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FIRST COW

de Kelly Reichardt ***

FIRST COW de Kelly Reichardt, cinéma, Jonh Magaro, Orion LeeFIRST COW de Kelly Reichardt, cinéma, Jonh Magaro, Orion Lee

Avec Jonh Magaro, Orion Lee

"A l’oiseau son nid, à l’araignée sa toile, et à l’homme l’amitié." William Blake

Et oui, il fut un temps où il n'y avait pas de vache aux Etats-Unis. Au pays des cowboys c'est très surprenant et je ne m'étais jamais posé la question tant les westerns ont toujours abondé en bovins en tous genres. Il faudra attendre un certain temps pour qu'on fasse enfin connaissance de la première jolie vache du titre, avec ses grands beaux yeux rêveurs loin du regard bovin plein de vide auquel nous habituent parfois ses consoeurs.

Raconter l'histoire de la première vache américaine n'est guère surprenant de la part de la réalisatrice qui nous a habitué à des westerns peu ordinaires. Elle nous invite ou nous impose de ralentir la course et nous propose un voyage immobile au coeur de l'Oregon du XIXème siècle. Nous sommes dans le Lower Columbia, à l'endroit où la rivière Willamette se jette dans le fleuve Columbia près de Portland et c'est très beau. On découvre la rivière et la forêt lors d'un prologue contemporain (un peu long) qui trouvera son explication à la toute fin du film même si on se doute un peu de ce qui se passera et j'ai trouvé un peu dommage cet auto-spoilage...

Cookie Figowitz est cuisinier itinérant auprès de trappeurs pas bien malins qui le rudoient et se moquent de lui. Un soir, Cookie découvre King-Lu, un immigrant d’origine chinoise caché nu dans un bosquet. Ce doit être le premier chinois que Cookie rencontre car il le prend pour un mexicain. Ce petit détail me semble important et ce film celui des premières fois et démontre que celle qui allait devenir la plus "grande" nation du monde est partie de loin, il n'y a finalement pas si longtemps. La rencontre entre Cookie et King-Lu est douce, sans agressivité. Cookie lui offre des vêtements et les 2 hommes sans hésitation vont partager leur quotidien de misère, les taches ménagères comprises, dans la cabane improvisée de King-Lu en pleine forêt. Il fait froid, humide. On est bien loin des grandes étendues désertiques écrasées de soleil, des hors la loi chasseurs de primes et ce film est aussi celui d'une amitié solide, évidente, sans ambiguïté comme l'annonce la citation en exergue du film.

Cookie cuisine et lorsqu'il propose à King-Lu son premier beignet, ce dernier, conquis pas le goût de la pâtisserie et plus pragmatique sans doute que son nouvel ami et qui entend bien se faire une place au soleil de l'Oregon, lui propose de les vendre sur le marché. Le succès est immédiat et il faut en produire toujours plus. C'est là qu'intervient la vache qui paît à proximité de la cabane des deux hommes. La nuit, ils se faufilent et Cookie lui soutire quelques tasses de son précieux lait pendant que King-Lu fait le guet. C'est un vol et vous pensez bien que le notable propriétaire de la vache ne laissera pas le crime impuni dès lors qu'il en aura connaissance.

Au-delà de l'histoire ce qui intéresse la réalisatrice est sans aucun doute la peinture de la vie quotidienne de l'époque. Dans une précarité totale ces misérables survivent au jour le jour dans la mouise la plus totale. Et sans sortir les révolvers (qu'ils n'ont pas) auxquels nous ont habitués les faiseurs de westerns, les deux garçons comme débarrassés de la testostérone socle du genre, traient "leur" vache, rêvent à un avenir meilleur pas irréaliste mais loin d'être gagné. Au coeur d'une nature idéale, difficile sans être hostile, Kelly Reichardt nous fait ressentir le froid, l'humidité, la misère et comprendre que l'esprit d'entreprise inhérent à l'homme commence par la dégustation d'un beignet croustillant.

C'est très beau, très lent, apaisant, un peu inquiétant parfois...

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Commentaires

  • C'est long, surtout dans la première partie. C'est beau, mais plutôt sur le fond que sur la forme. Je n'ai pas été emballé par la manière de filmer les scènes anciennes. Mais l'histoire d'amitié et de débrouille est belle. A elle seule, elle justifie la vision du film.

  • Je n'ai pas été gênée du tout par la façon de filmer. Le cinéma de Kelly Reichardt est minimaliste on le sait. Et je trouve que le mode de vie est intéressant à observer. Loin de cow boys des westerns qui ne mangent jamais, n'ont pas de maison etc...

  • Si on cause ici bovins, je ramène mes sabots tout poussiéreux...
    Là aussi un "western" qui me tente bien... plus pour le décor que pour l'histoire en elle-même et aussi parce que j'avais aimé Wendy et Lucy ainsi que La Dernière Piste...

  • Décor et histoire vont de pair ici. Tu aimerais. Et un seul bovin à l'horizon.

  • Un film qui me tente depuis que j'ai lu deux-trois critiques dans la presse. Il n'est pas encore arrivé chez moi, je l'attends.

  • Les "petits" films ont la vie dure.

  • Trop de la chance, tu as pu le voir. Il était sur ma liste des indispensables mais nulle part à l'affiche des mes cinémas les plus proches !
    Je reviendrai lire en détail quand ils se décoderont à le programmer, peut-être...

  • Une chance de ouf. Programmation au top dans ma province perdue.
    Espérons qu'ils le "décodent" :-)

  • Un beau film d'amitié. J'ai aimé le silence final, alors que je m'attendais à...

  • Quelqu'un a t-il eu l'idée dans ce film agricole de 'fetcher la vache'. ???

  • Oui.

  • Rebonjour Pascale, j'ai trouvé ce film très réussi (je l'avais vu en avant-première en province en juin dernier). L'histoire de ces des deux hommes dont on connait la fin dès le début m'a touché. On aurait envie de goûté de leurs gâteaux. Je suis assez fan de que tourne Kelly Reichardt Bonne après-midi.

  • Re bonsoir dasola.
    Oui ils sont très attachants et j'avais aussi envie de goûter les beignets.
    Kelly Reichardt fait un très beau cinéma différent.

  • Cette vache a pris son temps pour arriver dans ma cambrousse... maintenant qu'elle est là, j'ai bien envie d'aller la voir!
    (Kelly Reichardt forever!)

  • La pauvre, il fallait bien lui laisser le temps.
    Si tu aimes Kelly, tu aimerais cette jolie vache !

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