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halle berry

  • CLOUD ATLAS de Lana Wachowski, Tom Tikwer, Andy Wachowski ****

    Cloud Atlas : affiche

    Adam Ewing jeune homme de loi en 1849 traverse le Pacifique sur un voilier. Alors que son esprit et son corps sont attaqués par un étrange parasite, il devient l'ami d'un esclave clandestin. En 1931 à Edimbourg le jeune compositeur Frobisher écrit à son amant Sixsmith et lui raconte comment il travaille avec un vieux compositeur invalide qui veut s'emparer de son oeuvre. Il découvre les écrits d'Ewing. En 1975 en Californie, une journaliste Luisa Rey qui enquête sur la construction d'une centrale nucléaire rencontre Siksmith, vieux scientifique qui cache un secret. Il meurt assassiné et Luisa découvre les lettres qu'il a reçues de Frobisher. En 2012, l'éditeur Cavendish fuit la famille d'un de ses clients, un gangster qui a balancé un critique du haut d'un balcon. Il lit le livre écrit par Luisa. Dans un futur imaginaire en Corée des jeunes femmes sans âme ni conscience sont utilisées pour être serveuses dans un fast-food. L'une d'elles Sonmi-451 se révolte en découvrant un film, "L'épouvantable Calvaire de Timothy Cavendish". En prenant conscience qu'elle est une esclave et de quelle façon elle et ses semblables sont nourries, elle va déclencher une rébellion. Dans un futur post-apocalyptique, le vieux Zachry raconte comment depuis sa jeunesse il doit survivre à des hordes barbares... Et ce n'est pas tout, et plus encore !

    Quel rapport les personnages ont-ils les uns avec les autres ? Comment les histoires s'imbriquent-elles les unes dans les autres ? Comment cette "cartographie des nuages" peut-elle toucher en plein coeur, ravir les yeux, les oreilles ? C'est la magie, celle du cinéma, de trois réalisateurs déments qui proposent, osent et nous offrent, cinéphiles chanceux, à travers cinq siècles, une profusion d'images, de sens, de non sens, d'évidences et de "trucs" abracadabrantesques. On ne comprend pas tout, pas tout le temps en tout cas ? Le récit n'est jamais linéaire, ce serait trop simple. Et alors ? C'est du plaisir, à l'état pur, brut. 2 h 45 à travers les siècles à guetter une comète tatouée... et à soupirer d'aise de passer, revenir, repartir d'un personnage à l'autre, et les quitter à regret au bout de ces 2 h 45 exténuantes, enthousiasmantes.

    Alors que Terrence Malick nous assène sentencieusement que l'amour nous aime... les Wachowski/Tikwer nous embarquent dans un délire ludique, drôle et dramatique pour creuser une seule idée simple que les destins sont intimement liés les uns aux autres, qu'il n'y a pas de hasard, que la réincarnation existe, que l'effet papillon se répand à travers les âges, mais au fond, j'ai surtout entendu ceci : le cinéma nous aime. Et ici, il y est tout entier, dans un blockbuster follement ambitieux, hors du commun, unique, novateur, inédit, narré comme une symphonie qui s'écrit peu à peu  ! Tout comme il n'a jamais été vu jusqu'ici que tous les acteurs interprètent 4, 5 ou 6 personnages différents. Les grincheux trouveront sans doute ridicule d'à peine pouvoir les reconnaître sous leurs postiches et latex. C'est au contraire amusant et incroyablement original de voir qu'une asiatique se transforme en américaine rousse, une noire en blanche, un américain en coréen... Les acteurs ont dû s'amuser comme des fous. Nous aussi. Et s'émouvoir aussi, car trois histoires d'amour dont une homosexuelle (aaaaaah Ben-je t'aime d'amour-Wishaw !!!) feront fondre les coeurs d'artichaut. Quant au "parler" post-apocalypse, brillant, imagé, fleuri, pittoresque, il est un régal absolu.

    Voir Cloud Atlas pour la surprise, le revoir pour le plaisir !