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françois ozon

  • Ricky de François Ozon **

    Ricky - Arthur PeyretRicky - Sergi Lopez, Alexandra Lamy, Mélusine Mayance et Arthur Peyret

    Katie et Paco sont ouvriers à la chaîne, leurs regards se croisent, s’ensuivent une étreinte fugace dans les toilettes de l’usine et la décision de vivre ensemble. Paco s’installe chez Katie, sous le regard désapprobateur de sa fille Lisa, 6 ans née d’une autre liaison sans lendemain. Un autre bébé naîtra bientôt et sera affublé du prénom de Ricky, ce qui ne sera pas la moindre et la seule étrangeté de l’enfant.

    On ne peut reprocher aux médias d’avoir révélé le pouvoir insolite (et qui restera inexpliqué… quoique…) de Ricky, la bande-annonce du film elle-même s’en chargeait. Et c’est dommage. Car l’intervention du merveilleux dans la réalité et le quotidien assez minables de Katie qui peine à s’en sortir dans une banlieue pas rose aurait été la première surprise de ce film multiple.

    Ça commence, fait nouveau chez François Ozon, dans une HLM sinistre où une mère de famille seule, déprimée et dépassée confie sa détresse à une assistante sociale. La romance entre Katie et Paco, si elle reste bien ancrée dans un quotidien difficile, apporte du baume au cœur. Puis la femme amoureuse se transforme en mère louve qui développe une admiration et un amour immodérés et jaloux pour cet enfant différent. Elle le protège contre tout et tous et même contre son père dont elle se séparera, le soupçonnant d’avoir battu Ricky.

    On est conquis par cette fable délicieuse qui flirte parfois avec le divin parce que Ozon parvient à y véhiculer la douleur, la joie, l’amour, à nous faire rire et à nous émouvoir. On peut dire qu’il est bien aidé par Alexandra Lamy qui trouve enfin un rôle où elle est vraiment formidable. Il faut également préciser qu’on a jamais vu bébé plus drôle et expressif au cinéma. Mais c’est surtout la petite Mélusine Mayance qui interprète la sœur de Ricky, qui est le vrai miracle de ce film. C’est la petite fille la plus attachante, la plus triste, la plus extraordinaire rarement vue au cinéma. Son regard profond et fatigué distille une intense et troublante émotion teintée d’inquiétude qui laisse supposer à tout moment que le film pourrait basculer dans la folie…

    Hélas, François Ozon rate complètement sa fin, d’abord en insérant une scène très longue, très insistante et totalement gratuite où Alexandre Lamy joue au concours de la starlette en tee-shirt mouillé. On peut donc prendre le temps de s’éterniser sans aucune justification scénaristique sur les seins, les fesses, les looooongues jambes parfaites de l’actrice ! Ensuite en bâclant complètement une tentative d’explication à propos de la « différence » de Ricky… Dommage !