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ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD

de Quentin Tarantino ****

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Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Emile Hirsh, Margaret Qualley, Timothy Oliphant, Austin Butler, Don Johnson, Al Pacino, Kurt Russel, Damian Lewis, Dakota Fanning, Bruce Dern... et les autres que je salue.

Synopsis : En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. 

Excellent effet kiss cool pour ce film. Je suis sortie de la séance mitigée, vaguement déçue malgré des scènes mémorables, admirables, un casting luxueux, une interprétation haut de gamme, des références, des décors, des lumières, des éclairages, des plans... C'est dire s'il n'y avait pas vraiment de quoi se plaindre. Pourquoi en attend-on toujours plus des réalisateurs qu'on aime ? Et puis j'ai laissé reposer, une nuit, une journée. Et le film, comme il arrive parfois, m'accompagne encore. Il m'en reste la grande et belle déclaration d'amour au cinéma de l'un des plus cinéphiles de nos réalisateurs actuels. Je l'entends beaucoup critiquer ces temps-ci, forcément, on ne peut plaire à tout le monde. Peu m'importe.

Ce film est différent des autres du réalisateur, par sa nonchalance et sa mélancolie. S'il m'a semblé à sa vision, manquer de "liant" c'est juste que Tarantino donne justement une idée de ce qu'est le cinéma en train de se faire, du vide, de l'attente, du silence entre les moments où il se passe quelque chose. Entre "moteur" et "coupez". Je ne l'ai réalisé qu'après.

Il filme la fin d'une époque comme la fin d'un rêve qui se conclurait par le massacre perpétré par ce psychopathe sadique et dégénéré Charles Manson sur les occupants (Sharon Tate la femme de Roman Polanski enceinte de 8 mois et quelques amis) de la maison du 10050 Cielo Drive. Sharon Tate d'ailleurs, interprétée avec grâce et légèreté par Margot Robbie, semble incarner ici l'innocence, l'insouciance et la gaîté. Elle traverse le film souriante, sautillante, charmante. Starlette en voie de starisation qui se réjouit dans une salle de cinéma de l'effet qu'elle produit sur les spectateurs en visionnant un de ses propres films. "L'écervelée, c'est moi" dira-t-elle à l'ouvreuse du cinéma qui ne la reconnaît pas encore.

Comment Tarantino fait converger l'histoire de ses personnages de fiction avec celle de ceux qui ont réellement existé tels que Sharon Tate, ses amis, les stars et les membres de la Manson Family ne peut être révélé mais démontre une nouvelle fois l'habilité du réalisateur et sa disposition à l'optimisme voire à la consolation...

Once upon a time... est avant tout le portrait d'un acteur star de la télé sur le déclin, en voie de ringardisation, condamné à jouer la guest-star de luxe dans des séries après avoir été la vedette d'un western pendant des années. Un peu comme le Clint Eastwood de Rawhide mais qui s'en tirerait un peu moins bien. Conscient que sa carrière est en perte de vitesse, fucking Rick Dalton idolâtre de lui-même dans une villa hollywoodienne à sa gloire est au bord du burn-out. Triste, alcoolique, il ne se souvient plus de ses répliques, se ridiculise et part tourner quelques nanars en Italie. Leonardo DiCaprio qui ici chante, danse (mal mais c'est drôle) interprète le rôle de la star qui dégringole avec beaucoup de mélancolie et de dérision. Une bonne dose d'arrogance aussi (restez pendant le générique).

La star est constamment accompagnée de son double/cascadeur Cliff Booth qui lui sert aussi d'homme à tout faire, de chauffeur, de bonniche en somme. Néanmoins, bien que Rick Dalton vit dans le luxe et Cliff Booth dans une caravane avec son chien qui aura un rôle déterminant... ils sont amis. La façon dont Cliff couve, protège, console Rick est vraiment touchante. Fort, rassurant et indispensable, Rick sombrerait plus profondément encore sans lui. Et Brad Pitt n'est jamais meilleur que quand il joue les simplets et peut déployer tout son talent comique, sans oublier d'ôter la chemise au soleil, nous laissant contempler son torse parfait de quinqua (merci Quentin).

