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  • En attendant...

    que je puisse enfin reprendre un rythme "normal", aller voir : "There will be blood" et "Bienvenue chez les Chtis"...

    je persiste et signe : LE FILM à ne pas rater est "Le cahier" d'Hana Makhmalbaf (les deux autres cités ci-dessus resteront plusieurs semaines à l'affiche, c'est évident, pas celui-ci). Il passe encore à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Nancy, Montpellier, Rennes, Lille, Anger... Cherchez le chez près vous !

      Une petite piqûre de rappel ??? Cliquez ici ! Puis ci-dessous.
  • Paris de Cédric Klapisch **

    Paris est la plus belle ville du monde, si si, et Klapisch donne envie d’y passer ses vacances, ce que je ferais volontiers tellement j’aime cette ville aussi, et tant il y a de choses et d’endroits à découvrir encore et encore. Paris c’est l’ombre et la lumière, les quartiers chics, les quartiers pauvres, les quartiers populaires et leurs marchés qui tentent de lui donner un air de village, les taxis qui râlent, les manifs qui embouteillent, les monuments qui s’illuminent quand la nuit tombe, les grands boulevards, les petites impasses pavées qui montent à la verticale, les terrasses bondées des cafés, les théâtres, le music-hall, le grand tralala, et Rungis... Paris c’est la pluie, puis le soleil, c’est la hâte et la flânerie, Paris brisé, Paris martyrisé… oups, pardon (tais-toi de Gaulle !)… Mais Paris, c’est aussi et c’est surtout des parisiens qui travaillent, qui s’aiment et se déchirent, qui se cherchent sans se trouver, se croisent sans se voir… Paris c’est plein de gens qui vivent en somme et c’est l’histoire de parisiens, de Paris ou d’ailleurs que Klapisch va nous faire partager le temps d’un film. La bande-annonce tourbillonnante, bouleversante, peuplée d’acteurs que j’aime m’avait placée dans une attente fébrile. Le résultat m’a vraiment fait vivre les montagnes russes, des sommets fulgurants et des dégringolades catastrophiques qui donnent au final un avis très mitigé et une déception très inattendue.

    Voici en gros, en vrac, à tort et à travers, les grands bonheurs et les grandes déceptions de ce film.

    Paris - Juliette Binoche et Romain Duris

    Pierre a tout pour lui, la jeunesse, la beauté, la vie devant lui. Il est danseur mais il est très malade. Son « cœur de Pierre » ne fonctionne plus. Il attend une transplantation dans son appartement haut perché (au-dessus d’un cimetière… là, tu pousses Cédric !) et observe les gens d’en bas et d’à côté qui s’agitent, qui ont la vie devant eux « putain ». Il met sa sœur au courant qu’il ne survivra peut-être pas : 40% de chance, ça fait 60% de risques… Elle s’installe chez lui avec ses trois enfants (pourquoi pas un, pourquoi pas 8… on sait pas) pour l’aider car même soulever une fourchette devient héroïque par moments. Du haut de son perchoir Pierre va donc observer ou inventer des vies à un historien chercheur et dépressif (Fabrice Lucchini qui nous offre les plus beaux, profonds, émouvants et drôles moments du film), un maraîcher amoureux (Albert Dupontel), un architecte trop normal (François Cluzet), une boulangère raciste et à la tête farcie de clichés (Karin Viard, dans son premier rôle de composition… enfin, j’espère !), une étudiante hésitante (Mélanie Laurent), un top-model sans cervelle (Audrey Marnay)… et d’autres encore qui gravitent pour trouver leur place, ou pas. Et ça fait trop, beaucoup trop, même si je comprends que multiplier les personnages c'était aussi multiplier toutes les possibilités, tous les destins auxquels s'identifier ou pas... Mais lorsqu’il se concentre sur la relation frère/sœur de Pierre et Elise ou celle frère/frère (Lucchini/Cluzet) de Roland et Philippe, là, Klapisch frappe très fort et très juste et offre à son film des sommets de tension, d’émotion et de vérité qu’on lui connaissait peu…

     

    Paris - Romain Duris et Juliette Binoche
    Paris - François Cluzet et Fabrice Luchini

