25.10.2007
Secret Sunshine de Lee Chang-Dong ***

Shinae décidée à se construire une nouvelle vie, quitte Séoul avec son petit garçon de 7 ans Jun pour s’installer dans la ville où son mari (mort dans un accident de voiture) était né. Elle donne des cours de piano, sympathise avec Jong-Chan le patron du garage et commence à se faire de nouvelles amies. Très rapidement, son fils est enlevé et assassiné. Dévastée par ce nouveau deuil mais, incapable de verser la moindre larme le jour de l’enterrement, Shinae est rejetée par sa famille. Elle doit affronter seule cette nouvelle tragédie.
Il est difficile de raconter autrement l’histoire de Shinae et j’imagine qu’au premier abord elle a vraiment de quoi faire fuir. Mais le réalisateur coréen évite le mélo tire larmes même s’il est évident qu’on a rarement été si loin dans l’autopsie du chagrin et que rarement un réalisateur aura creusé aussi profond la douleur, la souffrance et les tourments d’un personnage et d’une actrice. Récompensée d’un prix d’interprétation à Cannes, l’actrice Jeon Do-Yeon est étonnante, omniprésente à l’écran on n’imagine pas où elle est allée puiser ces ressources pour interpréter le désespoir et l’isolement.
Shinae va rapidement trouver du réconfort auprès de religieux fanatiques qui exorcisent le chagrin par la prière. Une embellie de courte durée pour Shinae qui, lors d’une scène admirable, décide de rencontrer et pardonner l’assassin de son petit garçon. En prison, elle va trouver un homme apaisé (illuminé) qui lui aussi a rencontré Dieu et le pardon !!! Ecoeurée que Dieu ait pardonné le monstre avant elle, elle va rejeter sa nouvelle communauté pour sombrer encore plus profondément dans une sorte de lent suicide. Pourtant elle n’est pas seule, Jong-Chan la suit partout, la couve, la relève sans cesse. Il est son ange gardien qu’elle ne cessera d’ignorer et de rejeter. L’acteur Song Kang-Ho (star en son pays) est la véritable bouffée d’air pur infatigable, le secret ensoleillement parfois cocasse de ce film sombre qui pose cette question : y’a-t-il des chagrins dont on ne se console jamais ?
La réponse est oui, évidemment.
07:25 Publié dans 3 *** NECESSAIRE | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : secret sunshine - cinéma