Autour de ces personnages gravite le tout Hollywood d'une période clé où les hippies fouillaient les poubelles pour survivre, vivaient en communauté et parfois hélas cédaient à l'emprise d'un gourou aussi charismatique que sadique. Mais le plus passionnant est le tournage des films où on passe du côté de l'envers du décor, là où les acteurs attendent en lisant et Quentin enchaîne les scènes assez jouissives comme celle où Rick s'entretient avec une gamine de 8 ans qui va lui donner la réplique, celle où Bruce Lee se la raconte (scène hilarante hélas trop, mais pas complètement révélée dans la bande-annonce), celle où Steve McQueen (saisissant Damian Lewis) évoque les changements de partenaires de Sharon Tate tout en se désolant qu'il n'avait aucune chance. Que dire de Pacino, très à l'aise, formidable. Et comment ne pas jubiler devant  ce moment où Leonardo DiCaprio se retrouve en incrustation à la place de Steve McQueen dans une scène de La Grande Evasion ? Tarantinesque.

La reconstitution d'époque tout en lumière dorée, en néons clinquants, en affiches gigantesques est époustouflante. C'est du Tarantino alors ça parle, ça parle, c'est très drôle mais pas uniquement et pour satisfaire les amateurs, les fans ou peut-être lui-même, l'irregardable scène gore s'éternise un peu. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire même si j'ai fini par ne plus pouvoir regarder. La nouveauté est la lenteur du film, plutôt inédite chez Tarantino mais il est tout entier dédié à l'amour du cinéma de quelque côté que l'on se tourne, acteurs, réalisateurs, cascadeurs et bien sûr spectateurs. Et l'avis de Guillaume Bonnet de Première me parle complètement :

"Alors, quand les grilles de la villa s’ouvrent au petit matin, il ne faut y voir nul révisionnisme, nulle consolation, juste l’évocation douloureuse de ce qui n’est pas, de ce qui n’est plus, de ce qui n’a pas été. Une élégie. Un songe de nuit d’été, laissant une traînée de regrets tristes à l’instant du réveil. Non, vraiment, ce n’est pas un Tarantino comme les autres. Et non, on n’est pas là pour rigoler".

J'ai aimé cette fin follement douce et optimiste.

La musique ?

Un sans faute, comme d'hab'.

Commentaires

  • Nom d'une pipe en bois, je sens que tu vas changer de réparateur télé ! (Charlie's gonna like you) ;-)
    Beau texte de lendemain de Margaritas.

  • Ps : la mélancolie, on l'avait déjà chez Jacky Brown, sans doute le film de Couennetine qui s'en rapproche le plus.
    PPS : rien que pour le visage de Leo la larme à l'œil après le petit mot gentil de la gamine à son oreille, ce type est un génie.

  • J'ai hâte d'avoir un problème d'antenne.
    Ça a l'air imbuvable ce machin épais.

  • Pour moi, ce n'est pas le meilleur Tarantino (trop de musique d'ambiance et de bagnoles pour moi), mais c'est quand même un fucking movie, avec une kyrielle de scènes particulièrement bien troussées. (A celles que tu évoques, j'ajouterais notamment la séquence de découverte de la tribu Manson par Cliff/Brad, un grand moment de tension.)

  • Pas le meilleur sans doute... mais pas loin.
    Tu as raison, j'ai bien flippé tout au long de cette scène chez les Manson. Brad y est étonnant.
    Le vieux etait moins "sympa" dans la réalité. Le loyer était gratuit à condition qu'on lui mette des gamines dans son lit...

  • Dans Jackie, y'avait pas Brad torse nu et Leo qui pleurniche.
    Sa scène dans la caravane est pas mal non plus...