    Mais commençons par le pire du pire, ce pour quoi je ne te pardonne pas Cédric, jusqu’à ce qu’on m’explique ET que je comprenne le pourquoi du comment de telles scènes qui tombent comme des veuchs sur la soupe. A un moment quatre tops models titubantes, bourrées des quatre fers après une soirée bien arrosée « ouais han, pourtant han, on avait bien dit han, qu’on boirait qu’une coupe han… hi hi hi hi hi hi hi !!! »… se rendent à Rungis comme on se rendrait au zoo pour voir des animaux exotiques. Là, les quatre sans cervelles observent en pouffant comme des sottes des hommes qui travaillent à l’heure où elles vont aller se coucher. Elles regardent médusées et l’une s’exclaffe « oh la la, ça se sont des mains de travailleurs !!! » ou encore « je fais mes courses par internet je ne savais pas qu’il y avait des endroits comme ça avec des vrais fruits et des vrais légumes !! » (et une tête avec un vrai cerveau dedans t’as déjà vu ???). Et comme les hommes ne sont que des hommes qui réfléchissent avec leur entrejambe (excusez l’empilement de clichés mais je n’invente rien !!!), ils emmènent les filles visiter les abattoirs car évidemment le rêve de la bourgeoise est de se faire sauter par un travailleur entre les carcasses de viandes à Rungis !!! Affligeant, consternant et plein de trucs en ant qui me font encore et toujours me poser la question : « comment des acteurs peuvent accepter ce genre de scènes ??? ». Fin de la parenthèse.

    Il y a encore plein de moments dans le film où l’attention baisse (les multiples scènes de marché… en fait la même répétée 10 fois… oui, je sais la vraie vie est faite de répétitions et d’instants monotones mais au cinéma une fois ça va… 10 fois…) mais passons plutôt au meilleur du meilleur et aux moments de pure magie qu’on doit surtout aux acteurs et à la merveilleuse direction d’acteurs qui va avec.

    Romain Duris est Pierre. Son réalisateur et ami (j’imagine puisqu’ils en sont à leur cinquième collaboration) est fou de lui et nous spectateurs, on est fous de Romain parce qu’il est magnifique. Qu’il danse, qu’il sourit, qu’il pleure, qu’il s’essouffle, qu’il s’énerve, on danse, sourit, pleure et s’essouffle avec lui. Comme toujours il ne joue pas, il incarne. Je trouve qu’il symbolise tout ce que j’aime chez un acteur : le naturel (même si parfois j’aime aussi le cabotinage, mais je n’en suis pas à une contradiction près). Jamais on a l’impression qu’il interprète, il EST, toujours entier, frais, vrai, à la fois physique et charnel, intense et profond, sombre et lumineux.

    La vie de Roland (Fabrice Lucchini) est autant mise en évidence que celle de Pierre qui est le « cœur » du film, sans doute parce qu’il est historien, spécialiste de Paris. Sa performance ici m’a littéralement sidérée, jamais je ne l’avais vu si touchant, si humain, pétri de contradictions, de délicatesse… d’humanité, je ne trouve pas d’autre mot. Evidemment, il nous fait aussi plusieurs grands numéros « à la Lucchini » qui donneront de l’urticaire à ceux qui ne l’aiment pas et raviront ses fans (dont je suis), mais il y a ici une dimension supplémentaire et si lors de ses one man shows, on a chaque fois envie que la scène ne s’arrête jamais (sa danse tordante devant une Mélanie Laurent hilare en est une), il est aussi époustouflant lorsqu’il a un autre être humain en face de lui. A ce titre, la scène chez le psy devrait s’inscrire dans les scènes d’anthologie. Face au psy (génial Maurice Bénichou), il nous la joue d’abord à la Lucchini « j’suis z’un pragmatique moâ ! », jusqu’à ce que le psy l’amène à faire une révélation, LA révélation… et là, on hésite (comme le psy) entre éclater de rire ou en sanglots. Bravo. Les scènes qui l'opposent ou le le rapprochent de son "frère" François Cluzet sont elles aussi empreintes de tension et d'émotion vraiment réalistes et troublantes. Chacune des apparitions de Lucchini est un enchantement car si on le voit en histrion cabotin et facétieux, il y a aussi toute une part d’ombre qui apparaît, une authentique fragilité palpable à l’écran. Un bel acteur et je rêve toujours pour lui du premier rôle à la hauteur de sa dé-mesure.

    Paris - Fabrice Luchini

    Alors pour Fabrice, Romain, Juliette… et Paris : OUI !

