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  • Coup de foudre à Rodhe Island de Peter Hedges **(*)

    Coup de foudre à Rhode Island - Steve CarellCoup de foudre à Rhode Island - Juliette BinocheCoup de foudre à Rhode Island - Juliette Binoche et Steve Carell

    Depuis quatre ans que sa femme est morte, Dan élève seul ses trois filles mignonnes, gentilles, sages et compréhensives. Il n’a plus aucun espoir de retrouver l’amour sauf qu’il va croiser la route de Marie dans une librairie et en tomber instantanément fou amoureux. Ça arrive. Ça existe.

    Si.

    Et alors, chabadabada ???

    Pas du tout. Vous avez déjà vu un long métrage d’un quart d’heure vous ? Donc, lors de vacances en famille… je devrais dire en tribu car tout le monde est là, les sœurs, les frères, leurs conjoints, leurs moutards et les parents (ou grands-parents), je ne vous dis pas la taille de la maison au bord de l’eau… Dan découvre que Marie est la toute nouvelle petite amie de son frère chéri. Comment faire pour s’en sortir, faire comme si, et ne faire de mal à personne ? Dur.

    Donc, tous les ingrédients de la comédie sentimentale américaine sont là, version la famille c’est merveilleux (mais que la famille américaine est donc envahissante !!!), et on ne doute pas un instant de l’issue. Alors pourquoi celle-ci est-elle franchement au-dessus du niveau des autres ? D’abord parce que le rythme, même si on a souvent envie de dire à tous ces gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas d’aller se faire voir ailleurs, ne laisse filtrer aucun temps mort. On ne s’ennuie pas, c’est déjà pas mal et personne n’est humilié, c’est prodigieux.

    Mais la réussite totale c’est le casting, le duo d’acteurs qu’on ne s’attend pas forcément à trouver dans une bluette. Juliette Binoche est un astre qui pétille et resplendit. Et puis surtout Steve Carell à qui aucun registre ne résiste, ni le comique, ni l’émotion, ni la séduction.

    Je suis fan de Steve Carell, définitivement !

     

  • Les cendres du temps de Wong Kar-Waï ???

    Les Cendres du temps - Redux - Leslie CheungLes Cendres du temps - Redux - Leslie Cheung

    Dans une Chine désertique hors du temps, de jeunes gens prompts à dégaîner leur sabre, drapés dans des kimonos chamarés ou en haillons (selon les saisons), se croisent, se décroisent et se recroisent. Ils n’ont à la bouche qu’une seule phrase « si tu ne fais pas ci (ou ça), je te tue », un seul mot « vengeance » et une seule règle « vivre ivre et mourir en rêvant ». Partant de là, quatre saisons passent et le filtre rouge/orange/ocre utilisé avec excès finit par piquer les yeux. Les combats sont filmés au ralenti comme il se doit, le sang gicle et je découvre médusée alors qu’apparaît le mot « fin » () qu’il s’agissait d’amour. Totalement incompréhensible, ce film qui manque de mystère mais pas d’abstraction m’a laissée sur le bas côté… Et puis Tony Leung et Maggie Cheung étaient tellement jeunes (ah oui, j’ai oublié, il s’agit du « redux » de 1992) que je ne les ai même pas reconnus…

    Peut-être la critique des Cahiers du cinéma (ils me feront toujours bien rire) vous éclairera t’elle : « Ce décalage fait du redux un objet à la fois innovant et daté, fulgurant et lesté du passé, l'artefact d'un paradoxe temporel ».

    Heureusement depuis, Monsieur Wong m’a terrassée avec « In the mood for love » et davantage encore avec « 2046 ».

  • Jar City de Baltasar Kormatur ***

    Jar City - Ingvar Eggert SigurðssonJar City - Ingvar Eggert SigurðssonJar City

    A Reykjavik, l’inspecteur Erlendur voit son enquête sur la mort d’un vieil homme le ramener quarante ans en arrière. Une photo mystérieuse de la tombe d’une petite fille le conduit à Jar City où il découvre une insolite collection de bocaux contenant des organes. Il s’agit d’un véritable fichier génétique de la population islandaise…

    Ce polar islandais noir, crasseux, glacial et déroutant brasse maladie génétique et enquête sur un meurtre. C’est aussi pratiquement le seul film en « odorama » connu tant une certaine scène d’exhumation pousse le réalisme sordide jusqu’à nous faire croire qu’on est présent sur place et à nous boucher le nez !

    C’est un polar aux allures macabres, cynique et parfois drôle qui semble piétiner autour de pistes multiples qui perdent l’enquêteur et le spectateur, pour finir par les retrouver, les surprendre et les troubler. Les paysages sublimes balayés par le vent et le froid ajoutent à l’atmosphère étrange de ce film issu d’un pays exotique et méconnu baigné dans une singulière lumière. C’est aussi un acteur immense et atypique Ingvar Eggert Sigurösson au physique pas banal, au regard implacable, aux tenues vestimentaires d’un autre âge, qui, sous son apparence inquiétante d’enquêteur nonchalant  qui mange des choses étranges… et sans état d’âme, se révèle être un papa poule doux et protecteur.

    Une rareté, une curiosité bizarre et étonnante, un voyage en terre inconnue.