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  • Paul Newman

    Redire qu’il était mon acteur préféré n’a aucune importance, c’est pourtant le cas alors forcément la sensation est étrange alors que je rêvais encore d’une ultime rencontre avec son ami Robert Redford pour ce projet de western écolo… Je vous renvoie à tous vos journaux qui ne manqueront pas de détailler quel homme bien il fut, en plus de l’acteur exceptionnel au sommet d’une carrière de 55 années.

    people : Paul Newman et Robert Redford

     Il avait de solides convictions démocrates, il a joué un rôle important dans le Mouvement pour les droits civiques, participé à certaines campagnes du Parti démocrate et pris part à des conférences pour le désarmement nucléaire. Il se fichait éperdument d’Hollywood et avait même brûlé son smoking car les mondanités le mettaient mal à l’aise. Il avait cependant reçu trois Oscars, un pour l’ensemble de sa carrière en 1986, un autre comme meilleur acteur pour « La couleur de l’argent », de Martin Scorsese, l’année suivante, et un dernier, en 1994, au titre de ses actions humanitaires. Il était en effet fortement engagé dans des activités caritatives, et sa société de produits alimentaires «Newman’s own», qui fabrique entre autres des sauces reverse 100 % de ses bénéfices à des œuvres, faisant de lui l’un des philanthropes les plus généreux de son pays.

    Il formait en outre depuis 1958 avec l’actrice Johanne Woodward l’un des couples les plus célèbres et solides d’Hollywood.

    people : Paul Newman et Joanne Woodward

    Je ne peux que saluer l’excellent choix de France Télévision qui nous offre de revoir ce soir sur France 2 « La couleur de l’argent » de Martin Scorsese et mardi prochain « L’Arnaque » de George Roy Hill sur France 3.

    Je sens que vous brûlez de savoir quel était mon film préféré… Question insoluble. Disons que j’ai un gros faible pour « L’arnaque » mais aussi « Butch Cassidy et le Kid », son interprétation époustouflante d’Ari Ben Canaan dans « Exodus » et je revois cette scène magique du « Rideau déchiré » d’Hitchcock où en haut d’une colline il dit qu’il aime la femme qu’il aime sans pouvoir la toucher… La plupart des films qu’il a tournés sont exemplaires et même les films médiocres il les tirait vers le haut car il avait quelque chose en plus que les autres n’ont pas, une chose indéfinissable, insaisissable et unique… 

  • Faubourg 36 de Christophe Barratier **

    Faubourg 36 - Kad Merad, Clovis Cornillac, Gérard Jugnot et Maxence PerrinFaubourg 36 - Gérard Jugnot, Kad Merad et Nora ArnezederFaubourg 36 - Clovis Cornillac

     

    Paris 1936, 3 amis se retrouvent au chômage après que le cabaret où ils travaillaient a fermé. Le moment d’abattement passé, ils vont tout faire pour tenter de redonner vie au spectacle. Ce ne sont pas les embûches, les contre-temps et les coups du sort qui vont faire défaut...

    Tout est impeccable dans ce beau film qui semble revendiquer un petit air plaisamment vieillot. Tout est parfait, l’ambiance, la reconstitution de Paris, ses pavés, ses escaliers, ses toits, à mi chemin entre « Moulin Rouge » et « French Cancan », le climat social, l’allure résolument « titi » des énergiques interprètes, les chansons drôles, tristes à pleurer ou réalistes qui semblent dater des années 30 (alors que pas), les morceaux de music-hall follement dynamiques et colorés qui donnent des fourmis dans les pattes, les sketches pas toujours finauds mais qui faisaient s’éclourer de rire des salles entières. Il ne manque rien ou presque ou seulement une chose qui me semble essentielle et m’a retenue de voir le grand film populaire que j’attendais : l’émotion ! En effet, malgré toutes les difficultés, les complications, les empêchements et les drames qui se nouent sous nos yeux, ils restent désespérement secs et le cœur ne palpite pas.

