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LES DÉCEPTIONS DE MARS 2023

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SAULES AVEUGLES, FEMME ENDORMIE de Pierre Foldes *(*)

Saules aveugles, femme endormie

A la suite de l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011 une femme se retrouve plongée dans un état de sidération que son mari ne parvient pas à comprendre. Affalée devant la télé qui diffuse en boucle des images de la catastrophe, elle ne se lève plus, ne se lave plus... et finalement quitte son mari. Ce dernier se rend à Hokkaïdo pour remettre une boîte (et à cause de cette boîte j'ai beaucoup entendu parler de référence à David Lynch... mouais...). Il rencontre deux filles dont une pas farouche qui va l'emmener dans un Love hôtel. Parallèlement, son collègue, un brave type brimé par la hiérarchie trouve chez lui une grenouille géante assez philosophe. Un chat a aussi disparu et un tremblement de terre devrait bientôt ravager la ville, à moins que...

A moins que je ne sais quoi... En multipliant les styles d'animation et les personnages, le réalisateur m'a complètement perdue au milieu de ces personnages certes très seuls mais aux motivations pas très limpides. J'ai particulièrement aimé la rencontre entre le mari et une ado mais c'est bien peu pour apprécier réellement et surtout réussir à déchiffrer cet embrouillamini inspiré de 24 nouvelles de Haruki Murakami au titre éponyme énigmatique.

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LE BLEU DU CAFTAN de Maryam Touzani *

Le Bleu du Caftan

Avec Lubna Azabal, Saleh Bakri, Ayoub Missioui

Halim et Mina sont mariés depuis 25 ans. Ils tiennent un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé au Maroc. Le couturier c'est Halim ou plus exactement le maalem c'est-à-dire un maître dans l'art de coudre à la main les ornements de ces caftans. Ce titre honorifique est donné aux personnes jugées dignes d'instruire ou de transmettre leur savoir-faire. Et effectivement, Youssef un jeune apprenti va rejoindre le couple dans la boutique. L'homosexualité d'Halim est parfaitement connue de Mina ce qui n'empêche pas le couple de s'aimer et d'être très complice (ça c'est beau). Halim se rend souvent au hammam pour assouvir ses désirs et évidemment Youssef et lui vont être attirés l'un par l'autre. De son côté Mina est en récidive de cancer (soigné au doliprane par le médecin local) et les trois personnages vont finir par pratiquement partager leur quotidien.

Je me suis terriblement ennuyée et ai été saisie d'une forte et désagréable sensation de claustrophobie à suivre ce film que la réalisatrice a choisi de cadrer au plus près des visages et des pièces très petites et encombrées. Pourtant l'action, ou la non action, se déroule dans une ville de bord de mer que l'on ne verra jamais. L'atmosphère est étouffante et l'agonie de Mina qui dure une heure finit par être insoutenable. J'avais envie d'ouvrir la fenêtre et de hurler. La seule scène qui donne un peu de lumière au film est celle d'une danse improvisée, devant la fenêtre justement : DE L'AIR enfin, un peu de musique, de la vie !!!

Et puis je n'en pouvais plus de cette lenteur dans tous les gestes. C'est vraiment pénible ces cinéastes qui confondent délicatesse et mollesse. Mettre un quart d'heure pour se saisir d'une bobine de fil et choisir entre deux couleurs, j'étais au bord de la crise de nerfs. Et puis parfois la caméra s'arrête trois heures sur une paire de babouches, une table, un lit surpris dans l'embrasure de la porte. C'est très long, ça n'en finit pas de ne pas finir, c'est terriblement répétitif, ça dure DEUX HEURES !!! Et pourtant ce film me fait de l'oeil depuis des mois. Je l'avais raté à Mâcon puis à Annonay... j'étais heureuse de pouvoir enfin mettre la main dessus. Erreur.

Pour une fois je suis d'accord avec Libé : "A l’image de ce plan sur une main cousant qui revient sans cesse, toujours le même, le film pèche par la pauvreté de sa mise en scène, faite de gros plans répétitifs sur les visages toujours plus contrits de ses personnages".

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APACHES de Romain Quirot °

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Avec Alice Isaaz, Niels Schneider, Artus, Rod Paradot, Bruno Lochet, Emilie Gavois-Kahn, Dominique Pinon, Rossy de Palma

Ces apaches répondent aux doux noms de Jésus, Ours, Gueule de bois, Ferraille ou Polly et font trembler le tout Paris des années 1900 sur fond de Tour Eiffel flambant neuve. Après une enfance perdue et 15 ans de prison, Billie revient pour venger la mort de son frère Ficelle tué par (la faute de) Jésus. Mais comme Jésus a le charisme de Niels Schneider, Billie va mettre du temps avant de se décider à exécuter sa vengeance. Elle va faire partie du groupe, éliminer les uns après les autres tous ceux qui sont de près ou de loin responsables de la mort de Ficelle et... ON S'EN FOUT.

