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LA LIGNE BLEUE

de Marie Demora ***

LA LIGNE BLEUE, Marie Demora, Struthof, cinéma

FRANCE (documentaire)

La réalisatrice est partie à la rencontre de quelques témoins encore vivants de ce qui s'est passé dans le village de Natzwiller pendant la seconde guerre mondiale.

Sur les hauteurs qui dominent la paisible vallée de la Bruche en Alsace alors annexée à l'Allemagne les habitants vivaient du tissage et des cultures. Les nazis, sous les ordres de Himmler y ont implanté un camp de concentration en 1941 : Le camp du Struthof, afin d'exploiter le granit rose au profit du Reich. Il s'agit donc du seul camp de concentration nazi en France. Le seul aussi que j'ai "visité" puisqu'il se situe à à peine 1 h 30 de chez moi. On y trouve aujourd'hui un Mémorial national aux héros et martyrs de la déportation, un Musée de la Déportation, quatre bâtiments cellulaires, un bunker, les miradors, la guérite d'entrée, la chambre à gaz, la baraque cuisine...

Les quelques survivants qui vivaient au village et y vivent encore, alors enfants se souviennent, racontent : les colonnes quotidiennes de détenus qui montaient par le chemin étroit (jusqu'à ce qu'ils construisent eux-mêmes une route qui leur évitait de traverser le village...), les astuces pour fournir aux prisonniers quelques vivres, récupérer des adresses pour écrire à leurs familles. Ils se souviennent aussi qu'ils devaient fermer les fenêtres et les volets quand des horreurs étaient perpétrées, et de l'odeur aussi... 4 générations témoignent de ce qu'ils ont vu ou entendu, de ce que leurs parents ou grands-parents acceptaient ou parvenaient à leur raconter. Ils manifestent sans avoir à le démontrer les traces que ce sinistre passé a laissées. Ils sortent les photos, les lettres reçues écrites par des déportés survivants reconnaissants, un mystérieux petit coffre fabriqué par les détenus...

Tout cela est évidemment très fort et souvent terriblement émouvant. Si certains témoignages sont un peu confus, d'autres par contre sont passionnants empreints de fierté pour ce que les parents ou grands-parents ont accompli mais aussi de beaucoup de tristesse comme si elle était inscrite dans le paysage. Certains considèrent cet endroit, ce village, cette vallée entourée des Vosges comme un paradis. Il est vrai que cette région est particulièrement belle et tranquille et comme la nature a repris ses droits, on a du mal à imaginer que des horreurs indignes ont été commises au milieu de cette végétation.

Le documentaire se termine sur les fouilles archéologiques entreprises depuis quelques années par des étudiants qui sont allés jusqu'à consulter les archives allemandes, autour de l'ancien camp et à la carrière. Ainsi la transmission et le refus de l'oubli se perpétuent.

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