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LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE

de Lars Kraume ***

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Avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke

Synopsis : Allemagne de l'est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique.

Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Ils ne se doutaient pas ces jeunes gens plutôt sages, en entrant par effraction dans une salle de cinéma, que les "actualités" diffusées avant le film les bouleverseraient au point de modifier totalement le cours de leur vie. Il suffit d'une minute de silence qui provoque l'hystérie et la colère disproportionnée d'un prof d'histoire à moustaches pour que tout parte en vrille.

Les jeunes gens exaltés et plutôt contents de leur mini acte de bravoure sont loin d'imaginer les réactions en chaîne que leur indiscipline qualifiée d'acte contre-révolutionnaire va provoquer. Le mur de la honte n'est pas encore érigé pour séparer Berlin en deux mais l'Allemagne de l'Est est occupée par les Russes. Lorsque les lycéens se font poursuivre par des soldats russes pour leur avoir jeté "un truc" à la tête dans un café, un soldat russe interroge son "agresseur" :

- "Quel âge tu as ?

- 18 ans !

- Moi j'ai 21 ans et moi non plus je n'ai pas envie d'être ici".

L'absurdité cruelle d'une situation se révèle parfois en quelques mots, quelques répliques.

Et les deux petites minutes de silence vont faire se dérouler tout un pan implacable d'un système politique ultra communiste et les lycéens verront défiler toute une série de hauts fonctionnaires chargés de les interroger pour découvrir le coupable, le meneur, celui par qui tout a commencé. C'est-à-dire rien, ou presque. Et c'est captivant car, même si l'on suit surtout le parcours de quelques-uns, toute la classe à l'unisson va découvrir ce que sont la soumission, la trahison, la solidarité, la rébellion et le courage. Et parce que la guerre n'est pas si loin, une dizaine d'années à peine, cette histoire va faire resurgir les traces d'un passé honteux vraiment tout proche dont ils ne sont pas responsables. Et dans les familles comme chez les fonctionnaires chargés d'interroger les jeunes ou plutôt de tenter de leur soutirer des aveux (à ce titre la Directrice de l'Education et sa méthode  glaçante, son demi sourire, une tasse de thé à la main, est particulièrement effrayante) il y a forcément, des héros, des traitres, des collabos, des nazis...

Comment ces jeunes qui n'étaient que des enfants entre 39 et 45 peuvent-ils vivre avec cet héritage écrasant ?

Le film est palpitant car on n'a aucune idée de la façon dont leur sort va être réglé. On craint le pire. A de nombreuses reprises on se dit que les "adultes" vont se ressaisir et replacer l'acte dans sa juste mesure. Mais ils sont enfermés dans un système implacable.

La reconstitution est soignée, les jeunes acteurs qui semblent droit sortis des années 50 sont tous parfaits, on tremble pour eux, pour leur avenir, voire pour leur vie. Et si une scène too much est directement copiée/collée du Cercle des Poètes disparus, même sans Monsieur Keating, elle fonctionne toujours je trouve.

Du même réalisateur j'avais déjà beaucoup apprécié Fritz Bauer, un héros allemand qui évoquait la traque d'un des pires nazis de l'Histoire.

Commentaires

  • Bonsoir Pascale, tu as aimé, je suis contente. Le film vaut la peine pour ce qu'il raconte et pour les jeunes acteurs. Bonne soirée.

  • Oui je suis ravie de l'avoir vu. Quelle histoire ! Ça n'a aucun sens cete répression. Et les parents... impuissants car menacés eux aussi.
    Bonne journée dasola.

  • Celui-là, je ne veux pas le rater ; je vais y aller ce week-end. Aujourd'hui, il fait beau, c'est bord de mer !

  • Tu devrais apprécier.
    Ah la mer elle me manque. Elle me redonnerait un coup de fouet c'est sûr. Mais d'ici... 4 à 500 kms... c'est pas rien :-('

  • Quand j'ai vu la bande annonce avant sa sortie, je me suis tout de suite dit que ce film était pour mois, un mélange du cercle des poètes disparus plongés dans l'atmosphère de la vie des autres... Enfin, ce que je me suis dis.
    J'ai envie...

  • J'en sors. Quelle histoire, en effet !
    L'un de ces films un peu académiques qui ont le mérite de rappeler des choses importantes.

  • Oui la réalisation est proprette mais l'histoire, la reconstitution, l'interprétation !!!

  • Je l'ai vu aujourd'hui et j'ai beaucoup apprécié. J'étais tétanisée dans mon fauteuil en tremblant pour eux. C'est implacable comme engrenage, on voit à quel point un état policier peut bousiller la vie des gens et les tenir sous contrôle. J'ai bien aimé le personnage du vieil oncle et il a dû sévèrement trinquer lui !

  • Oui j'ai tremblé de peur aussi.
    Les adultes on a envie de les secouer.
    C'est insensé cette histoire.

  • Nous partageons votre avis. Quel bon film, pour l'histoire racontée, (et quelle histoire !) et pour ses acteurs. Un film qui n'a pas eu le succès qu'il méritait. Nous en parlons aussi sur notre blog...
    Bon dimanche

  • Pourriez-vous mettre le lien vers votre blog chaque fois que vous commentez (dans "entrez votre url) ? Merci.
    Nous sommes d'accord, un de ces films qui passent bizarrement inaperçu.

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