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JUSTE LA FIN DU MONDE

de Xavier Dolan

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Avec : Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel

Synopsis : Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

On sait dès la première minute que Louis (Gaspard Ulliel, sublime !) vient annoncer sa mort prochaine à sa famille, enfin du moins qu'il essaiera... donc aucun spoliage ici. D'ailleurs au cours de cette journée, de ce repas très éprouvants, Louis a de plus en plus mauvaise mine, s'isole pour vomir mais personne n'y prête attention. Car ici chacun souffre, plus ou moins bruyamment, et personne ne se préoccupe de l'autre.

 

Alors voilà, il fallait bien que ça arrive... Dolanienne inconditionnelle de la première heure, je suis dans l'incapacité de "noter" ce film. Il s'agirait de n'importe qui d'autre je mettrais sans doute peu d'étoiles, quelques bulles ou l'inverse. Concernant Xavier... ce n'est pas possible. En souvenir de tout ce qu'il m'a procuré comme émotions, comme bonheurs cinématographiques, je ne peux. Sa vibrante déclaration d'amour à sa maman, malgré le titre qui laissait supposer l'inverse J'ai tué ma mère, son hilarante proposition du désespoir amoureux Les amours imaginaires, son surprenant et inattendu hommage hitchcockien Tom à la ferme, son indépassable Laurence Anyways, son prodigieux Mommy font qu'il m'est impossible d'être totalement objective, de jeter un film de Xavier avec l'eau du bain. D'ailleurs, je ne prends que des douches.

 

Mais je suis obligée de reconnaître que j'ai beaucoup soupiré et que j'ai laissé passer quelques jours avant de savoir si le film aurait le fameux effet kiss cool qui modifie la première impression qui est souvent la bonne. Et bien non, le miracle n'a pas eu lieu ! Hélas.

 

J'en conclus, puisque pour la seconde fois après Tom à la ferme (qui n'est pas non plus mon préféré), Xavier Dolan s'inspire de la pièce d'un autre, en l'occurrence Jean-Luc Lagarce, qu'il n'a besoin de personne et qu'il est bien meilleur quand il s'attèle tout seul comme un grand qu'il est au scenario.

 

Ici donc il scrute et désosse au scalpel les relations d'amour/haine qu'entretiennent une fratrie, deux frères, une sœur, et leur mère avec les interventions hésitantes d'une belle-soeur désorientée parachutée au milieu de l'hystérie ambiante. Car ici, personne ne peut s'exprimer sans hurler, sans insulter. Le retour du fils prodigue à qui tout semble réussir puisqu'il est un auteur à succès et qui n'a pas ou peu donné de nouvelles en 12 ans n'est pas accueilli par une ola. Sa jeune sœur qu'il a à peine connue rêve néanmoins de faire sa connaissance mais le frère aîné nourrit à son encontre haine et jalousie.

 

Evidemment, j'ai bien compris qu'il s'agissait là de l'analyse extrême d'une famille incapable de communiquer, de s'entendre au sens premier du terme, de s'écouter, de se comprendre. Engluée dans les non-dits, l'hypocrisie, les doutes, les remords et les reproches. Mais que c'est pénible d'avoir réduit chaque personnage à un seul trait de caractère ! Seule la mère (Nathalie Baye, monstrueusement géniale) a les honneurs d'une approche plus subtile et se montre capable de passer de l'euphorie surjouée à une profondeur touchante, de la gaité à l'émotion. Et puis il y a Louis (Gaspard Ulliel, magnifique, intense) un ange de douceur qui cristallise à lui seul et à sa grande surprise, toute la haine et la violence de la famille. Mais Suzanne la petite sœur (Léa Seydoux, ben Léa Seydoux quoi !) est en colère et fume des pétards à longueur de journée. Elle déteste tout le monde. Le grand frère (Vincent Cassel) est encore plus en colère. Il ne fait que gueuler, dire "on s'en branle" dès que quelqu'un autre que lui parle, s'en prend à tout le monde et n'exprime finalement jamais rien. Il se plaint de ne pas pouvoir parler mais parle tout le temps. Sa femme Catherine (Marion Cotillard, bafouillante jusqu'à l'over dose) est gentille, mais vraiment très très gentille et bafouillante... Et basta. On tourne en rond autour de la caractéristique unique de chacun des personnages avec ce pauvre Louis qui tente parfois de dire ce qu'il a à dire !