    ET PUIS N’OUBLIEZ SURTOUT PAS LA MERVEILLE CI-DESSOUS A VOIR AVEC VOS ENFANTS (OU SANS !).

    www.sansebastianfestival.com
  • Le cahier (Bouddha s’écroule de honte) d’Hana Makhmalbaf *****

    Photos de 'Le Cahier'

    Baktay a 6 ans, elle est afghane et elle vit dans une grotte avec sa mère au pied des statues géantes détruites par les Talibans en 2001. A force d’entendre son petit voisin et ami réciter l’alphabet et lui raconter de belles histoires apprises à l’école, elle rêve elle aussi d’aller à l’école. Pour cela il lui faut absolument un cahier.

    Une fois de plus, une fois de trop je ne comprends pas la tiédeur et la timidité des critiques vis-à-vis de ce film certes bouleversant mais INDISPENSABLE ! La jeune réalisatrice (19 ans, excusez du peu) nous conte au travers d’une seule journée épouvantable le quotidien effrayant d’une petite fille dans un pays oublié et sacrifié. Elle choisit de le faire d’une façon si originale et si inédite qu’on en reste béat d’admiration. Plutôt que nous faire voir de plein fouet la violence et la tyrannie des hommes, elle nous présente son histoire du point de vue de cette petite fille qui, pour obtenir un cahier dans un pays où les filles n’ont pas le droit d’aller à l’école, doit vendre, troquer, argumenter et traverser mille dangers. Car les autres enfants, les garçons, « jouent à la guerre » et Baktay a beau leur répéter « je n’aime pas jouer à la guerre », ils vont l’intégrer contre son gré à leurs jeux terrifiants. Hana Makhmalbaf filme ces jeux avec tant de réalisme, en plaçant pourtant sa caméra à hauteur d’enfants, qu’on croit souvent que « c’est pour de vrai », et on tremble. A de multiples reprises on se prend à penser : mais il y a bien un connard d’adulte qui va lui DONNER un cahier ! Mais non, les adultes dans ce pays, sont bien trop occupés à tenter de survivre dans des conditions inimaginables qu’ils laissent les enfants pousser comme de mauvaises herbes. Aller chercher de l’eau, faire la lessive, trouver à se nourrir… tout devient une expédition. Dans les jeux des enfants, on ne trouve pas de cow-boys et d’indiens imaginés… leurs modèles sont tour à tour des Talibans, des terroristes, des américains… des guerriers de toute façon qui n’ont que mépris et dégoût pour les filles. Ils reproduisent exactement ce dans quoi ils baignent depuis toujours : la haine et la violence. Le constat est sombre et inquiétant. Quels adultes vont devenir ces enfants ???

    Au milieu de cette cruauté, une toute petite fille (et la toute petite actrice Nikbakht Noruz est tout simplement époustouflante) extraordinaire qu’on a envie de prendre dans ses bras 2 000 fois, pour la consoler, la rassurer. Le film se termine sur la phrase impressionnante de son ami qui lui lance « fais semblant d’être morte et tu seras libre » et Baktay s’écroule, vaincue. Et on se dit, et alors ? Ce n’était qu’une journée où elle a réussi à ne pas tomber dans un ravin, ne pas se noyer dans la rivière, ne pas être enterrée vivante, ne pas être lapidée, ne pas être dévorée par un chien… Que sera demain pour elle, et pour tous les autres ?

    Allez voir ce film qui par ailleurs est d’une beauté étourdissante car ce pays semble être magnifique et surtout, surtout emmenez vos enfants (à partir de 8-9 ans), et expliquez leur que ces enfants là-bas vivent sur la même planète, au même moment qu’eux, même si leurs conditions moyen-âgeuses de sur-vie vont leur paraître invraisemblables.

    Je le répète ce film est un crève-cœur mais il me semble indispensable et contrairement à ce que ma note semble supposer (j’ai beaucoup de mal à en parler même si l’histoire et les images m’obsèdent depuis trois jours…), il n’est pas un mélo indigeste et malhonnête où la réalisatrice viendrait chercher notre émotion par des moyens faciles. Cela dit le visage de Baktay, ses belles joues cramées de soleil, son sourire lumineux, ses larmes insupportables, son beau petit costume jaune et vert, ses petites mains… vous n’êtes pas prêts de les oublier 

    Affiche de 'Le Cahier'
  • Palmarès Oscar 2008

    Encore moins surprenant que celui des Cesar je trouve, mais néanmoins très intéressant.

