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LE BRIO

d'Yvan Attal *

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Avec Camelia Jordana, Daniel Auteuil

Synopsis : Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite (et surtout parce qu'il est convoqué en conseil de discipline), ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.

Difficile de passer derrière le brillantissime à Voix Haute, génial documentaire sur à peu près le même thème, un concours d'éloquence. Ce dernier était autrement plus passionnant et intelligent que ce petit film sans âme et sans beaucoup d'énergie.

Une fois encore les bonnes intentions ne font pas forcément les bons films et celui-ci enquille les passages obligés ne laissant pratiquement au spectateur que le loisir de cocher les cases pour les valider. Pas la moindre surprise, on s'attend à tout, et absolument tout arrive. Je ne dis rien des scènes de métro où Neïla est sommée d'attirer l'attention des passagers de la rame où elle est montée. Je crois qu'il y en a 3 et elles sont les plus ridicules et invraisemblables du film. Quoique les deux scènes finales... celle où Neïla intervient pendant le conseil de discipline et la dernière que j'ai interprété par "si vous vous aimez, prouvez-le en vous insultant", valent leur pesant de cacahuètes grillées.

Si malgré tout vous êtes tentés, je vous laisse la maigre surprise de découvrir le grand enjeu : Neïla et Pierre vont-ils finir par s'apprécier au point d'apprendre de l'autre ce qu'ils ne savent pas et s'ouvrir ainsi à l'amour de son prochain, la tolérance et le respect ? Beaucoup de gentillesse dégouline de partout malgré quelques mauvais coucheurs qui traversent le paysage sans faire beaucoup de dégâts. C'est beau l'espoir et la confiance en l'espèce humaine, mais il faut un peu plus de consistance pour nous y faire croire.

Tout ça ne peut pas faire de mal et est peut-être même très rassurant mais vaut surtout pour son duo d'acteurs impeccable, ce qui est un exploit étant donné le vide.

Commentaires

  • J'ai l'impression de l'avoir déjà vu dix fois, ce film.
    La scène d'amphi dans la BA est un sacré placement produit pour la Pomme !

  • J'ai repéré la pomme mais me contrefiche du placement de produit, surtout si le film était bon... Mais alors là !!!

  • La scène est plus subtile que cela. Si aujourd'hui, dans les amphis, nombre d'étudiants prennent leurs notes sur des ordis portables, la domination (ici) de ceux de la marque à la pomme indique que le recrutement d'Assas est très bourgeois. D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué que celui de Neïla est d'une autre marque (Asus), nettement moins prestigieuse. Vu le milieu social d'où elle vient, c'est peut-être la bécane dont l'achat (par les lycéens) a été subventionné par le conseil régional.

  • J'ai adoré "A voix haute", par contre je n'ai absolument pas entendu parler de celui-ci ! Dommage j'aime vraiment beaucoup Yvan Attal !

  • Grosse plantade attalienne en ce qui me concerne.

  • Je serai moins sévère. En dehors du contexte migratoire, le film dit que les jeunes peuvent apprendre des choses des vieux cons et que les anciens peuvent (un peu) s'inspirer des nouvelles générations. C'est aussi une ode à la culture scolaire ce qui, par les temps qui courent, n'est pas si fréquent.
    Même si le scénario est un peu cousu de fil blanc, les interprètes m'ont convaincu. Une scène est vraiment très bien foutue : celle du conseil de discipline. Si l'on est attentif à tout ce que dit Neïla, on comprend qu'elle a bien retenu les leçons du maître... et qu'elle lui en donne une à sa manière.

  • En effet, tu es très indulgent :-) Merci pour Yvan.
    Tout est tellement téléphoné que ça m'a fait pitié.
    Les wesh wesh de banlieue qui ne peuvent que s'appeler "frères" ou "sœurs"... sont toujours en train de s'aboyer dessus, mais qu'Est-ce qu'ils s'aiment ! STOP.
    La scène du conseil de discipline est tellement invraisemblable... genre, on laisse entrer une étudiante pendant le conseil et on lui donne la parole, que j'avais juste envie de me cacher sous mon siège. A d'autre...

  • On ne laisse pas entrer n'importe qui : la finaliste du concours de plaidoirie !

  • :-) Ok Yvan peut te remercier.
    J'aimerais bien voir ça, finaliste ou pas, que quelqu'un puisse pénétrer dans l'antre !

  • C'est vraisemblable si l'on comprend la scène d'une certaine manière. Le petit jeu de Neïla ne commence pas une fois qu'elle est assise à côté du prof (face au jury). C'est dès qu'elle ouvre la porte de la salle (pour entrer) qu'elle met en pratique les conseils de son mentor, pour s'imposer dans la pièce : elle fait allusion aux trois motifs présumés de la réunion du conseil de discipline, en insistant sur le mot "tabouret" (qu'elle reprend un peu plus tard). Mazard-Auteuil a compris la manoeuvre. C'est pour cela qu'il incite le jury à la laisser parler et qu'il reste aussi stoïque durant la "plaidoirie" de son ancienne protégée.

  • Bravo pour ta plaidoirie ;-)
    C'est vraisemblable dans le scénario pour démontrer que la surdouée a compris miraculeusement comment passer du langage de banlieue à celui de Schopenhauer. Plus j'en parle plus je trouve ce film ridicule.
    Comment défends tu les scènes du métro ?

  • Ce ne sont pas mes scènes préférées. J'y vois peut-être une mise en abyme : au-delà du prof de fac qui met sa protégée à l'épreuve, il y a peut-être l'acteur confirmé qui fait montre de son savoir-faire à une quasi-débutante. (Auteuil m'apparaît meilleur que Jordana à ce moment de l'histoire.)

  • Difficile à Camelia de briller dans ces scènes improbables.
    Elle et Daniel Auteuil sont pour moi les seuls atouts du film. Ils sont bons et forment un beau duo.

  • Bizarre que Pascale n'aime pas cela, c'est bien bourgeois, bien rance, bien académique à son image...

  • Français, mes amis, je suis ici pour enterrer Johnny, non pour le louer...
    (c'est bon, je sors)

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