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LES NUITS DE MASHHAD / LA PETITE BANDE

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Vous l'avez sans doute deviné, ces deux films n'ont qu'un seul point commun : ils sont très décevants. J'en attendais beaucoup mieux.

LES NUITS DE MASHHAD d'Ali Abbasi **

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Avec Mehdi Bajestani, Zar Amir Ebrahimi, Arash Asthiani

Synopsis : Iran 2001, une journaliste de Téhéran plonge dans les faubourgs les plus mal famés de la ville sainte de Mashhad pour enquêter sur une série de meurtres. Elle va s’apercevoir rapidement que les autorités locales ne sont pas pressées de voir l’affaire résolue. Ces crimes seraient l’œuvre d’un seul homme, qui prétend purifier la ville de ses péchés, en s’attaquant la nuit aux prostituées.

Voici le nouveau film iranien de l'été. Mais hélas il ne procure pas le choc ressenti l'année dernière par La loi de Téhéran et contrairement à ses compatriotes réalisateurs qui sont toujours dans leur pays, Ali Abassi est au Danemark depuis 20 ans. Ce n'est évidemment pas un reproche et son film est de toute façon perçu comme anti-iranien par les autorités mais il n'est pas à proprement parler iranien. Il dénonce néanmoins le laxisme de la police face à ces meurtres odieux, une parodie de justice, la misogynie absolue de la société et condamne également l'emprise des autorités religieuses.

Malgré ces bonnes intentions le film, très répétitif, plusieurs meurtres "organisés" selon le même procédé sont filmés en temps réel et insiste bien sur les souffrances des femmes... Une fois, ça passe, trois ou quatre fois : stop ! On comprend parfaitement que ces femmes impures sont des parias. Cela n'empêche pas les hommes de les "consommer", mais avec une extrême brutalité pour bien ajouter à leur déchéance. Elles sont couvertes de plaies et d'ecchymoses. La société les rejette et dès que le coupable est connu, il est soutenu par le peuple, remercié même de débarrasser les rues des ces indésirables. L'assassin est donc un peu le bras vengeur de la société tout entière. Il est également considéré comme un héros puisqu'il a fait la guerre. La partie la plus intéressante est celle du procès où l'accusé se montre d'une désinvolture presque comique et parvient à faire rire l'assemblée.

J'ai été beaucoup moins convaincue par la partie enquête. La journaliste se met en danger constamment et doit aussi faire face à la misogynie ambiante. Comme toutes les femmes de son pays elle ne peut circuler librement sans se couvrir la tête, ne peut se présenter seule (sans hommes) pour prendre une chambre dans un hôtel, sauf si elle présente sa carte de presse et elle se fait draguer par un chef de police. Bref, l'enquête n'a pas dû être simple. Elle décide même de servir d'appât. Qu'elle échappe au tueur est absolument invraisemblable et la scène loin d'être convaincante. Et je suis encore plus dubitative quant au fait que l'actrice Zar Amir Ebrahimi ait à ce point séduit Cannes, au point de remporter le prestigieux prix d'interprétation féminine. C'est beau une femme qui se bat pour des femmes mais je ne l'ai jamais sentie très concernée par son sujet. Gênant.

Les personnages secondaires de la femme du tueur et de son fils m'ont semblé beaucoup plus intéressants.

Au final nous assistons une nouvelle fois à une condamnation de la violence de la société iranienne notamment à l'égard des femmes mais ce film est loin d'être inoubliable.

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LA PETITE BANDE de Pierre Salvadori *

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Avec Paul Belhoste, Mathys Clodion-Gines, Aymé Medeville, Colombe Schmidt, Redwan Sellam

Synopsis : La petite bande, c’est Cat, Fouad, Antoine et Sami, quatre collégiens de 12 ans. Par fierté et provocation, ils s’embarquent dans un projet fou : faire sauter l’usine qui pollue leur rivière depuis des années. Mais dans le groupe fraîchement formé les désaccords sont fréquents et les votes à égalité paralysent constamment l’action. Pour se départager, ils décident alors de faire rentrer dans leur petite bande, Aimé, un gamin rejeté et solitaire. Aussi excités qu’affolés par l’ampleur de leur mission, les cinq complices vont apprendre à vivre et à se battre ensemble dans cette aventure drôle et incertaine qui va totalement les dépasser.

Amis du grand porte nawak et de l'invraisemblable, ce film est fait pour vous. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas une petite dose d'irréalisme pour l'aventure de cette bande de 5 qui veut rien moins que faire sauter une usine de produits toxiques mais à ce point c'est trop qu'il n'en faut ! Et ça commence plutôt mal dès le début car j'ai trouvé que les jeunes acteurs n'étaient pas très bons et leurs voix suraiguës quand ils se mettent à avoir peur et à crier, c'est pénible. Ils récitent leur texte et bizarrement seront beaucoup plus convaincants lors de quelques révélations dramatiques vers la fin. Trop tard.

Je me suis demandée où étaient les parents dans cette histoire. Manifestement, ces enfants peuvent manquer l'école, disparaître plusieurs jours, se faire harceler, tabasser et voler ses chaussures pour l'un d'eux sans que ça perturbe le moindre adulte. Comme dit l'autre : "ça leur en touche une sans faire bouger l'autre". Les malheurs du plus petit des cinq sont d'ailleurs montrés de façon plutôt comique. ça ne me fait pas rire le moins du monde. On apprend que certains des parents ont plutôt la main légère et la baffe facile quand ils ne sont pas en prison (Pio Marmaï passe par là coller deux trois baffes à son fils, mais c'est parce qu'il l'aime, comprenez...). Bref, pas des prix Nobel de psychologie.

