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SHAM

de Takashi Miike ***

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JAPON

avec Go Ayano, Kô Shibasaki, Kazuya Kamenashi

Yabushita un instituteur est accusé de harceler, humilier, battre et pousser un enfant de 10 ans au suicide.

C'est la mère de l'enfant qui n'en démord pas. Cette histoire est inspirée de la réalité et le doute n'est possible que dans la toute première partie qui s'attache aux explications de la mère et de ce que l'enfant lui aurait raconté. C'est terrifiant. Voir un adulte, un prof s'acharner ainsi sur un enfant est révoltant. Il lui demande de choisir les punitions qu'il lui inflige : Pinocchio (lui tordre le nez jusqu'à le faire saigner) ou Le lapin (le décoller du sol jusqu'à lui arracher l'oreille). Il se moque du léger reflet roux dans ses cheveux qui serait dû à ses origines lointaines et américaines et le poursuit jusque sur la route du retour du collège pour lui signifier qu'il n'est bon à rien ! On est horrifié.

Rapidement, on passe au point de vue de l'enseignant et si j'ai aimé que les apparences du début s'effritent... on finit par ne plus douter et voir en la mère une sorcière manipulatrice que son apparence de veuve noire accentue et dans le prof un innocent (avec sa charmante tête d'innocent et son quotidien de père et mari aimants) que la rumeur, les média et la pression collective accablent sans raison.

Si l'on est d'abord sûr de nous : un coupable, une victime, l'indignation, ces certitudes vacillent et l'incertitude n'est plus permise. C'est ce qui est sans doute un peu décevant. Reste la façon de mener les débats. L'histoire va jusqu'au procès et l'on peut constater l'absence totale de soutien des collègues et de la hiérarchie (#L'abandon). La direction ne lui propose aucune alternative : s'excuser auprès des parents (deux faces de carême plus raides que... la justice) mais s'excuser c'est reconnaître la faute.

Le film provoque le malaise et Miike nous fait d'abord croire, douter puis revenir sur nos convictions mais trop rapidement. Pour une fois j'aurais aimé qu'il nous manipule un peu plus et nous permette de douter davantage.

Une chose est sûre : on ne comprend absolument pas les motivations de la mère. Quant à la parole de l'enfant elle est exclue des débats même si l'on peut soupçonner l'emprise d'une mère toxique.

En résumé, comme d'hab', c'est toujours la faute des mères, ce point n'est plus à débattre.

Commentaires

  • La MAJ des blogs ne se fait plus sur le mien. J'ai du retard.
    Ah belle conclusion, enfin un peu de bon sens.
    Bonne soirée.

  • Le bon sens c'est la base :-)

  • Un japonais qui me tentait bien, comme toutes les japonaiseries... Mais les horaires proposés vont mettre difficilement compatibles, alors je veux me contenter de ton avis qui espérait plus, de mystères ou de manipulations...

  • Voilà, tu lis entre les lignes... ça manque de plus tout ça !

  • Bonjour Pascale, un film qui laisse un petit goût d'inachevé car quel est le vrai, quel le faux. Je ne suis pas arrivée à trancher si le prof est sympa ou non. Le début est en effet terrifiant avec ce prof sadique et les élèves qui ne semblent rien dire trop effrayés (?). La mère et son regard hostile fait peur. Elle semble avoir eu une enfance chaotique. Le prof n'est pas forcément sympathique et il semble avoir des crises de rage. Et sa hiérarchie n'est pas d'une grande aide. Bonne journée.

  • Je ne me souviens pas de ses crises de rage mais il y aurait de quoi.
    D'après le film, je le pense totalement innocent.

  • Très déçu... trop invraisemblable par bien des côtés, sur le même sujet, nippon de surcroît, de loin lui préférer l'excellent "L'Innocence" (2023) de Hirokazu Kore-Eda

  • L'innocence était plus subtil en effet.

  • Beaucoup aimé. Avec en toile de fond le côté sectaire des parents qui sont, eux, les vrais manipulateurs de cette affaire. Notons le père très hiératique et toujours en retrait derrière la sorcière. Miike est très fort pour tourner ce fait divers en véritable thriller, et pose des questions essentielles sur la présomption d'innocence dans un pays où l'on se préoccupe assez peu de nuances.

  • Ainsi soit-il, sous son oeil ! :-))))

  • Blessed be the fruit... May the Lord open

  • Bravo, talaréf.

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