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patrick timsit

  • STARS 80 de Frédéric Forestier, Thomas Langmann ***

    Stars 80 : photo Jean-Luc LahayeStars 80 : photo Jeanne MasStars 80 : photo Emile & Images, Gilbert Montagné, Jean Schultheis, Jean-Luc Lahaye, Jean-Pierre Mader

    Oui je sais ce que vous allez me dire ! Alors ne me le dites pas. Je suis déjà suffisamment surprise de mettre *** à un film au générique duquel se trouvent : Images, Gilbert Montagné, Sabrina et les autres ! J'ai eu beau réfléchir, je suis d'accord avec moi-même pour maintenir ma décision. Parce que ce film c'est de la dynamite et absolument pas ce que j'imaginais ce que ce serait. Alors tant pis si j'assume avec difficultés et si je perds le peu de crédibilité que j'avais déjà en tant que cinéphile qui vénère un acteur/réalisateur qui parle à une chaise et vote républicain, qui a péri d'ennui devant le dernier spectacle de Carax, est restée de marbre (voire pire) face à Perdre la raison, trouve que Matthew McConaughey est triplement un excellent acteur, adore presque tous les super héros... Bon, je ne vais pas faire le tour de toutes mes tares et lacunes cinématographiques.

    J'ai aimé ce film.

    Pire.

    Ce film m'a embarquée alors que je ne m'y attendais pas. J'y allais, sans avoir vu la bande-annonce, me disant qu'il s'agissait sans doute d'une espèce d'émission de télé, de show, de spectacle... où des chanteurs has been tentaient de faire acteurs en poussant la chansonnette et que j'y ai traîné Jules un peu à reculons avec des pieds de plomb. C'est dire si ce n'était pas gagné. Nonobstant ces réticences, je n'étais pas contre le fait d'écouter un peu du top 50 des années 80, époque curieuse qui me semble antédiluvienne, ringarde ou vintage c'est selon. Epoque révolue donc, où je regardais beaucoup la télé et écoutais beaucoup la radio.

    Il y a donc deux vrais acteurs (voire trois si je compte Bruno Lochet) Anconina (formidable) et Timsit, deux braves types, Vincent et Antoine un chouilla losers mais obstinés et fans des années 80. Ils tentent de survivre en produisant des sosies dans des spectacles. Leur affaire prend l'eau de toute part et avant que leur banquier ne les lâche définitivement, ils décident après avoir retrouvé un vieux 45 Tours de contacter les chanteurs qui ont été les vedettes d'un seul titre et ont complètement sombré dans l'oubli, de les réunir et de monter un spectacle en souvenir des années 80. Contre toute attente, Peter & Sloane, François Feldman, Début de soirée, Cookie Dingler, Images... (oui je sais, ça envoie du bois) acceptent. Mais le rêve ultime serait de faire participer la star des stars de ces années là, qui hélas vit aux Etats-Unis : Gilbert Montagné !

    Le choc passé de constater qui a morflé (Sloane, Cookie...) et qui pas (Jeanne Mas (fragilissime), Jean-Luc Lahaye...), on s'habitue, on craque, on fond, on s'attendrit et on rit. Franchement. Et contrairement à ce que je craignais, on ne rit pas D'EUX mais avec et grâce à eux. Car même si le scenario est une success story sans l'ombre d'une anicroche dans le parcours, les apprentis acteurs, ex-gloires d'un jour ou d'une saison, armés d'un solide et savoureux sens de l'humour posent sur leur parcours un regard inattendu, sans concession et sans la moindre nostalgie. Ils sont drôles à évoquer ce qui, en plus de leur titre unique, a fait leur gloire : les déboires sentimentaux de Peter et Sloane, le quasi anonymat de Début de soirée dont on ne sait jamais qui est qui, tout comme celui de Cookie Dingler qu'on prend pour Michel Delpech etc... C'est difficile à exprimer mais c'est à mourir de rire, mais jamais ce n'est méchant donc jamais gênant.

    Tout le monde a l'air de se marrer et faire une fête du feu de dieu et le public de toutes les villes de France qui remplit les Zénith suit comme un seul homme. Et dans la salle, je mets quiconque au défi de ne pas agiter les gambettes sous le siège. Impossible de résister à ces chansons qu'on connaît par coeur (sauf Voyage Voyage*... seule la fille aux cheveux zarbis peut la chanter). La séquence à New-York, très Blues Brothers avec Gilbert Montagné en prédicateur gospel m'a sciée. J'avais envie de sauter partout et qu'elle ne s'arrête plus. Une comédie musicale dans le film. Euphorisante.

