09/10/2011

MA toute minus SEMAINE AU CINEMA

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le skylab de julie delpy,cinéma

MES COUPS DE COEUR DE LA SEMAINE

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06/10/2011

DRIVE de Nicolas Winding Refn **

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Le voilà donc le big grand film qui a révolutionné et bouleversifié Cannes et que j'attends fébrilement depuis des mois ! La déception est à la mesure de l'attente donc. Malgré une réalisation qui mérite sans doute le prix obtenu à Cannes, des idées brillantes de mise en scène à la pelle, ce film souffre quand même d'un handicap pesant : un scenario d'une pauvreté telle qu'il a dû être rédigé sur un coin de table au dos d'une serviette de restaurant (petite la serviette) ! Il reste donc un habile, intéressant et tape-à-l'oeil exercice de style mais pas LE grand film dont on parle. Lorsque James Gray, puisqu'il est parfois cité MDR LOL fait son gros malin il n'en oublie pas non plus de nous raconter une histoire passionnante. Et la cinéphile pas trop fufute exige qu'on lui raconte une histoire avec des personnages qui ne ressemblent pas à des monolythes ou à des caricatures de yin et de yang. Evidemment, je ne cache pas que je me suis précipitée sachant qu'éventuellement Ryan (prends-la-toute-sur-la-banquette-arrière-et-fais-reluire-sa carrosserie !) Gosling prendrait éventuellement une douche. Mais rien de ce côté, le garçon ne quitte jamais son horrible blouson en synthétique brillant style année 70 avec un scorpion de jade dans le dos en guise de totem.

Notre cher Ryan est donc ici un américain moyen de Los Angelès qui, pour payer sa couverture sociale j'imagine, cumule trois petits boulots : cascadeur pour le 7ème art le matin, garagiste l'après midi et chauffeur de truands sur braquages la nuit. Ce garçon ne dort jamais et a pourtant le teint frais et lumineux d'un bambin. Ses patrons l'exploitent un tantinet le jour, mais la nuit il est intraitable, il ne participe pas aux braquages, ne porte pas d'arme mais garantit de conduire la canaille en lieux sûrs en 5 minutes chrono avant de disparaître à tout jamais. Et il le fait le bougre. Et c'est ainsi que le réalisateur nous cueille dès la scène d'ouverture ample, majestueuse et grandiose où au lieu de nous exploser les tympans avec des décibels et des crissements de pneus, il nous la joue tout en douceur. Echapper aux flics ne se fait pas dans les vrombissements et les froissements de tôle mais en silence et en douceur, parfois tous feux éteints. Une véritable partie de cache cache de haute volée. Et là, le film démarre en trombe et frôle la perfection avec ***** Et puis, patatra, même s'il atteindra de nouveau des sommets dans une scène d'ascenseur foudroyante, fulgurante, au ralenti, d'une douceur inouïe où la violence se déchaînera finalement...

Le film ne cesse d'amorcer des virages mais les négocie étrangement en délaissant le pauvre spectateur qui prévoit exactement ce qui va se passer la scène suivante. Hélas ce n'est pas ce que j'attends du cinéma. Donc, notre garçon sans nom est tout ce qu'il y a de plus énigmatique, silencieux (jamais plus de 10 mots à la suite) mâchouillant un cure-dent et solitaire. Le genre que quand il dit "on s'est bien compris ?", on moufte pas ! Dans l'ascenseur... il va croiser sa jolie voisine équipée d'un garçonnet aussi fade qu'inexistant mais au rôle déterminant. Sa façon de draguer est tout aussi ténébreuse que le reste de sa personnalité, un sourire I.R.R.E.S.I.S.T.I.B.L.E.

et c'est in the pocket. La mère de famille irréprochable (Carey il me les faut tous Muligan, son sourire, sa fossette, ses yeux embués...) se met à tanguer dangereusement. Mais la belle a un gros boulet : un mari emprisonné qui sort de prison. Et notre homme sans nom, déjà très proche de la dame et du moutard qu'il emmène faire des tours en bagnole, ça les ravit... se toque de protéger aussi le mari !!! Ce garçon est une énigme je vous dis ! Mais ça se corse. En prison, le légitime a fait des connaissances pas choupinettes qui le harcèlent, lui cassent la tête et lui réclament plein de sous en petites coupures s'il vous plaît.

C'est là que notre Ryan, impliqué jusqu'au fond du coeur qui saigne (le petit Benicio lui rappellerait-il une enfance malheureuse ???) se met à se sentir concerné jusqu'à l'os et fait sortir la bête qui sommeillait en lui. Ce que ce type peut faire avec un marteau et le talon de sa chaussure est proprement exceptionnel !

Alors pour Ryan (impeccable), quelques scènes qui font sortir d'une torpeur et du trip arty show ambiant et pour remercier encore et toujours Nicolas Winding Refn de faire faire de drôles de choses à de très beaux et très doux garçons... (Mads, Tom, Ryan... et prochainement Keanu, et Ryan encore), allez-y. Mais vous êtes prévenus, ça gicle un peu sur la fin.