    Meilleur film

    NO COUNTRY FOR OLD MEN de Joel et Ethan Coen

    Etant donné que “L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » a été scandaleusement oublié, ce n’est que justice. Ce film est une « tuerie »…

    Meilleur réalisateur

    Joel et Ethan Coen pour NO COUNTRY FOR OLD MEN

    Je n’ai jamais compris qu’on puisse (parfois) distinguer le meilleur film du meilleur réalisateur mais là aussi, il y a une justice chez les anges !

    Meilleure actrice

    Marion Cottillard dans LA MOME

    Toute sa vie elle sera « celle » qui a obtenu un Oscar à Hollywood, gage de qualité, un peu comme l'estampille "vu à la télé" ! Et pendant des décennies sans doute, avant qu’une autre française remporte la statuette… ce film symbolisera le cinéma français aux Etats-Unis ! Grrrrrrrrr ! Ce qui m’amuse quand même, c’est que l’académie a également remis l’Oscar du Meilleur maquillage à ce film…

    La Môme - Marion Cotillard

    Meilleur acteur

    Daniel Day Lewis dans THERE WILL BE BLOOD

    Je le verrai bientôt mais ce que j’en ai vu me fait penser que l’académie a vu juste.

    There Will Be Blood - Daniel Day-Lewis

    Meilleur scénario original

    Diablo Cody pour JUNO

    QUOI ????????????????

    Soit.

    Meilleur scénario adapté

    Joel et Ethan Coen pour NO COUNTRY FOR OLD MEN

    Lisez le livre… avant ou après avoir vu le film. Vous verrez.

    Meilleure actrice dans un second rôle

    Tilda Swinton dans MICHAEL CLAYTON

    Elle est toujours étonnante.

    Tilda Swinton - Crime contre lHumanité

    Meilleur acteur dans un second rôle

    Javier Bardem pour NO COUNTRY FOR OLD MEN

    Il est bien le seul dont je tolère qu’il prenne la place de Casey !!! Tout de même, obtenir un Oscar en étant coiffé comme Mireille Mathieu, c’est très très fort.

    No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

    Meilleur film d’animation

    RATATOUILLE de Brad Bird

    Bof…

    Meilleur film étranger LES FAUSSAIRES de Stefan Ruzowitsky

    BRAVO. Voyez le, il doit encore être à l’affiche.

  • CÉSAR est juste…

    Je dois vous l’avouer j’aime, j’adore et je ne raterais sous aucun prétexte cette remise de « hochets » annuels (comme dit Jean Rochefort) qui autocélèbre la grande famille du cinéma. J’adore les robes de princesses, les discours empêtrés, les autres plus élaborés. J’aime Antoine de Caunes qui présente la soirée comme personne. Il me fait rire même lorsque et peut-être encore plus il n’est pas fin-fin… parce que dans ce cas on entend comme un frisson qui parcourt la salle. Qu’il dise par exemple que le mime Marceau était mort depuis trois jours mais qu’on croyait qu’il répétait son nouveau spectacle… ça m’amuse et plus encore quand je vois les tronches de certains cakes qui semblent s’offusquer : « aucun respect pour les morts ! ». Donc, Antoine me fait mourir de rire et Jean Rochefort aussi, alors lors de cette soirée je m’amuse et je m’émerveille…et puis, quand les stars décachettent les enveloppes, je peux m’esclaffer « j’l’avais dit !!! », et là c’est le nirvana et c’est vérifiable.

    Cela ne m’empêche pas non plus d’exercer lors de cette looooongue soirée mes talents critiques et ma mauvaise foi !

    Donc, CÉSAR est juste…

    Car il a sacré le beau film d’Abdellatif Kechiche « La graine et le mulet »… et contrairement à ce que nous laisse lire et entendre la presse, je dis que non, le César le plus prestigieux n’est pas celui de la meilleure actrice mais bien ceux du Meilleur réalisateur, Meilleur film, Meilleur scénario et Abdellatif Kechiche les a obtenus tous les trois. L’académie n’est donc ni sourde ni aveugle et pour ces trois César largement mérités j’lavais dit !

    Addellatif Kechiche avait déjà surpris le monde du cinéma il y a quelques années avec « L’Esquive », outsider multiprimé !

    CÉSAR est juste…

    Car « La Môme » a obtenu quatre César techniques et c’est vrai que ce film sans âme, sans cœur et sans émotion est un film technique. Jetez-moi des cailloux si vous voulez, c’est l’un des plus mauvais films que j’ai vu en 2007.

