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FRÈRE ET SOEUR

d'Arnaud Desplechin **

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Avec Marion Cotillard, Golshifteh Farahani, Melvil Poupaud, Benjamin Siksou, Patrick Timsit

Dans la famille Vuillard, je demande la haine. Celle chronique, incontrôlable, inexplicable et féroce que se voue Alice et Louis, frère et soeur d'une fratrie de trois. Le plus jeune Fidèle (c'est son prénom) échappe à cette fureur.

Louis, me semble-t-il, subit davantage cette haine qu'Alice qui l'entretient avec application depuis plus de vingt ans. Avant cela, ils avaient l'air de plutôt s'aimer. C'est ce que nous observerons par flash-backs et voix off explicatifs. Nous ne saurons pas ce qui a fait basculer ces deux là du côté de la haine et c'est peut-être ce qui est gênant. Ou pas. Après tout, la haine comme l'amour a peut-être ses raisons. Mais à ce point d'opacité, on finit par totalement se désintéresser du sort de ces personnages qui vont au bout de leur sentiment négatif jusqu'au ridicule.

Elle est actrice, il fut professeur et écrivain reconnu. Est-ce la notoriété de l'un par rapport à l'autre qui leur a fait ombrage ? On ne sait pas. On essaie d'imaginer et de trouver une explication. L'inceste ? Pourquoi pas ? Sinon on a aussi envie de leur dire : tombez-vous dans les bras l'un de l'autre et qu'on en parle plus.

Les premières minutes, sans doute les meilleures, nous font vivre un accident de la route ou plutôt une cascade d'accidents qui provoqueront la mort de trois personnes. Avant cela, il sera également question d'une autre mort... Bref, pas moins de quatre cadavres dans ce film qui n'est pourtant pas un polar. Après le formidable Roubaix, une lumière, le très pénible Tromperie, Desplechin revient à ses amours favorites : la famille, la fratrie, l'amitié. Mais là où dans les entreprises de démolition familiale tels que Un conte de Noël : Roubaix ! ou le merveilleux Trois souvenirs de ma jeunesse, le réalisateur nous ravissait d'un humour parfois dévastateur qui atténuait la brutalité du propos, ici tout est d'un sérieux une nouvelle fois risible et prétentieux. On atteint aussi l'hystérie à plusieurs reprises car une telle haine ne peut s'exprimer que par des hurlements ou des pleurs.

Le film démarre pourtant sous les meilleurs auspices avec une scène de dispute cruelle puis un accident. Deux scènes à la fois qui nous égarent et nous obligent à être attentifs et vigilants. La suite est un gigantesque puzzle en forme de non thérapie familiale. Les parents accidentés reçoivent la visite successive de leurs trois enfants et ce ne sont que propos abscons qui oscillent entre amour et haine. Le propos central : la haine d'Alice et de Louis est constamment parasitée par des récits secondaires sans le moindre intérêt et qui ne semblent là que pour remplir du temps ou du vide (le personnage de Patrick Timsit, pourtant très bien, celui de la jeune roumaine fan d'Alice). Et que dire de cette scène aberrante où Alice va se perdre au fin fond de l'Afrique pour se ressourcer !!! Quel contresens, quelle bêtise !

Quelques moments très beaux néanmoins jalonnent ce film ennuyeux et mal écrit. La belle relation de Louis et sa femme (la toujours excellente Golshifteh Farahani) qui vivent un drame personnel de façon très singulière, une rencontre dans un supermarché, un envol au-dessus des toits, un évanouissement, une amorce de pardon. 

J'ai trouvé Marion Cotillard (une actrice que j'aime beaucoup par ailleurs) pas très à l'aise dans ce rôle assez incompréhensible. A l'inverse, Melvil Poupaud m'a souvent émue et presque fait pleurer.

Mais c'est bien peu.

Commentaires

  • Un film qui ne m'inspire pas du tout. Je n'ai pas l'impression que j'y trouverais mon compte.

  • Franchement ça tourne un peu en rond autour de rien.

  • Pour moi, une perte de temps contrairement à Coupez !

  • Une fois encore complètement d'accord avec toi. Tout ça pour ça aurait-on envie de dire. Une simple question d'ego pour autant de haine ?! On peut être jaloux sans haïr non ?!

  • Cette haine surdimensionnée est complètement aberrante.
    J'ai fini par me dire qu'ils luttaient farouchement contre l'inceste.

  • Ce film a une note presse excellente alors que j'en entends beaucoup de mal. J'ai la flemme d'aller voir par moi-même et je vais me fier à ton avis ! Mon préféré de ce réal ça reste tjs "trois souvenirs de ma jeunesse !"

  • Trois souvenirs était merveilleux.
    J'avais beaucoup aimé Un conte de Noël.
    Mais franchement pour celui-ci, ne te déplace pas. Toute cette haine ça va te faire du mal :-)

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