12.02.2011
LES DEUX COMIQUES
de France Inter lors de l'émission de ce matin "On aura tout vu" étaient fort dépités et ont fait part de leur indignation au fait que ce film prodigieux ne "décolle" pas
C'est jusqu'à présent mon film préféré de ce début d'année.
Et pourtant les critiques dont voici un aperçu atteignent des sommets :
(...) un drame familial fort, puissant et bouleversant. "Incendies" brode sur le thème de la quête des origines, du secret, de l'impossible pardon, pour vous enflammer corps et âme ! Ce film coup de poing (...) remue en profondeur en explorant le Liban à l'aide de personnages déracinés. Adapté de l'un des volets de la très belle et très forte trilogie théâtrale du dramaturge québécois, Wajdi Mouawad, né au Liban, (...) le film de Denis Villeneuve s'empare du sujet à cette altitude symbolique. Un sombre mélodrame de guerre, voyage (politiquement orienté) dans un Liban déchiré. Ce drame, traversé par les déchirures de la guerre, dans un pays qui ressemble au Liban, se mue en quête identitaire quasi initiatique d'où surgissent les fantômes du passé. On en sort bousculé par la dureté des faits, et captivé par la force du récit. "Incendies" démontre une belle puissance de récit, et une maestria de mise en scène dont on ressort le coeur tout étourdi. Villeneuve(...), touche à quelque chose qui, concernant cette guerre, n'avait jamais été figuré. Un film coup de poing. Le Québécois Denis Villeneuve a transformé la pièce de son compatriote Wajdi Mouawad en une enquête tendue à l'extrême, où le destin de Nawal, mère donc, mais aussi terroriste et prisonnière de guerre, s'éclaire au gré de retours en arrière à la violence fulgurante.
20 MINUTES - Caroline Vié
LA CROIX - Jean-Claude Raspiengeas
LE FIGAROSCOPE - La rédaction
LE PARISIEN - Hubert Lizé
LES INROCKUPTIBLES - Emily Barnett
LIBERATION
- Philippe Azoury
PREMIERE - Pamela Messi
TELERAMA - Jérémie Couston
CRITIKAT - Fabien Reyre
Adapté de la pièce éponyme de Wajdi Mouawad, "Incendies" est à l'image de l'oeuvre qui l'inspire : constamment sur le fil du rasoir, suscitant tour à tour fascination et exaspération.
ICI ou LA par exemple alors je sais vous allez me dire gnagnagna il fait beau, je vais pas aller m'enfermer au cinéma et j'en passe et des plus météorologiques... sauf que je vous en donne ma parole, le soleil se lèvera encore demain.. par contre "Incendies" va disparaître des écrans sans que vous l'ayez vu et il ne vous restera plus que vos yeux pour pleurer.

Donc, je pense que vous savez ce qu'il vous reste à faire...
Et aussi, merci de terminer CE JEU (j'ai agrandi et repeint les photos dans leurs couleurs originelles) sinon lundi "tintin les pruneaux" !!!
12:36 Publié dans 1 *****VERTIGINEUX | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : incendies de denis villeneuve, cinéma
23.01.2011
MA SEMAINE AU CINEMA
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LE GUEPARD de Luchino Visconti *****

INCENDIES de Denis Villeneuve *****
![incendies[1].jpg](http://www.surlarouteducinema.com/media/01/01/2871527522.jpg)
THE GREEN HORNET de Michel Gondry **
HEREAFTER de Clint Eastwood *(*)

MES COUPS DE COEUR







19.01.2011
INCENDIES de Denis Villeneuve *****


Lorsqu'ils se retrouvent chez le notaire qui leur révèle le testament de leur mère, Jeanne et Simon sont stupéfaits de ce qu'ils entendent. Elle leur demande d'être enterrée nue, sans cercueil, face contre terre, sans plaque ni aucune inscription car elle considère que sa vie n'a été qu'une honte. Deux lettres sont remises aux jumeaux. Une à Jeanne que sa mère charge de retrouver leur père qu'ils n'ont pas connu, une à Simon qui doit chercher un frère dont ils n'avaient jamais entendu parler. Ce n'est que lorsque ces deux lettres auront été remises à leurs destinataires que Nawal autorisera les siens à l'inhumer dignement.
Denis Villeneuve alterne les flash-back qui déroulent toutes les étapes de la vie de Nawal dans un pays du Moyen-Orient qui n'est jamais cité et les recherches menées de nos jours par sa fille Jeanne (Simon ayant refusé de céder à ce qu'il considère comme un nouveau caprice d'une mère fantasque et absente) qui "débarque" dans ce pays inconnu pour elle puisqu'elle vit depuis toujours avec son frère au Canada. Nous suivons avec le même effarement que Jeanne puis de Simon (qui finira par rejoindre sa soeur) les découvertes qu'ils font de la vie de leur mère. Et c'est avec le même effroi que nous recevrons dans les dernières minutes l'étendue de l'horreur de ce que Nawal a vécu et surmonté, tout ce que cette femme humiliée depuis sa plus folle jeunesse a subi, remettant en cause certaines évidences mathématiques... Le réalisateur ne nous laisse aucun repos, nous asphyxie littéralement en osant aller jusqu'au bout de l'indicible. Et j'avoue que c'est en larmes comme ça ne m'était pas arrivé depuis une éternité que j'ai laissé se dérouler le générique de fin, me demandant si ce que j'avais vu était plausible. Hélas, la réponse est oui. Ce que l'absurdité des guerres, le "pouvoir" que les hommes exercent sur les femmes, l'intégrisme, la religion (TOUTES les religions), le racisme, la bêtise peuvent générer comme horreurs est insondable.
Ici la tragédie familiale rejoint le drame d'une nation qui sert de "terrain de jeux" à d'autres peuples belliqueux. Tel le Liban sans aucun doute. Denis Villeneuve creuse le fond du fond de l'horreur et nous fait parcourir en apnée les événements que génèrent les guerres sur les citoyens "ordinaires". Dès les premières minutes on est happé par l'intensité des images et le regard du petit garçon dont on comprendra plus tard qu'il fera partie de ces "enfants soldats" qu'on utilise quand la chair à canon se met à manquer est de la même force que celui de cette afghane hagarde et terrifiée, souvenez-vous. On ne saura que bien plus tard ce que cette scène signifie. Car en plus de nous mettre totalement KO avec un film coup de poing, bouleversant comme rarement, le réalisateur n'en oublie pas de proposer un scenario à la fois complexe et limpide où tout finit par trouver un sens et une explication.
Que de thèmes abordés sur la souffrance, la honte, le chagrin, le pardon ! Que de force et de dignité dans la volonté de trouver et de comprendre ses racines, d'où l'on vient et comment on en vient ! Que de coeur, de sentiments et de violence ! Que de chemin parcouru par cette femme déchirée, constamment malmenée, bafouée, avilie mais debout jusqu'à l'épuisement à la recherche de son enfant perdu ! Quel film, mais quel film que cet "Incendies" porté en tension constante par des acteurs (tous) inspirés, habités ! Mais que serait-il aussi sans la puissance et l'abnégation totales d'une actrice qui disparaît et s'abandonne comme jamais à son personnage ? Lubna Azabal digne, intense, "femme qui chante" souvent silencieuse et d'une sobriété admirable rend inoubliable ce film saisissant, cette histoire et ce personnage qui nous percutent en plein coeur.
08:00 Publié dans 1 *****VERTIGINEUX | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : incendies de denis villeneuve, cinéma, lubna azabal