    César est étrange car il a sacré comme acteur et actrice, un acteur et une actrice qui ont un masque de latex sur la tête… Ce qui signifierait que pour être acteur, il faut changer de tête ! J’avais « voté » pour Cécile de France et Michel Blanc et là, j’ai tout faux.

    Mathieu Amalric n’était pas là, il n’a donc pas pu faire son beau discours de sa belle voix étrange en direct… C’est Antoine qui l’a lu. Ce matin j’apprends par ma radio préférée que ce discours écrit risque de faire grand bruit car d’après Mathieu himself (en tournage sur le prochain « James Bond ») il aurait été censuré de sa dernière partie qui évoquait les multiplexes, les salles art et essai, le désengagement du gouvernement vis-à-vis de la culture (ça m’amuse toujours (mais jaune…) quand on associe CE gouvernement à la culture !!!)… etc. Mathieu est stupéfait : « ce serait donc si simple la censure ? ». Il semblerait qu’Alain Terzian ait des comptes à rendre prochainement. A suivre.

    CÉSAR aime les filles… qui ne le lui rendent pas toujours.

    La meilleure actrice est donc Marion Cotillard. Je n’ai rien contre Marion Cotillard en général mais ici en particulier son interprétation titubante, vociférante et alcoolisée d’Edith Piaf m’avait laissé muette à l’époque. Depuis presqu’un an qu’on répète à Marion qu’elle est la plus grande, qu’elle obtient moult récompenses à travers le monde et que peut-être c’est pas fini… on aurait pu imaginer qu’elle commencerait à s’habituer et que pour cette consécration annoncée, elle se donnerait la peine de se faire écrire un beau discours plein d’émotion certes, mais digne !!! Non, Marion a préféré jouer la surprise « ben merdalors j’m’y attendais pas du tout »..et venir sangloter (sans larmes) en direct live, en bafouillant, tremblotant et reniflant (décidément parfois les larmes, ça veut pas couler !) remerciant papa, maman et Dahan. C’était ridicule et je n’ai pas cru une seconde à l’émotion de Marion…

    Mais nous n'en avions pas fini avec les surprises réservées par les filles.

    Avant de remettre un César, Marie Gillain nous a offert une prestation alcoolisée (qui m’en a rappelé une autre…) pas drôle du tout et complètement à côté de la plaque.

    Julie Depardieu (j’l’avais dit) absolument magnifique dans le rôle de la bonne copine homo compatissante et qui ne juge pas dans « Un secret » obtient le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle oblige son amie Ludivine Sagnier (très très bien par contre) à monter sur scène avec elle, refuse le César et sort quelques inepties en quittant la scène hilare et ridicule. Décevante ! Si elle avait l’intention de refuser le César, pourquoi est-elle venue ? Il faut jouer le jeu non ?

    Hafsia Herzi, César du meilleur espoir féminin (j’l’avais dit) pour son beau et énergique rôle dans « La gaine et le mulet », choisit elle aussi de venir se moucher sur scène dans ses (très beaux) cheveux. Je plaide l’indulgence et le jeune âge de la demoiselle mais bon…

    Fanny Ardant venue remettre un César d’honneur à Roberto Benigni nous inflige un de ses discours abscons, essoufflé, lénifiant et ampoulé comme elle en a le secret… C’est tout juste si d’après elle, le pauvre Roberto ne devrait pas être nommé au Prix Nobel de la Culture. Heureusement, Roberto vient remettre un peu de youpitralala dans tout ça et rappeler que ce sont des français qui ont inventé le cinéma !

     

    Heureusement encore, pour relever le niveau féminin (apparemment "la classe", c'est inné)… l’immense Jeanne Moreau venue recevoir un César d’honneur nous offre l’un des moments les plus beau, émouvant et intelligent de la soirée. Elle remet son César à Céline Sciamma (réalisatrice du premier film « Naissance des pieuvres ») qui servira de « relais » à transmettre chaque année au réalisateur d’un premier film. Beau geste et beau symbole.

     

     

    Voilà, pour les quelques moments les plus marquants de cette cérémonie. Pour le reste des « j’l’avais dit », j’avais dit que Sami Bouajila (beau, simple, sobre, élégant…) aurait le César du meilleur acteur dans un second rôle, qu’Alex Beaupain aurait celui de la meilleure musique (facile !), Florian Henckel von Donnersmarck celui du meilleur film étranger (évident) et Barbet Schroeder celui du meilleur documentaire (logique).