 

Au milieu de ce jeu de massacre haineux et violent... quelques scènes où la grâce de Dolan emporte tout. Notamment quand il sature une scène de musique où lorsqu'il laisse Nathalie Baye déverser un long monologue oppressant au cours duquel on a juste envie de lui dire : "mais prends le dans tes bras ton fils, merde !!!" Là enfin l'émotion, trop absente pointe son nez. Et chaque fois que le beau regard fatigué, le sourire triste et usé de Louis/Gaspard Ulliel envahissent l'écran.

 

J'ai trouvé ce film crispant souvent et complètement à côté de la plaque. On ne se parle pas comme ça dans la vraie vie alors qu'on voit bien que tout ici veut faire réaliste.

 

Vivement The Death and Life de John F. Donovan... 

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Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous un court extrait de la critique de Jean-Marc Lalanne des Inrocks, la lumière se fera peut-être dans votre esprit.

"Portrait d'une justesse coupante d'un transfuge social, la solitude afférente, le sentiment de honte qu'induit de façon plus forte que toutes les autres cette différence-là. (...) Moins ornementé que d'autres, comprimé jusqu'à l'asphyxie, Juste la fin du monde est le film le plus rêche de Xavier Dolan".

Commentaires

  • Je regrette pour Gaspard Ulliel que j'aime depuis toujours, mais je n'ai vraiment pas envie de voir ce film là. Et léa ... beuk, elle je ne l'aime toujours pas.

  • Et c'est pas ce film qui te la ferait aimer...

  • Bonjour Pascale, il paraît qu'en effet Gaspard Ulliel est très bien mais pour le reste, on peut s'en dispenser. Dommage. Bonne journée.

  • Bonjour Dasola, y'a du pour et du contre ! Certains sont très emballés voire bouleversés, pas moi. Mais Gaspard est irréprochable

  • Dolan, soit j'adore (Les amours imaginaires, Laurence Anyways - mon préféré à ce jour -, Mommy), soit je déteste (Tom à la ferme). Je crois vraiment que je vais détester également ce dernier, bref je vais faire l'impasse...

  • Je ne sais que te dire. Impossible de detester Xavier, je l'aime d'amour. Il fera mieux la prochaine fois.

  • Merci pour ta chronique. Je pense que, comme Sentinelle, je vais faire l'impasse sur ce Dolan-là. Je n'ai pas spécialement envie de m'enfermer pour découvrir un huis-clos familial et hystérique. Note que je le verrai sans doute un jour ou l'autre, mais plutôt en DVD...

    Dolan met beaucoup de lui dans ses films, mais il a démenti avoir fait de Louis un autre lui-même.

  • Oui un huis clos hystérique et familial c'est tout à fait ça et on peut s'en passer.
    Il n'y a que la musique qui rappelle que c'est du dolan et une replique de Gaspard mais je ne sais plus laquelle :-)

  • crois-le ou non, je suis ENTIEREMENT d'accord avec toi !!! tu as dit en mieux ce que j'ai ressenti. je n'ai pas réussi à être émue, j'ai trouvé que tout ça sonnait faux. Limite j'attendais le fléchage qui allait nous dire "c'est maintenant que vous devez être émus". Je suis rentrée frustrée et j'ai remis Laurence anyways pour ne pas rester sur ce sentiment de gâchis.

  • Et bien quel événement !!!
    Oui il faut aller se décrasser ensuite pour retrouver NOTRE Dolan !

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