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BROKEN de Rufus Norris *** - DAVID ET MADAME HANSEN de Alexandre Astier ** - DARK HORSE de Todd Solondz **

Il me reste peu de temps pour vous parler des films que j'ai vus et qui valent le détour. Je vous propose donc un bref aperçu de ce que j'en ai pensé.

Portez-vous bien en mon absence car si pour vous l'été et les bienfaisantes vacances ne sont plus qu'un souvenir, pour moi, ils ne font que commencer... ENFIN !

Soyez sages, allez au cinéma et ne lâchez rien !

BROKEN de Rufus Norris ***

Broken : photo Eloïse Laurence, Tim Roth

Les menaces grondent de toute part autour de Skunk, pré-ado de 11 ans ! Elle n'est guère rassurée par son frère aîné qui lui assure que son entrée en sixième sera un cauchemar. Et brusquement dans cette période transitoire, même son quartier semble devenir hostile. Son voisin Rick, un peu fêlé du bocal mais inoffensif se fait tabasser par un autre voisin tout récemment veuf et père de trois filles qu'il tente de protéger. Bizarrement, c'est Rick que la police vient arrêter. Il faut dire que les trois pestes délurées et perturbées par la mort de leur maman sans doute, passent leur temps à racketer leurs camarades d'école, à les rosser à la sortie de classe ou à accuser les hommes qu'elles rencontrent de les avoir violées. Un garçon de passage et un tout nouveau prof (Cillian Murphy...) offriront à Skunk ses premiers émois amoureux. Le diabète de type I qu'elle combat depuis la naissance lui causera quelques tracas...

Malgré les catastrophes en cascade qui s'abattent sur Skunk, son entourage, son quartier... il serait dommage de passer à côté de ce (premier) film pas vraiment réjouissant mais étrange et attirant. La première scène où un bébé très agité dans une couveuse est apaisé par la main de son papa qui se pose sur son front donne néanmoins le ton et l'on comprend qu'il y aura beaucoup d'amour dans cette histoire. Et puis par la grâce d'une petite actrice d'une dizaine d'années, rayonnante, craquante, au sourire irrésistible, gloire à Eloïse Laurence (...) et à un acteur immense (par le talent) ici paternalissime et d'une douceur incroyable, Tim Roth, le film devient fort et attachant.

DAVID ET MADAME HANSEN de Alexandre Astier **

David et Madame Hansen : photo Alexandre Astier, Isabelle AdjaniDavid et Madame Hansen : photo Alexandre Astier, Isabelle Adjani

Madame Hansen-Bergmann souffre d'une amnésie intermittente suite à un violent traumatisme (que nous découvrirons beaucoup plus tard). Elle est placée dans une clinique suisse très chic. Le protocole de soins prévoit qu'elle puisse sortir parfois accompagnée d'un membre de l'équipe soignante et avec un programme précis. Tout nouvel ergothérapeute dans cette clinique et pas vraiment à cheval sur le règlement, David finit par céder aux pressions de sa patiente qui s'ennuie pour détourner un peu le protocole.

C'est le propre des personnes entreprenantes et audacieuses de s'aventurer là où on ne les attend pas. Alexandre Astier, artiste multi-cartes et multi-fonctions, devant, derrière la caméra et au pupitre de la très jolie partition musicale est de cette trempe. Et son film bénéficie et souffre de son trop plein d'énergie, de talent et d'imagination. Du côté des "moins", je placerai le dernier quart d'heure qui vire hélas à la psychologie de bazar et offre une (presque) résolution miraculeuse des problèmes. Par ailleurs, ne pas connaître le traumatisme de Madame Hansen n'aurait nui en rien à l'entreprise. Et même si on lui souhaite évidemment d'aller mieux, que ses progrès surgissent par l'agilité d'un ergothérapeute qui justement ne paraissait pas très doué n'est pas très crédible.

Par contre, on ne remerciera jamais assez Alexandre Astier (excellent acteur, bougon, boudeur et drôle) d'avoir choisi Isabelle Adjani pour être sa madame Hansen. La star s'est totalement fondue dans l'univers et le langage abrupt du réalisateur. Elle est drôle, déconcertante, brutale, hautaine, méprisante. Elle manie l'insulte avec brio. Et on la retrouve telle qu'on l'aime, capable de brisures soudaines. D'une fragilité incroyable et envahie soudain d'une détresse déchirante (qu'hélas Alexandre Astier explique un peu maladroitement) Isabelle Adjani est semblable à la "Elle" de l'Eté meurtrier (30 ans déjà !) où elle pouvait passer de façon étonnante voire inquiétante de la joie à une tristesse inconsolable !

Les fans d'Astier et d'Adjani peuvent être aux anges ! Ils sont à leur meilleur.

DARK HORSE de Todd Solondz **

Dark Horse : photoDark Horse : photoAbe,

Abe est gros, paresseux, pas bien malin et pas bien sympathique. Il a la chance de travailler dans l'agence de son père, agent immobilier. Mais son incompétence égale sa fainéantise. Il rencontre Miranda, malade et déprimée qui vit aussi chez ses parents. Elle n'a aucune attirance pour Abe mais accepte quand même de l'épouser.