On découvre peu à peu que l'engagement écologique des enfants n'est qu'un prétexte pour satisfaire d'autres envies ou réparer des frustrations. C'est dommage même si je ne dis pas que tous les enfants de 12 ans doivent être engagés politiquement. Au contraire, si on pouvait leur laisser ou leur rendre un peu d'innocence, je serais la première à signer, mais pas les laisser faire n'importe quoi, n'importe comment.

Ah oui, mauvais timing pour Salvadori en cet été brûlant, mais mettre le feu à un arbre, remplir un canoë d'essence, le balader sous le cagnard, et j'en oublie, c'est vraiment pas la bonne actualité et pas vraiment un exemple. Comme dit l'autre (un autre bien sûr) : "il ne faut pas laisser les intellectuels enfants jouer avec les allumettes".

Je n'ai pas ri, ils sont plutôt tristes ces enfants et j'ai été plutôt agacée. Dans la salle ce n'était pas l'euphorie non plus même s'il y a eu quelques gloussements. Pierre Saladderi (le générique de début est truffé de fautes, lol) nous a habitués à mieux.

P.S. : il faudra qu'un jour les réalisateurs comprennent que les geysers de vomi, répétés plusieurs fois ça n'a strictement aucun intérêt.

 

Commentaires

  • Mince, c'est dommage pour le Salvadori. Je ne vais pas regretter de ne pas pouvoir le voir.

  • Le montage parallèle entre les scènes de meurtre et celles concernant l’enquête affadit peut-être cette dernière. La deuxième partie place le film dans un contexte plus particulièrement iranien où l’issue du procès reste incertaine jusqu’à la fin.
    Nous n’irons donc pas voir le dernier Salvadori. De toute façon cette période est largement consacrée à des activités en famille loin des salles obscures. Votre PS conforte une réflexion que nous nous faisons depuis un certain temps : on vomit de plus en plus dans les films…

  • Je suis d'accord la 2ème partie est plus intéressante mais ce film est relativement ratée.

    Question vomi, j'ai l'impression que c'est là pour faire rire. Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle.
    Bon été en famille.

  • Je comprends tes réserves sur l actrice des nuits de Mashad car je n'ai pas été conquis également par l'acteur meurtrier. Mais j'ai assez aimé l atmosphère que les images dégagent.
    Tu as raison... Que font les parents de ces gamins car ils ont énormément de liberté. Malgré tout j'ai aimé leur début de conscience écologique même si les motifs sont loin d'être verts....

  • Oui, tout ça n'est pas fouloulou question acting.
    L'épouse et le fils s'en sortent mieux.

    La liberté c'est une chose mais là c'est N'IMPORTE QUOI. D'autant qu'on nous présente les parents comme très autoritaires.
    Leur conscience écolo en est au niveau 0.
    Ya pas de Greta dans ce groupe.

  • Rebonjour Pascale, j'ai été plus enthousiaste que toi pour les Nuits de Mashhad. C'est un film qui tient en haleine jusqu'au bout. Il est certain que les scènes d'étranglement auraient pu être filmées autrement. La fin est terrible quand on voit le fils du meurtrier qui commence à "s'entraîner" si je puis dire sur sa petite soeur. Du même réalisateur, j'avais aussi beaucoup aimé Le Caire Confidentiel. Pour le Salvadori, je n'avais aucune intention d'y aller. Bonne journée.

  • Le fils est en effet un personnage très intéressant, fier de son papa...
    C'est Tarik Saleh qui a réalisé Le caire confidentiel.
    Bonne journée.

  • "Les Nuits de Mashaad" ce qui nous gêne c'est notre côté "occidental", ça reste un excellent thriller qui joue justement sur les deux facettes, sans concession bien que justement la partie procès soit justement la plus consensuelle (des "bout-en-train" en procès c'est du déjà vu)

    "La Petite Bande" beaucoup aimé, simple mais efficace et très bien fait

  • Je pense que bien qu'occidentale j'apprécie souvent le cinéma d'ailleurs. Ici je suis loin d'avoir été convaincue.

    Bravo pour La petite bande. Une épreuve pour moi.

  • Dans ce cas, fie toi à l'avis de ceux qui ont aimé :-)

  • Coucou Pascale !

    Les nuits de Mashad sont un coup de coeur pour moi, même si ce n'est pas du niveau du virtuose "La loi de Téhéran". Mais je comprends totalement ton avis.

    Pour la Petite bande il n'est pas resté assez longtemps, et j'ai hésité car j'en ai entendu des sons de cloche très différents. Pas de gros regrets.

  • Coucou Aurore.
    J'ai trouvé ça très inégal, décevant et pas prenant comme ça aurait du l'être.

    Pas très emballante La petite bande.

  • Je viens d'apprendre qu'il y avait un Salvadori en salle et je lis dans la foulée qu'il est plus que dispensable. Voilà qui m'économisera un ticket. De toute façon, je ne suis pas sûr que cette histoire de Petit Nicolas écolo soit vraiment ma came.

    J'aurais bien vu les "Nuits de Mashhad" par contre. Même si tu doutes du bien fondé du Prix d'Interprétation féminine. De toute façon, il aurait dû revenir à Marina Foïs... si "As Bestas" avait été en compétition (toujours pas compris pourquoi ce ne fut pas le cas).

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