  • On te colle un torse dans les Brad et toi tu fonds direct !
    C'est vrai que le film a son lot de scènes fortes : l'arrivée de Charlie à la villa Polanski, la caravane, Brad et son chien, Caleb DeCoteau (je crois que ça que se prononce pas Dakota) et Johnny Madrid (Timothy Olyphant qui succède à son partner Walton Goggins dans l'univers Tarantino), Bruce Dern (qui a joué les guests dans "Lancer" en vrai !), j'en oublie c'est sûr. Manque feu Burt Reynolds qui serait une des inspirations pour Rick Dalton.

  • C'est surtout devant les yeux que ça me fait de l'effet. Au toucher ce doit être moins spectaculaire.
    Ah toutes ces scènes !!! Vivement que j'y retourne.
    N'oublions pas Shwarz qui ne se prononce pas Schwartz...
    Ah la tête de Leo quand il découvre l'énumération par ce sadique de Pacino qui en fait un has been !
    Decoteau ne se prononce pas Dakota et pourtant Dakota est là. Si ça se trouve, ça se prononce DeCoteau.
    Je dois bien admettre que Bruce Dern et Burt Reynolds ne m'ont jamais fait grand effet... trop longue tête pour l'un, trop de poils pour l'autre. A quoi ça tient quand même !
    Tu as vu que Mister Orange avait été coupé au montage alors qu'on aperçoit Mister Blonde. Mais où sont Misters White and Pink ??? Mister Brown, on sait, il est derrière la caméra.

  • Et Sam Jackson ? Et Uma? Heureusement Maya a rejoint la famille.
    Très bien aussi la petite Pussycat, bien speed mais rigolote.

  • Je n'aime pas Samuel L. Jackson, acteur TRÈS surestimé qui fait toujours la même chose de la même façon. Il m'avait surprise dans Pulp Fiction. Plus jamais depuis.
    Je ne pense pas que l'Ego d'Uma entre dans un rôle secondaire...
    Maya ???
    La petite Pussy, je la piste depuis les pubs Kenzo.

  • Maya Thurman, celle qui a oublié son couteau dans la voiture. :-)

  • OMG, je ne savais pas.
    Après la mère, il s'entiche de la fille !!!
    Portrait craché de la daronne sur certaines photos.

    Tu avais compris que cetre filoute n'avait PAS oublié son couteau !!! :-))))

  • Il y a aussi la fille de Kevin Smith et celle (avec sa drôle de tête) de Bruce et Demi. Hollywood est une grande famille.

  • Je n'avais pas noté les autres.
    Mais l'excuse du couteau ne m'avait pas échappé, je te rassure. :-))

  • Ben alors t as fait une infidélité à fast and furious hobbs and shaw the rock et jason c est un duo un peu différent de leo et brad !

  • Oui je me fais du mal je sais.
    Jason truc me fait un effet proportionnellement inverse au torse de Brad.
    Pourtant j'aime bien Dwayne et Idris qui continue à envoyer sa carrière dans le mur mais F and F, je peux pas.

  • Il m'a surprise ce film, et je crois que tu as mis le doigt dessus, ça doit être à cause de sa lenteur. Mais quel bonheur de voir le duo Pitt-Di Caprio à l'écran, et moi je suis bien contente de cette fin alternative à la réalité, là on retrouve bien notre Quentin ! Jolie critique, merci :)

  • Merci.
    Je me suis laissé pueger par la lenteur. Je veux y retourner pour mieux profiter.
    Et puis je ne risque ruen dune overdose de Brad et Leo.

  • Presque vu en même temps que toi ! Bon ben oui j'ai été un peu déçue, oui pour moi le manque de liant à cette histoire m'a posé un peu problème et puis oui la relative lenteur du film qui dure tout de même très longtemps.
    Tarentino a le don de nous faire rire dans ses scènes violentes et pas trop crédibles mais il y avait peut être là un clin d’œil aux films d'horreur de l'époque.
    Je crois que Tarentino a peur des chiens ou alors à l'inverse il les idéalise dans leurs aspects noir mais aussi blanc...
    La musique excellente oui et mon Léonardo toujours génial (ben oui il me fait craquer) et puis utiliser Brad en sous fifre de Léonardo assez jouissif.
    Un moment cinéma sympa mais pas forcément excellent pour ma part. De plus pour qui ne connait pas l'histoire de Charles Manson ça tombe un peu à plat ce changement d'histoire.
    Bisous bisous