Pas grand chose à dire de ce film un tantinet soporifique dans lequel il est bien difficile d'éprouver de l'empathie pour son héros, alors qu'il aurait dû (normalement) provoquer beaucoup de compassion compte tenu de la façon dont il est traité par son entourage. Je ne sais à quoi cela tient. A l'acteur sans doute ou au personnage pas bien intéressants.

Mais il y a dans ce film un Acteur grandiose et qui explose l'utilisation de tous les superlatifs dont je suis capable tellement il est merveilleux. Hélas comme il se fout de ses fans inconditionnelles et de sa carrière en pointillés, il n'apparaît jamais que dans des seconds rôles, qu'il rend géniaux certes mais qui sont insuffisants à combler le manque. Son dernier GRAND rôle il le tenait auprès de Leo dans Attrape-moi si tu peux. Mais où est le Ray de Nos Funérailles, le Nicolas de The Deer Hunter, le Capitaine Koons de Pulp Fiction, le Nathan de La porte du Paradis... sans oublier Dead Zone, Milagro, Le Prince de New-York... Ce qui fait quand même quelques chefs-d'oeuvre à son actif, je suis d'accord.

Quant à Todd Solondz, il semble s'être endormi sur ses lauriers. Il ne dérange pas, peut-être parce qu'il n'est pas ici question de pédophilie. Mais pour savourer cet artiste à sa juste valeur, mieux vaut découvrir ou redécouvrir les fabuleux et étonnants Palindromes et Life during wartime.

Commentaires

  • Bonnes vacances !

  • Ahhhhhh Pascale, quel bonheur ! Non pas que tu t'barres en congés alors que tout le monde reprend le taf, mais pour l'évocation des 2 grands messieurs plus haut. Intouchables !

    Tim c'est un roc, je n'm'en fais pas pour lui, il a tout compris à tout. Tout est juste et pro chez lui.

    Et l'ovni là, le Christopher, mieux vaut ne pas pleurer sur son passé. Il a fait ce qu'il a eu envie de faire et il va continuer. Il est immense justement parce qu'il est singulier(et jusque dans la gestion de sa pseudo-carrière).
    Tu oublies d'autres seconds rôles cultes : ceux de Sleepy Hollow, The Addiction et True Romance.
    Et puis des premiers comme ceux dans New Rose Hotel et At close range.

    Walken est l'acteur-artiste par excellence ......... il me manque déjà !

  • Bon voyage ! je ne te demande pas où tu vas, çà doit être la même chose que d'habitude. A bientôt pour le récit de tes aventures.

  • Grégoire : grazie.

    Lalalère : oui je n'ai pas tout cité. Même sans tête Chris est extraordinaire.
    Tim Roth a parfois tendance à se Alpaciniser dans son jeu, mais il va se ressaisir, j'ai confiance quand je vois son interprétation ici.

    Aifelle : Si :-)

  • Tu penses sûrement à lui dans Lie to mie non ? Là c'est vrai il en fait des tonnes, mais c'est sciemment et cela donne du punch à la série (et il en faut !).
    Il possède une énergie rare, ça peut faire penser à du too much parfois.

  • Quelle bonne nouvelle de voir que tu as repris tes esprits après tes errements critiques autour du TRÈS beau film de Joachim Lafosse ! Je suis donc totalement d'accord avec toi au sujet de BROKEN, un magnifique et poignant premier film inexplicablement massacré par la critique.
    Éclate-toi à La Mostra !!!

  • J'ai cru comprendre qu'avant de se tourner vers Isabelle Adjani, Alexandre Astier avait prévu de faire appel à... Alain Delon. Lequel l'aurait planté au tout dernier moment.

    Il m'intrigue, ce film. Je pense que je vais aller le voir pour être fixé.

  • C'est nous qui sommes broken que tu t'en ailles !
    Bon, je vais faire un effort avec la rentrée et le temps pourri et repartir au ciné.
    Ciao bella !

  • T'as emporté ton p'tit PC ma mie ?
    Tu nous fais des compte-rendus ?
    Hein ?

  • Lalalère : Lie to me ? Une série j'imagine !

    Gael : toi qui as un goût si sûr (Holy Motors,A perdre le sens commun etc.), je te recommande vivement le dernier Solveig "The queen of montreuil". J'ai DETESTE. On a même failli sortir mais je voulais entendre ce que les demoiselles avaient à en dire... RIEN ! J'ai eu honte pour elle. Solveig a eu envie de filmer une grue (une vraie, pas Florence) et un phoque ! Florence L-C n'est pas montée dans la grue mais a pris un bain avec le phoque.

    Martin K. : oui je sais, Alain a refusé finalement. Il a un super scenario qui l'attend mais sa conne de secrétaire refuse de lui faire lire!

    Ed : Ciao Dada. Tu sais que notre quartier s'appelle "Cavalli" et notreappart "Palazzo cavalli". On pense à toi tous les jours.

    Fred : non, j'ai pas pris mon ptit PC. C'est couille non ?

  • oui

  • Oui une série. Et c'est bien Lie to "me" et non "mie" (Fred sors de ce corps veux-tu)

    J'en ai vu quelques épisodes seulement, juste pour le Tim qui me ferait mater n'importe nawack.

    Seuls les Mad Men m'auront happé jusqu'au bout, les gredins !

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