    Malgré mes critiques, j’aime cette soirée et tout ce qui touche de près et d’encore plus près au 7ème art.

    Allez au cinéma !

  • Help !

     

    Les Noces funèbres de Tim Burton

    Tenue enchaînée loin de mes salles obscures pour de machiavéliques raisons je vous invite néanmoins à faire un tour d’horizon des films à l’affiche actuellement :

    I – Les films que j’ai choisi de ne pas voir et qui ne me donneront donc aucun regret :

    ALVIN ET LES CHIPMUNKS :

    Parce que rien que le titre et la bande-annonce m’avaient donné envie de vomir. Et puis, il faudra bien un jour arrêter de faire croire aux moutards que les rats sont de petits animaux sympathiques qui parlent, chantent, font des farces et ont leur place dans une cuisine !

    ASTÉRIX AUX JEUX OLYMPIQUES :

    Malgré Alain Delon et Benoît Poelvoorde, JE REFUSE !

    ÇA SE SOIGNE :

    Parce que les grimaces et pleurnicheries de Thierry Lhermitte lors de la bande-annonce m’ont vraiment fait peur (à plus d’un titre). Oui je suis impressionnable !

    CLOVERFIELD :

    Parce que voir la tête de la statue de la liberté débouler dans les rues de New-York ne m’intéresse pas.

    ENFIN VEUVE :

    Parce qu’Isabelle Mergault NON et Michèle Laroque NON et NON et RE.

    JOHN RAMBO :

    Parce que, vous n’allez pas me croire… je n’ai vu AUCUN Rambo, alors je ne vais pas commencer par le dernier et puis le génocide karen, j’étais au courant avant (merci Sylvester). Par contre, je n’ai pas raté UN SEUL Rocky. Je ne sais si ça jouera dans mon absolution.

    LA FABRIQUE DES SENTIMENTS :

    Parce que le thème (racoleur) révélé par une bande annonce repoussante ne m’attire pas du tout, du tout.

    MAX and CO :

    Parce que.

    PS I LOVE YOU :

    Parce que cte grande gigue d’Hilary pète trop la santé pour jouer les dépressives. Et puis Gérard Butler m’a déjà démontré à deux reprises l’acteur calamiteux qu’il est.

    Bon écoute Gérard, si tu veux faire star un jour : CHANGE DE PRENOM (mes respects aux Gérard)… Et puis de toute façon, des Butler, j’en connais qu’un, il s’appelle Rett et c’est le mari de Scarlett.

    II -  Les films que si je ne les vois pas, je risque quand même d’être un peu fâchée :

    JUMPER :

    Parce qu’Hayden Christensen… Ben oui, il m’a trop fait pleurer d’être l’Anakin sacrifié de la trilogie !

    LA JEUNE FILLE ET LES LOUPS :

    Parce que Laetitia Casta est une actrice que j’aime.

    LE DRAGON DES MERS :

    Parce que j’aime bien la légende du Loch Ness.

    LE MERVEILLEUX MAGASIN DE M. MAGORIUM :

    Parce que bien que les couleurs soient moches à hurler… Natalie et Dustin quand même…

    LES CERFS VOLANTS DE KABOUL :

    Parce que.

    NOTRE UNIVERS IMPITOYABLE :

    Parce qu’Alice Taglioni est une fille extra et son mec aussi mais qu'avec les comédies (surtout quand elles prétendent pousser à la réflexion…) j’ai un peu de mal…

    UN CHÂTEAU EN ESPAGNE :

    Parce que j’adore Anne Brochet.

    LE CAHIER :

    Parce que la famille Makmahlbaf est étonnante et que la petite fille qui rêve d'aller à l'école me fait penser à Ponette...

    PEUR(S) DU NOIR :

    Parce qu’ils m’ont mis l’eau à la bouche.

    III – Les films que si je ne les vois pas je serai de très très mauvaise humeur :

    PARIS :

    Parce que Cédric, Romain, Juliette, François et les autres… et Paris tout simplement.

    LA FAMILLE SAVAGE :

    Parce que Philipp Seymour Hoffman...

    et malgré Laura Lynney qui (pour moi) est un peu un Gérard Butler au féminin...

    REDACTED :

    Parce que Brian c’est de Palma et qu’il ose nous dire qu’il faut se méfier des images qu’on nous montre, arrêter de gober l’info pré-mâchée !

    IV – LE FILM QUE J ATTENDS :

    THERE WILL BE BLOOD :

    There Will Be Blood

    Parce que Paul Thomas Anderson, parce que Daniel Day Lewis, parce que Paul Dano...