  • Avec le recul, le film est différent er excellent par sa lenteur. Et du coup cest déconcertant.
    La scène où Brad découvre le ranch est bien flippante et c'est du pur Tarantino.
    Aucune idee de ce qu'il pense des chiens mais il est primordial.
    L'histoire de Manson a traumatisé l'Amérique. Effectivement je n'avais pas pensé au fait que ceux qui ne la connaissent pas ne vont rien voir... Mais ils disent quand même qu'ils doivent tuer tous les occupants de la maison de Sharon.

  • Bonsoir Pascale, toujours pas tentée. En revanche, j'ai bien apprécié le film coréen Le gangster, le flic et l'assassin. Bonne soirée.

  • Bonsoir dasola. Ah oui tu n'es vraiment pas tarantinophile... peut être même tarantinophobe.
    J'ai bien aimé le Coréen aussi.

  • Bonjour Pascale, je ne suis pas Tarantinophobe du tout car il y a au moins deux films que j'ai appréciés : Reservoir dogs et Jackie Brown vus à leur sortie. Et puis Django unchained et Les 8 Salopards, ce n'est pas mal non plus. Bon dimanche.

  • Bonjour dasola. Dans ce cas je ne voos pas ce qui te retient. C'est un film pour cinéphiles. Ce que tu es :-) Bonne journée.

  • Je suis comme Dasola, pas trop tarantinophile, même si je lui reconnais du talent. Son univers ne me parle pas ..

  • Je comprends... et en même temps je trouve dommage de passer à côté ne serait-ce que de ces interprétations... Et puis même si on reconnaît l'univers (sauf peut être ici), tous ses films sont très différents.
    Je reste fan depuus la 1ere heure.

  • Nous étions sur nos starting block pour ce film ; un peu comme vous, nous avons eu ce petit moment de questionnement. Mais on met du temps avant de digérer tous les détails et références, il y en a tellement !
    Nous vous avons mentionnée du coup dans notre post
    Bon weekend

  • Je vais aller lire.
    C'est long à démarrer mais que c'est bon !

  • Le film fait des mécontents : après les Polanski, c'est la fille de Bruce Lee qui demande à Tarantino "de s’excuser ou de la fermer."
    Autant d'humour que le paternel !

  • Je ne veux pas le savoir.
    Je trouve que Polanski et Sharon Tate sont "traités" avec beaucoup de douceur.
    Quant à Bruce Lee, la scène est désopilante mais ne fera pas d'ombre aux champions des arts martiaux je crois.
    De quelque côté qu'on se tourne, c'est Brad qui emporte le morceau, tout en solidité (et sans chemise s'il vous plaît).

  • Au fait j'ai revu la chose :-)
    Maya n'imprime pas trop la pellicule...
    Pour le reste, c'est encore meilleure la deuxième fois.

  • Oh, mazette, tu as refait le voyage vers les hippies ! C'te chance !
    Je t'accorde que je n'ai reconnu son minois qu'au dernier moment. C'est parce que je la trouve formidable dans la nouvelle saison de Stranger Things.

  • Et oui, je n'y tenais plus.
    Stranger things : connais pô.

  • Magnifique film, déjà dans mon top 3 de l'année. Il faut apprendre à le digérer pour en voir toutes ses subtilités (oui, oui, on dirait pas avec l'ami Quentin), son évocation du pouvoir de la fiction, cette fin d'une époque. C'est bizarre car c'est à la fois son plus et son moins tarantinesque, on voit les liens avec ses autres films comme pour mieux s'en éloigner et mieux grandir. Splendide.

  • Oui c'est ça... j'ai dû le digérer pour comprendre à quel point je l'avais aimé.
    Il sera dans mon top aussi c'est évident.

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