Pourtant en voyant la bande-annonce que j'ai trouvée réussie je me suis dit : "on dirait Gangs of New York à la capitale". J'ai dû mal voir. L'énergie de la BA ne se retrouve jamais. C'est mou et le réalisateur semble avoir tout misé sur les costumes et les décors. Les dialogues et la voix off sont d'une pauvreté abyssales et la partie la plus intéressante est la première, chapitrée Les enfants perdus et on aimerait en savoir plus sur ce qui a conduit cette bande de tueurs violents à devenir ces chiens perdus sans collier. ça n'intéresse pas Romain Quirot qui fait d'eux des tueurs mais pas des révoltés. Et je ne dis rien de l'absurdité de sonoriser le film avec quelques chansons décalées, Avec les filles je ne sais pas de Philipe Lavil, une autre (j'ai oublié laquelle) de Johnny Hallyday. Cela aurait un peu de sens si des chansons parcouraient tout le film mais non, ces rares là sont parachutées sans justification ni énergie encore. Et que dire de la scène dégueulasse où le gang exécute des innocents lors d'une séance photos à l'exposition universelle ? Rien.

J'ai failli sortir de la salle mais le film dure 1 h 35 mn, c'est raisonnable mais ça paraît quand même bien long.

Dommage parce qu'Alice Isaaz, Niels Schneider et Artus semblent y croire eux.

Complètement raté.

Commentaires

  • Pourtant, j'addooorrreeee les sushis... et Haruki Murakami aussi ! ;-) (pas lu celui-là par contre)

  • Je connais ton goût pour le Haruki. Je ne peux dire si la transposition du plat te plairait.

  • Ah mince pour "le bleu du caftan" ; je n'avais lu que de bonnes critiques et j'avais envie d'y aller. Tu me refroidis là ..

  • Je sais que ce film plaît. Moi j'étais au bord de l'asphyxie.
    Vois d'autres avis de confiance.

  • Tu connais mon avis sur "Le bleu du caftan". Même si c'est (presque) un huis-clos, je l'ai aimé davantage que toi. Lubna Azabal et ses deux partenaires m'ont pleinement convaincu et je trouve que c'est un beau film d'amour, sensuel et pudique à la fois.

    Je n'avais pas entendu parler du film d'animation, mais ça ne me tente guère. "Les Apaches" m'attirait davantage, mais je n'ai lu que des chroniques négatives... qui ont douché mon début d'enthousiasme.

  • Oui pour le bleu moi je me suis sentie étouffer dans ce film. Rare sensation au cinéma.

    L'animation franchement m'a semblé un peu compliquée pour aboutir à rien.

    Les apaches m'ont bien déçue. La BA m'avait emballée. Il y a des scènes vraiment nulles. A un moment Billie (Alice) transperce la main de Dominique Pinon, sans raison... et ça passe tranquille. Alors qu'il faut pas les chauffer les gars d'habitude. Là c'est : pourquoi t'as fait ça et on passe à autre chose. A un autre moment Billie est pendue et avec une main elle tranche sa corde. Etc etc... et la pauvreté des dialogues fait peine à entendre.

  • Bande annonce Apaches me tentait. Les retours autour de moi moins.
    Je comprends ta réticence sur le bleu du caftan, mais je trouve que ce huis clos va bien à cette situation même si helas on profite peu des paysages du Maroc. Mais cette jolie scène de danse devant la fenêtre offre cette bouffée salutaire.

  • Je confirme ma grosse déception pour Apaches et encore plus pour l'atmosphère irrespirable du bleu. C'était insupportable pour moi. La fenêtre ouverte : quel bonheur !

  • Tu n'es pas la première à dire du mal de ces "Apaches". Comment saboter un sujet en or pour le cinéma. Restons-en à "Casque d'or", ça vaudra mieux.
    Confondre "mollesse et délicatesse", je la retiens celle-ci. Bien trouvé.

  • Bon c'était peut-être un peu plus rock que Casque d'or mais le parti pris de modernité est raté.

    Tu vois ce que je dire ? Des gestes LEEEEENTS qui veulent dire : attention regardez comme c'est tout joli et délicat...

  • Je n'avais pas aimé le premier essai de Romain Quirot, je me suis épargnée le second.
    En revanche même si je comprends à 100% ton ressenti sur le bleu du caftan, j'ai quand même une affection pour ses personnages et ce qu'il raconte. Je l'ai trouvé souvent inconfortable c'est indéniable et je regrette aussi de n'avoir pas vu la mer, mais c'est l'univers étriqué de ces personnages :(

  • J'avais bien aimé le premier je crois mais je n'avais pas fait le rapprochement. J'ai dû chercher en te lisant pour voir quel était ce premier :-)
    Je dirais presque que ce deuxième est à éviter.

    Je ne suis pas surprise que tu aies apprécié Le bleu du caftan mais ça tourne en rond autour de l'agonie et ça m'a étouffée.

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