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LA BÊTE

de Bertrand Bonnello ***

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Avec Léa Seydoux, Georges MacKay

Si les émotions humaines devenaient une menace, l'intelligence artificielle se chargerait de nous remettre dans le droit chemin en purifiant notre ADN.

Après quelques réticences, Gabrielle accepte de plonger dans un bain étrange et de se reconnecter à ses vies antérieures où chaque fois elle rencontre, croise ou retrouve Louis, l'homme qu'elle aime, qu'elle a aimé ou qu'elle voudrait aimer. Mais sa vie et ses relations sont assombries par le pressentiment tenace d'une catastrophe imminente.

C'est avec une certaine appréhension que je suis allée voir ce film tant les films de Bertrand Bonello m'avaient jusqu'ici plutôt déplu en me laissant chaque fois sur le bord du chemin sans que je comprenne absolument rien à ce que je venais de voir (excepté Saint Laurent évidemment). Je mentirais en prétendant que ce film est d'une limpidité exemplaire mais je n'ai pas été déçue par le couple incandescent formé par Léa Seydoux et George MacKay qui m'a incité à me déplacer. Il faut reconnaître que le duo qu'il forme est superbement harmonieux et que je n'attendais qu'une chose : qu'ils tombent enfin dans les bras l'un de l'autre, ce qui ne cesse d'être retardé et lorsque cela arrive enfin, la réalité n'est peut-être en fait qu'une chimère, une hallucination, un désir violent non assouvi.

Ne comptez pas sur moi pour vous donner les clés de ce labyrinthe mental qui parcourt plus d'un siècle. C'est l'histoire d'un amour qui traverse le temps me semble être le bref résumé le plus proche de la réalité.

En 1910, Gabrielle est mariée et croise Louis qui ne la quitte pas des yeux lors d'une soirée mondaine où ils se reniflent et se murmurent des banalités à l'oreille. Sans se toucher on sait que tout leur corps vibre et s'enflamme intérieurement de la présence de l'autre. L'épisode est élégant, raffiné jusque dans le froufrou des robes mais un peu trop long. Jusqu'à une scène d'incendie et de noyade, les plus belles du film. Est-ce que l'incendie est la catastrophe attendue ? Ou la grande inondation de cette année là à Paris ? En 2014, Gabrielle cherche à travailler dans le cinéma, tourne des pubs et garde une maison cossue à Hollywood pour gagner de l'argent. Elle croise Louis sans savoir qu'il est un psychopathe qui a développé une haine immense des femmes qui d'après lui le rejettent. En 2044, il faut avoir perdu toute émotion pour trouver un travail. Les retrouvailles avec Louis aboutissent à un cri.

Enfin je crois. Je n'ai pas tout compris mais cela ne m'a pas dérangée, je me suis laissé emporter, bercer parfois et surprendre souvent. Et je suis d'accord avec le critique de Télérama : "Il faut se faire attraper, accepter la morsure, laisser agir le venin. Et le film alien peut devenir un ami".

Léa Seydoux est sublime et son visage diaphane s'accorde à toutes les époques comme sa voix et sa maîtrise de l'anglais londonien ou hollywoodien. Elle est de tous les plans, fascinante. Et George MacKay élégant, mystérieux, effrayant s'adapte également avec facilité aux époques et aux mystères de son personnage énigmatique. Deux très beaux acteurs. Les autres font office d'accessoires.

La fin est... waooooh !!!

Je vous recommande de ne pas éteindre votre portable pendant le film ou de le rallumer un peu avant la fin. Je n'étais pas prévenue et n'ai donc pu flasher le QR code que le réalisateur propose en guise de générique.

Commentaires

  • Oui, je ne t'y enverrais pas :-)

  • Plutôt d'accord avec toi... J'ai flashé le QR Code grande déception, sorte de lien symbolique du merchandising, aussi inepte qu'inutile finalement, j'aurais aimé une conclusion plus métaphysique ou onirique... mais le film désarçonne et c'est déjà une expérience en soi

  • La fin n'est ni métaphysique ni onirique mais elle m'a mise KO.
    Je ne regrette pas le QR code alors.

  • Oui ça te plairait.
    Trop long, inégal mais des scènes grandioses et deux acteurs de rêve.

  • Je suis toujours contente de donner envie.
    Mais attention ce film peut être clivant.

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