour, snob toujours) et j'ai passé toute la visite en compagnie… de Stanley Tucci. Je ne me doutais pas que son quatrième film en tant que réalisateur parlerait d'art. Enfin, d'un artiste… C'est donc sans hésitation que je suis allée voir ce film et lorsque j'ai compris que le modèle était Armie Hammer, j'ai foncé derechef sans me retourner. Las, j'ignorais que Giacometti faisait poser ses modèles tout habillés !

Je ne vous cacherais pas que le film souffre de répétitions car la séance de pause qui devait durer deux ou trois heures, une après-midi tout au plus est sans cesse renouvelée, le maître ne se satisfaisant jamais de ce qu'il découvre sur la toile. Chaque jour, le modèle revient sans presque rechigner, reporte sans cesse son départ pour New-York parce qu'il lui est impossible de résister au peintre, de lui faire le moindre reproche, de faire valoir ses impératifs tant sont admiration est grande. Leur relation est belle et leurs conversations dans le cimetière Montparnasse des respirations où il est question de la vie, des artistes, de la création. Il est savoureux d'entendre comment Giacometti juge ses contemporains, tel Picasso. Et le film, dans un Paris de carton pâte offre de beaux moments qui évoquent l'obsession de la création et la déception permanente.

Je craignais que Geoffrey Rush qui ne se distingue généralement pas par sa sobriété n'en fasse des tonnes, mais pas du tout. Il est même étonnamment touchant lorsqu'il se désole la tête posée sur son plan de travail totalement frustré et mécontent de son travail, éternellement insatisfait mais aussi grognon, tyrannique et sans considération pour son entourage tout dévoué. Armie Hammer dans le rôle du modèle, écrivain américain distingué et courtois lui oppose une composition tout en charme, flegmatique et respectueux, admiratif.

Le film est nettement moins intéressant lorsqu'il s'attarde sur la femme du maestro, forcément dévouée et délaissée (Sylvie Testud, d'une fadeur !!!) et sa jeune maîtresse, prostituée amoureuse ou intéressée (Clémense Poésy, insupportablement sosotte !). Le réalisateur aurait pu se contenter de se concentrer sur le huis clos entre les deux hommes, les séances de pose et leurs conversations.

L'humour des situations et des échanges entre les deux hommes, la beauté de l'atelier reconstitué, le work in progress parfois balafré d'un coup de pinceau désenchanté devant les yeux dépités du modèle épuisé suffisaient amplement à maintenir l'intérêt.

Ci-dessous, le vrai modèle, le faux modèle et l'œuvre achevée.

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