09.12.2007

I’m not there de Todd Haynes ****

I'm Not There - Cate Blanchett
I'm Not There - Marcus Carl Franklin

Comment résumer un film aussi unique ? Unique dans le sens littéral du terme : qui est un seul, sans aucun autre du même genre.

6 époques de la vie de Bob Dylan, 6 facettes de l’icône, 6 histoires qui s’entremêlent et dans lesquelles on peut (ou pas… quel intérêt finalement ?) démêler le vrai du faux (les « dylanophiles » s’y retrouveront). Pour en rendre compte, non pas un mais 6 acteurs différents (dont un enfant noir et une femme) et dont aucun ne portera le nom de Bob Dylan, et des chansons encore des chansons dont certaines interprétées par les acteurs eux-mêmes. Un bonheur de fan doublé d’un délice de cinéphile ! Que demander de plus ?

Chaque histoire aurait pu faire l’objet d’un court métrage mais Todd Haynes les imbrique les unes dans les autres, les enchevêtre et bien que rien ne soit linéaire dans ce génial kaléidoscope, on ne s’y perd jamais. Chaque histoire aboutit et nous livre un point de vue sur l’insaisissable troubadour.

Les 6 histoires m’ont passionnée. Un des personnage, poète torturé (interprété par Ben Wishaw) s’appelle Arthur Rimbaud et tente de délivrer les clés de l’écriture poétique de Dylan, un autre (Heath Ledger) évoque les démêlés conjugaux de la star, un autre (Christian Bale) sa crise mystique, un autre encore (Richard Gere) la retraite cachée au seuil de la vieillesse. Mais il est évident que deux d’entre elles dominent de façon indiscutable. Celle interprétée par un petit garçon noir (Marcus Carl Franklin) qui dit s’appeler Woody Guthrie et qui donnera une version à tomber de « Tombstone Blues » à la guitare sous un porche avec deux vieux blues men.

Quant à Cate Blanchett, totalement vampirisée par le personnage, possédée dans les moindres détails, elle disparaît totalement dans le rôle et le personnage, elle est devenue Bob Dylan dans le physique, dans les gestes, dans la voix et son interprétation de « Ballad of a thin man » est d’une intensité remarquable.

Un film extravagant, audacieux et incomparable.

Rester jusqu’à la dernière seconde du générique est indispensable et recommandé car Anthony and the Johnson’s y livre leur version ou plutôt une re-création de « Knockin’ On Heaven’s Door »…

Quel bonheur !