    Dommage, mais en tout cas, l’interprétation brillante n’y est pour rien car chacun des acteurs (qui poussent tous la chansonnette) est un virtuose dans sa partition. Comme il faudrait les citer tous et détailler leurs talents (ce qui serait trop long) je n’en citerai que deux : le tout jeune Maxence Perrin (déjà adorable Jojo dans « Les Choristes ») et surtout, surtout Nora Arnezeder, toute jeune  et sublime nouvelle venue de 18 ans, qui maîtrise aussi bien le chant que la comédie et est le véritable soleil de ce faubourg. Une révélation.

    Cela dit je souhaite à ce film le même succès que celui des Choristes, précédent film de Christophe Barratier, et je ne saurais le déconseiller car le pari est osé de réaliser un film aussi spectaculaire et dont l'ampleur des séquences musicales va crescendo.

  • Parlez-moi de la pluie d’Agnès Jaoui ***

    Parlez-moi de la pluie - Jean-Pierre Bacri et Agnès JaouiParlez-moi de la pluie - Jean-Pierre Bacri et Jamel Debbouze

    De retour dans la maison de son enfance qu’elle doit vider après la mort de ses parents, Agathe retrouve sa sœur Florence (son mari, ses enfants) et Mimouna la « nounou » algérienne qui l’a élevée. Le fils de cette dernière, Karim entreprend de réaliser avec son ami Michel un documentaire sur « Les femmes qui ont réussi ». Son choix se porte sur Agathe, romancière à succès qui souhaite s’engager en politique.

    L’argument ne semble être qu’un prétexte pour permettre aux protagonistes de ce film un peu choral (mais pas trop… 5 ou 6 personnages essentiels) de se croiser et Agnès Jaoui de brasser en les effleurant avec bonheur, douceur et fermeté des thèmes qui lui sont chers : les couples qui se font et se défont, ceux qui n’osent pas, le deuil, l’engagement, le sexisme en politique et quelques manifestations de l’humiliation ordinaire. Chaque personnage a des raisons de souffrir : Agathe de se débattre dans un monde d’hommes, Florence de ne pas être heureuse dans son couple, Michel de ne pas avoir la garde de son fils, Karim et Mimouna du racisme…

    Ce qui frappe dans un film du célèbre couple Jaoui/Bacri c’est l’esprit de troupe qui semble régner, comme si la chanson « Les copains d’abord » avait été écrite pour eux. Mais c’est l’évidente complicité du nouveau tandem Jamel/Bacri qui fait merveille tant les deux hommes semblent sur la même longueur d'ondes avec l’impression que l’aîné enveloppe parfois son cadet d’un regard plein de tendresse et d’admiration. Alternant les moments de franche rigolade et de pure émotion et même si la fin nous propulse de façon inattendue (de la part des scénaristes) dans un monde idéal, on sort de la projection avec une nouvelle fois le sentiment d’avoir vu une histoire qui raconte la nôtre, qui parle de ce qu’on a un peu vécu, ressenti. Une histoire pleine de doutes, de certitudes puis d’hésitation, des petits bonheurs, des grands chagrins comme dans la vraie vie.

    L’un des grands talents d’Agnès Jaoui c’est son incontestable direction d’acteurs et ici tous sont au diapason d’une partition écrite sur mesure. La réalisatrice s’expose en se donnant le rôle pas très sympathique de la femme autoritaire, sûre d’elle et tranchante en surface. Pascale Arbillot est adorable en sœur mal aimée. Bacri compose un grand Bacri, moins bougon mais encore plus fragile qu’à l’ordinaire. Et Jamel impose une jolie présence pleine de retenue et d’émotion. Mais l’ensemble du casting est soigné aux petits oignons par des dialogues écrits sur mesure qui font mouche à chaque réplique.

    Rire et s'émouvoir, un rêve au cinéma.