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PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE

de Christophe Honoré ***

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Avec Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste, Denis Podalydès

Synopsis : 1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

Ce film n'a pas la force et l'impact militants de celui qui nous avait fait monter les pulsations à 120 battements par minute l'année dernière mais il est difficile de ne pas y penser. Pourtant ici, Act Up fait peur à Jacques. Lorsqu'il pense qu'Arthur va se rendre à l'association, il dit : "ils vont l'abîmer". Ce à quoi Mathieu, le voisin, l'ami qu'on rêve d'avoir répond : "pourquoi Act Up lui ferait du mal ?".

Le film est plus doux que celui de Campillo mais il parle d'amour aussi et de l'urgence à vivre (sans doute le courir vite du titre) quand on est jeune et qu'on sait qu'on va mourir bientôt d'une maladie d'amour incurable.

Honoré filme Paris et Rennes comme s'il n'y avait que des homos dans ces villes. Ce n'est pas gênant même si j'ai toujours trouvé déconcertant et admirable comme il est facile pour deux homos de finir la soirée au lit, voire plus si affinités. Ce qui sera le cas pour Jacques et Arthur malgré leur différence d'âge et le fait que Jacques ait le Sida. Arthur l'apprend par hasard et n'en fera pas un drame. Je ne me souviens plus que les garçons évoquent frontalement la maladie. En tout cas, ils ne s'embarrassent pas de  préliminaires. Un regard, un sourire, une conversation et hop ! Les sentiments, l'amour viennent ensuite. J'ai l'impression que c'est différent pour les hétéros. Mais bon, je n'en sais rien, on s'en fout et je vous parle d'un temps... Peu importe, l'important est ailleurs.

La rencontre est belle, littéraire et cinématographique dans une salle de cinéma justement. Le jeune Arthur ose ne pas apprécier La leçon de piano de Jane Campion. Jacques le sermonne gentiment et l'aime presque malgré lui, bien qu'il se sache condamné. Il faut dire qu'Arthur est solaire, décomplexé, joyeux, disponible. Différent de ses amours précédents plus compliqués.  

On peut reprocher à Christophe Honoré toutes les références dont il parsème son film, ses dialogues littéraires, ces scènes qui ressemblent à celles d'autres films, moi j'aime bien. Il aime Truffaut, Dominique Laffin, Cyril Collard ? Il envoie Jacques caresser leurs tombes au Cimetière de Montmartre. Il admire Carax et Fassbinder ? Il nous le rappelle. Et il nous ravit avec sa bande son, nous met KO lors d'une scène de voiture et nous bouleverse avec deux scènes de bains consolatoires et désespérées. Il n'élude pas les ravages de la maladie mais nous épargne les agonies. Il nous amuse aussi avec une chorégraphie impromptue. C'est fou comme les scènes dansées dans les films sont souvent jubilatoires.

Mais ce qui compte beaucoup chez Honoré, ce sont ses personnages et ses acteurs. Le trio nous charme et nous émeut, le doux et merveilleux sourire de Pierre Deladonchamps, son charme, son élégance, l'humour nonchalant de Vincent Lacoste (qui ne me convainc toujours pas tout à fait encore ici) et la douceur, l'intelligence, la bienveillance, la tristesse de Denis Podalydès.

Commentaires

  • J'ai bien aimé et apprécié le fait qu'on nous épargne l'agonie. Juste un peu trop de références à mon goût. Pierre Deladonchamps je l'ai trouvé très juste dans ce rôle. Vincent Lacoste, j'ai l'impression de le voir toujours dans le même ton, même si ici il est lumineux. Et Denis Podalydès, émouvant. Un beau casting. La scène de la danse est géniale je suis d'accord.

  • C'est très touchant sans être désespérant. Les acteurs sont top. Vincent Lacoste fait moins le mariole donc il s'améliore. Poda est excellent. Et Pierrot le Nancéien est sexy et désabusé. Un beau film.

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