    Evidemment, acteur c'est quand même un métier et certains chanteurs ont du mal à exister... Mention spéciale à Jean Schulteiss, souriant comme un ravi de crèche, qui ne se donne même pas la peine de "jouer". On le pose, il se met au piano et vas-y mon toc toc, c'est reparti comme en 14 :

     "Je me fous, fous de vous, vous m'aimez
    Mais pas moi, moi je vous voulais mais
    Confidence pour confidence
    C'est moi que j'aime à travers vous"...

    Par contre la prestation de Jean-Luc Lahaye... et là je me pince encore deux jours après à me demander si c'est bien moi qui vais dire ce que je vais dire... m'a complètement mise KO. En parrain (musique de Nino Rota comprise), cuir, chaînes et chemise léopard, complètement alaindelonisé (il parle de lui à la troisième personne), il est exceptionnel. Il se pointe et clame "Jean-Luc Lahaye est dans la place", il récite par coeur son "livre" Cent familles, persuadé d'être LA star, distribue des bisous à des filles qui se pâment, "t'as quel âge ?" lance t'il à une jeunette, "non j'rigole" ajoute t'il. Il est tordant, drôle à un point que vous devez avoir du mal à imaginer ! Sur scène, c'est une bête, dans l'histoire il est le bad boy qui vient mettre avec bonheur un peu de piment dans cette sucrerie pleine de tendresse et de bons sentiments. Il est bien meilleur que certains acteurs confirmés. Une présence, quelque chose en plus quoi...

    Même si c'est éphémère, on sort de la salle avec une pêche d'enfer, un sourire jusqu'aux oreilles et bon sang ça fait un bien fou toute cette énergie !

    *Au dessus des vieux volcans
        Glissent des ailes sous les tapis du vent
        Voyage Voyage
        Eternellement
        De nuages en marécages
        De vent d'Espagne en pluie d'Equateur
        Voyage voyage
        Vol dans les hauteurs
        Au d'ssus des capitales
        Des idées fatales
        Regarde l'océan 
         Voyage voyage 
        Plus loin que la nuit et le jour
        Voyage
        Dans l'espace inoui de l'amour
        Voyage voyage
        Sur l'eau sacrée d'un fleuve indien
        Voyage
        Et jamais ne reviens 

       
        Sur le Gange ou l'Amazone
        Chez les blacks chez les siks chez les jaunes
        Voyage voyage
        Dans tout le royaume
        Sur les dunes du Sahara
        Des îles Fidji au Fuji-Yama
        Voyage voyage
        Ne t'arretes pas
        Au d'ssus des barbelés
        Des coeurs bombardés
        Regarde l'océan 


        Au dessus des capitales
        Des idees fatales
        Regarde l'océan
        Voyage voyage...    

  • SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI de Alain Chabat **

    Sur la piste du Marsupilami : photo Alain ChabatSur la piste du Marsupilami : photo Alain Chabat, Jamel Debbouze, Lambert WilsonSur la piste du Marsupilami : photo Alain Chabat, Jamel DebbouzeSur la piste du Marsupilami : photo Alain Chabat, Fred Testot, Géraldine Nakache

    Dan Geraldo, grand reporter, est sommé par sa rédaction de partir en Palombie où il est censé déjà être allé et d'en revenir avec un scoop sinon son émission sera supprimée. Or, Dan n'est qu'un baltringue qui a bidonné ses précédents reportages. Sur place il retrouve Pablito, un guide un peu particulier, un peu vétérinaire, entouré de plein d'enfants à qui il a promis de leur prouver l'existence du Marsupilami. En Palombie, on trouve aussi un très vieux botaniste qui va découvrir un elixir de jeunesse, son assistante dévouée et admirative mais dégoûtée par le physique du bonhomme et un dictateur (de père en fils) malgré lui.

    On retrouve ici l'esprit Canal et le style potache de Chabat qui s'en donne à coeur joie avec une équipe de potes au diapason. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire marsupilami il met le spectateur dans sa poche et l'embarque pour des aventures complètement loufoques, parfois incohérentes, et sans doute pas toujours faciles à suivre pour les plus petits. Mais cela fonctionne pourtant et l'on rit souvent. On ne pardonnerait sans doute à nul autre cet humour parfois bas de plafond, caca-prout, le viol de Jamel par un Chihuahua... et les jeux de mots en abondance et relous, mais Chabat est unique et n'a pas son pareil pour hisser haut le non-sense. Et surtout, SURTOUT, l'entreprise ne se prend pas au sérieux. Tout le monde s'amuse et nous avec.

    Et pour les plus résistants, je dois dire que la PERFORMANCE de Lambert Wilson (dont je ne dirai rien) dans une scène d'anthologie qu'on se repassera en boucle dès que tout le monde aura vu le film, mérite à elle seule le déplacement en salle !