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bruce dern

  • TWIXT de Francis Ford Coppola ***(*)

     Twixt : photo Francis Ford CoppolaTwixt : photo Francis Ford CoppolaTwixt : photo Francis Ford Coppola

    Hall Baltimore débarque  à Swann Valley petite ville paumée des Etats-Unis pour une séance de dédicaces de son dernier roman. Le centre ville peu dynamique ne compte que quelques commerces et la librairie se trouve à l'intérieur de la quincaillerie. Personne ne connaît l'écrivain qui s'apprête à remballer, lorsqu'il fait la connaissance de l'étrange shérif du coin aux velléités d'écrivain, Bobby LaGrange. Il l'emmène à la morgue où repose le cadavre d'une jeune fille, un pieu planté dans le coeur. Ce n'est pas la seule singularité de l'endroit que Hall va découvrir. Un hôtel à l'abandon en pleins bois et où aurait séjourné Edgar Allan Poe a été le lieu d'un massacre d'enfants, des jeunes gens à l'allure gothique campent au bord d'un étang proche à la grande désapprobation des habitants, un beffroi et son horloge aux sept cadrans qui s'obstinent à proposer 7 heures différentes... C'est inespéré pour un écrivain en panne d'inspiration. Cette nuit là, Hall s'endort comme toujours dans les vapeurs de whisky qu'il consomme en grande quantité et fait un rêve qui va le poursuivre jusque dans ses moments de veille. Il y rencontre V., mystérieuse jeune fille à l'étrange dentition, ainsi que l'écrivain Edgar Poe. Tous deux vont l'aider à y voir plus clair dans les meurtres perpétrés dans le passé et celui d'aujourd'hui, et lui donner la matière à l'écriture d'un nouveau roman. Il va aussi ressasser le sentiment de culpabilité qui le ronge depuis la mort de sa fille qu'il se reproche de n'avoir pas sauvée...

    Et tout ce bazar foutraque et fourre-tout mais finalement justifié donne l'occasion à Francis Ford Coppola de laisser libre court à son imagination et à sa création. Quoi de mieux, de plus idéal qu'un rêve pour s'échapper sans mesure dans l'imaginaire, le merveilleux, le surnaturel ? Comment faire se côtoyer un écrivain accablé d'un deuil impossible, Edgar Allan Poe, une petite vampire, un tueur d'enfants perdus, une communauté de motards dont le charismatique chef (le charismatique Alden Ehrenreich) récite du Baudelaire en VO dans le texte ? Un rêve devient l'écrin radical d'une fantasmagorie qui prend racine dans le réel et permet au réalisateur de pleurer son enfant mort. Mais pour retomber sur ses pattes à la fin sans décevoir, il faut sans doute s'appeler Francis Ford Coppola. Il semble que le réalisateur n'ait plus rien à faire qu'à donner des leçons de cinéma. Ici encore le sublime côtoie le parfait. Ce film est d'une beauté formelle insensée. On aimerait s'arrêter sur chaque plan pour le savourer suffisamment avant de passer au suivant, se rassasier de chaque image pour ne plus l'oublier, apprécier ce noir et blanc superbe éclairé de quelques lumières, flotter avec les personnages dans les brumes insaisissables de la forêt, admirer le ciel étoilé traversé par la flèche du beffroi, profiter des acteurs qui s'abandonnent au rêve parce que c'est celui de Coppola.

    J'avais aimé Tetro, adoré sans retenue l'injustement boudé Homme sans âge, je crois que j'aime Francis Ford Coppola. Point.