  • Fantasmes et cinéma

    Jérôme m’a demandé de révéler « Cinq fantasmes » cinéphiles. C’est étrange mais amusant et finalement comme toujours très révélateur, car ça pourrait être très différent demain... Mais comme toujours :

    Voici donc, mes cinq fantasmes cinéphiles (du plus réalisable au plus improbable) seraient que :

    1) Les films de Xhuang Yuxin, Alessandro Angelini, Michel Kammoun, Noël Mitrani, Stanislaw Mucha, Dimitri Karakatsanis, Niall Herry, Kirill Mikhanovski, Frédéric Choffat… sortent en salle rapidement et soient vus par le plus grand nombre.

    2) Zang Yhimou adapte le livre de François Cheng « Le dit de Tianyi ». A condition qu’il revienne aux « fondamentaux » de ses premiers films, oublie les boursouflures insupportables de sa « Cité Interdite » et prenne pour acteur : Andy Lau, Tony Leung Chiu Wai et Linh Dan Pham.

    3) Claude Miller adapte « La part de l’autre » d’Eric Emmanuel Schmitt. Je lui laisse le choix quant à l’acteur chargé d’incarner Hitler...

    4) Je rencontre Clint Eastwood et Paul Newman (le premier qui dit « faut te dépêcher », je lui pète les dents avec mon coude) pour pouvoir me jeter à leurs pieds dans leurs bras et aussi assister au tournage de leur prochain film.

    5)       Je sois co-présidente (je ne suis pas gourmande) du Jury du Festival de Cannes, même sur un strapontin. Cette année, ça m’irait pile poil !

    Je passe le flambeau à Bernard Blancan, Sandra M. et Pierre-Loup qui ont pour mission de ne pas briser cette chaîne d'amour sous peine d’être maudits jusqu’à la treizième génération de leur descendance et d’être couverts de pellicules…

  • Benjamin Gates et le Livre des Secrets de Jon Turteltaub*

    Benjamin Gates et le Livre des Secrets - Nicolas Cage

    L’arrière arrière arrière (et peut-être encore une fois arrière) grand-père de Benjamin Gates (Nicolas Cage marrant comme un bidet !) est soupçonné d’avoir été impliqué dans l’assassinat d’Abraham Lincoln. Vous autres de Lefrincoucke sur Sambre, vous vous rendez sûrement pas compte mais c'est un président cher au cœur des américains.

    Benji doit et veut venger l’honneur perdu de papy et pour cela il doit reconstituer le mystère de la page manquante !!!

    Les aventures de cet Indiana Jones du pauvre se passe en ville : New-York (mais pas trop), Washington, Paris (au cas où vous ne le sauriez pas, la statue de la Liberté est au jardin du Luxembourg) et Londres. On voyage donc un peu et on se marre bien même si le comique de ce film est involontaire, enfin je crois. De toute façon ce n’est pas grave, les acteurs étant assez intelligents pour avoir décidé de faire comme si… en ne se prenant pas au sérieux une seconde. Devant tant d’incongruité et d’invraisemblance on ne peut évidemment que se marrer. Benjamin Gates et ses acolytes (papa, maman, fiancée et copain) mettent moins de temps à décrypter, déchiffrer, analyser et comprendre des indices alacon qu’il n’en faut pour dire « Da Vinci Code ». Il faut reconnaître que parler l’amérindien, le hiéroglyphe couramment, ça aide. Et les potes à Ben ils savent tous faire ça, sans plier les genoux. Mais c’est pas ça le plus comique de l’affaire. Figurez-vous qu’il y a un machin hyper méga plus important dans le Bureau Ovale. Vous saviez vous que c'était "le bureau du résolu" ? Pas moi. Et puis,  bande de béotiens, vous vous dites, ‘tain visiter le bureau du Président sans qu’il y ait personne : c’est pas facile. Détrompez-vous, mais je ne vous dis pas tout, c’est sexuel !!! Ensuite, pour en savoir encore plus, il suffit d’enlever le Président… Fastoche aussi ! Moi j’avais envie de lui dire à Benji « flingue l’otage pendant que tu y es, ça nous débarrassera le plancher d’une belle engeance ». Tu parles le Président, c’est Bruce Greenwood, et avec son sourire à la JFK t’as tout sauf envie de le flinguer. En plus, au début, il fait genre celui qu’est vénèr qu’on l’a enlevé… et puis, il se souvient qu’il a fait des études d’archéologie. Ça tombe pile poil et du coup les histoires à Benji ça le passionne et du coup encore, il lui donne tous les codes pour aller chiper des trucs à la Bibliothèque du Congrès. De toute façon comme les gens qui travaillent là-bas regardent toujours ailleurs, y’a pas de lézard, tu y entres comme dans un moulin, mais avoir les codes, ça aide aussi. Bon, sinon ajoutez comme tirelipimpom sur le chihuahua Harvey Keitel en agent du FBI à qui on a fini de la faire et Ed Harris en méchant pas si méchant que ça… et la température monte d’un cran non ??? Ah oui, ça se termine au Mont Ruhsmore, mais pas de panique c’est pas du Hitchcock pour autant mais c’est beau quand même et puis sous le mont y’a une cité en or massif… Et là, fou rire terminal, on dirait un machin en carton peint en doré : c’est hyper moche mais heureusement le réalisateur l’a vu et il casse tout avant le générique. C’est le décorateur qui a dû se prendre un sacré fumant, moi je dis. Mais j’en sais rien ! De toute façon, no panic, j'ai beau me creuser le ciboulot, j'ai pas l'impression qu'on nous ait donné le résultat du mystère de la page 47... Alors il y aura une suite !

