19.06.2009

Tellement proches d’Eric Toledano et Olivier Nakache **

 Omar Sy, Vincent Elbaz, Eric Toledano, Olivier Nakache dans Tellement proches (Photo) Max Clavelly, Vincent Elbaz, Eric Toledano, Olivier Nakache dans Tellement proches (Photo)

Comme souvent Alain et Nathalie, mariés, parents de Lucien, petit garçon « ingérable » et d’un bébé Prosper (qui ne le restera pas longtemps J), doivent passer la soirée chez Jean-Pierre le frère de Nathalie qui est lui aussi marié et père de deux petites filles modèles. Seront également de la fête, une autre sœur, Roxane qui vient de se jeter littéralement dans les bras de Bruno, bel interne en médecine. Comme chaque fois Alain traîne les pieds car il sait exactement comment la soirée va se dérouler. Et effectivement rien ne manque : les conseils de la belle-sœur pour élever les enfants, la vidéo de leur mariage, puis des accouchements, la séance « singe savant » où la petite fille qui apprend 5 langues, 5 instruments de musique chante des chansons en allemand devant les yeux extasiés de sa maman etc… Sauf que ce soir là, chacun va aller un peu plus loin que d’habitude, un peu TROP loin et la soirée qui part complètement en sucette aura des conséquences sur la vie de chacun.

Quel dommage que cette comédie qui démarre sur les chapeaux de roue et une insolence certaine en exposant pour mieux les démonter tous les travers et imperfections des familles qui se composent, se recomposent pour mieux se décomposer prenne soudainement un virage à 180° (360°?) pour finir dans de la pure guimauve dégoulinante ! Pourquoi avoir finalement fait de cette famille disparate et discordante le lieu de toutes les réconciliations et l’ultime refuge de la tolérance et du grand pardon ? Pourquoi finir par nous imposer (avec une voix off insistante brusquement mélodramatique) que la famille, les enfants c’est le salut et qu’il n’y a rien de mieux ?

Dommage donc de ne pas être resté un peu plus dans la nuance et d’avoir trop forcé sur le grand écart caricatural entre le début (cette famille est un cauchemar) et la fin (cette famille c’est le paradis) ?

Entre les deux, de bons moments de comédie où l’on rit franchement avec surtout de savoureux dialogues, mais aussi des situations qui ressemblent à du vécu à propos des soirées ennuyeuses à périr, des donneurs de leçons, des clichés… Et en tête de la distribution Vincent Elbaz, toujours charmant qui donne constamment cette impression de se promener dans un film aussi naturellement que dans la vie, roi de la comédie mais aussi capable de belles émotions ; Omar Sy, meilleur et surprenant de film en film, très à l’aise dans la comédie, dans le charme mais aussi dans la colère (un acteur en somme !) ; et Audrey Dana, vraiment tordante dans un rôle excessif mais parfaitement maîtrisé de mère et épouse abusives qui devient « ultra-sémite » plus par ennui et opportunisme que convictions.

Une demi réussite, une demi déception avec quand même du plaisir à l’intérieur !