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STELLA, UNE VIE ALLEMANDE

de Kilian Riedhof ***

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Être juive et allemande à Berlin en 1940 est le cas de Stella Goldschlag qui a, dans son malheur, le léger et éphémère avantage d'avoir l'apparence d'une pure aryenne : blonde aux yeux bleus.

Le film s'inspire de ce personnage qui a réellement existé et qui donne très envie d'en savoir davantage sur ce cas très particulier. Il semble que le réalisateur, sans lui trouver réellement de circonstances atténuantes ne cherche pas à l'accabler. Son histoire et son personnage sont très dérangeants puisque cette jeune femme aurait été responsable de l'arrestation et de l'extermination de 600 à 3 000 juifs.

Elle a à peine vingt ans au début de la guerre et elle ne pense qu'à chanter du jazz avec le groupe de musiciens qu'elle forme avec quelques amis et celui qui deviendra brièvement son mari. Le film s'ouvre d'ailleurs sur une séquence chantée digne des meilleures comédies musicales qui donne envie de danser. Ce ne sera que provisoire et la suite de l'histoire ne provoquera plus aucune envie de se trémousser sauf d'inconfort. Et le sort de Stella souvent le jouet des hommes qui l'exploitent, l'abusent et la torturent m'a fait penser à celui de Rachel Stein, le personnage fictif de l'excellent Black book de Paul Verhoeven. Un calvaire qui semble ne pas avoir de fin.

J'ai trouvé la majeure partie de ce film suffoquant. Peu de répit est accordé au spectateur qui suit le parcours de Stella. Au départ elle ne se préoccupe ni de la guerre ni du sort des juifs qu'elle estime trop pleurnichards. Mais rapidement comme tous les juifs de l'époque, elle se retrouve ainsi que ses parents adorés à travailler durement dans une usine d'armement. On est loin du glamour du début. Et après avoir réussi à échapper à une rafle, la famille réussit à se cacher. Stella est impliquée dans un trafic de faux papiers. Elle est finalement arrêtée et torturée dans une scène interminable et insupportable où deux hommes prennent un plaisir évident à la martyriser. Si elle connaissait ce qu'on lui demande, je ne vois pas comment et qui pourrait résister à ce qu'elle subit. C'est d'ailleurs ce que le film interroge pendant deux heures : qu'aurions-nous fait à sa place ? Stella choisit sous la contrainte et la torture de collaborer avec le régime nazi. Elle devient informatrice pour la Gestapo, ce qui devrait la protéger elle et les siens du camp de concentration. Son rôle consiste à traquer les juifs dans la rue et à obtenir des informations pour découvrir où se cachent certains. L'un des aspects discutable de sa personnalité est qu'elle a continué ses activités au-delà de "l'arrangement" et le film montre qu'elle y prenait peut-être un certain plaisir.

En tout cas, ce "monstre" au visage angélique, au physique gracile est porté à bout de bras par une actrice étonnante. De quasi tous les plans, ce rôle a dû être pour elle exténuant. Paula Beer et son regard bleu intense fatigué est magnifique. Elle est effrayante, opaque, désarmante. Elle exprime la terreur de façon incroyable et reste une énigme même si l'on comprend que survivre, échapper à la barbarie lui ait fait perdre tout sens moral, son âme peut-être...

Coupable ou victime, coupable ET victime.

Commentaires

  • Le film a le grand mérite d'éviter tout manichéisme, sur un aspect complexe d'un pan de l'histoire qu'on pense très bien connaître.

    La réalisation ne m'a pas enthousiasmé, mais la prestation de Paula Beer est éblouissante.

  • Ce personnage m'était totalement inconnu.
    Rien de particulier sur la réalisation mais j'ai apprécié qu'il n'y ait pas cet aspect vert de gris des films qui évoquent cette époque. Il y a au contraire souvent du soleil.
    Paula Beer est éblouissante oui.

  • Je ne sais pas quand je pourrai retourner au cinéma, mais j'espère que ce film passera encore. J'ai vraiment envie de le voir, entre autres pour l'actrice.

  • Pénible cet arrêt forcé.
    Le film est TRÈS dur, l'actrice surprenante.

  • En revanche, je n'ai pas mis stella dans ma liste des films à voir. Peut être à cause du sujet. La BA ne m'attirait pas.

  • J'aime toujours en savoir sur cette époque d'autant plus quand c'est du point de vue allemand.

  • Je trouve dommageable que le film mente sur certains aspects de sa vie, notamment elle se prostituait et trafiquait les papiers dès 1939 et non pas par accident ou nécessité après 1940... Des détails qui n'en sont pas dans des destins aussi complexe...

  • Le trafic de papiers et la prostitution (même si on voit qu'elle n'est pas farouche avec les garçons) n'impliquent pas forcément de devenir nazie mais prouve qu'elle tentait tout pour s'en sortir, alors que ses parents étaient très passifs.
    Il est clair que le réalisateur la présente comme une victime des circonstances pendant les deux tiers du film et brusque revirement lorsqu'elle semble prendre plaisir à ce qu'elle fait.

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