    Vivement eul vinte !

  • LES FAUSSAIRES de Stefan Ruzowitzky ***

    les faussaires,cinéma

    Sally (Salomon) Sorowtisch, juif allemand, roi des faussaires est déporté au camp de Mathausen. Plus tard, il sera transféré au camp de Sachsenhausen, 1ère classe des camps de concentration où il sera chargé avec d’autres faussaires experts en imprimerie, typographie etc… d’imprimer de fausses livres sterling afin de tenter de déstabiliser l’économie anglaise…

    Il ne suffit pas de mettre des hommes en pyjamas rayés et de les installer dans des baraquements crades pour nous faire croire à l’abomination des camps. Ici, les hommes parqués dans les camps tremblent littéralement de trouille et c'est palpable à l'écran. L’un deux dira, terrifié « on est pas en prison ici, ils veulent nous tuer ». On est révulsé tant la terreur devient réaliste. Evidemment, je ne comprendrai jamais et ce n’est même pas le cinéma qui m’y aidera, comment des hommes, au-delà de la barbarie ont pu faire « ça » à d’autres hommes… mais ici, on atteint il me semble une idée de ce que furent l’effroi et l’ignominie tant le réalisme tient du documentaire. Lorsque la poignée d’hommes chargés de créer les faux billets se retrouvent, privilégiés dans un camp où ils sont nourris, appelés par leur nom (et non sous leur numéro), on ne cesse de trembler avec eux car ils continuent d’être considérés, malgré leur rôle précieux, comme des juifs par les nazis, c’est-à-dire moins que des chiens. Il suffirait de presque rien pour qu’ils soient exécutés. L’un d’eux le sera, le nazi chargé de l’exécution viendra raconter à ses camarades que « bien que juif, il est mort comme un homme ! ». No comment.

     

    Au-delà de l’aspect quasi documentaire, le film tiré d’une histoire vraie racontée dans un livre « L’atelier du diable » par l’un des protagonistes, Rudolf Burger, se vit comme un véritable thriller emballant.

    Mais le plus troublant est que l’on sort de la projection avec mille questions en tête. Notamment sur l’héroïsme, la façon de se comporter dans des situations extrêmes. Est-ce collaborer que de vouloir rester en vie ? De quoi les survivants peuvent-ils se sentir coupables ? Pourquoi les victimes deviennent-elles ou se considèrent-elles parfois comme des coupables ? L’un des héros dira « je refuse de me sentir coupable de survivre ». Cette histoire forte, bouleversante et dérangeante est aussi magnifiquement interprétée par deux acteurs sublimes Karl Markovics, franchement antipathique parfois (est-on forcément sympathique parce qu’on est juif et déporté, semble également nous interroger ce film ?) et August Diehl, magnifiquement intense (sorte de Christopher Walken d’outre Rhin), tous deux charismatiques et magnétiques !

     

    P.S. : j'ai vu ce film avec "mon Dada"... ce qui est une expérience que je vous recommande ! Le Dada en question étant un spectateur qui vit un film plus qu'il ne le regarde, sautant, sursautant, s'exclaffant !!! Une expérience vous dis-je !