Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

FIFI

de Jeanne Aslan et Paul Saintillan ****

ARRÊTEZ TOUT ! COUREZ VOIR CE FILM

Avec Céleste Brunnquell, Quentin Dolmaire, Megan Northam, Chloé Mons, Ilan Schermann, Romane Bertrand, Laurent Poitrenaux, François Négret, Anthony Sonigo

C'est l'été à Nancy et Sophie, dite Fifi, sait qu'elle ne quittera pas son HLM et sa famille bruyante.

Dans une situation précaire la famille se compose de la mère, de trois grandes filles issues d'une première union, de deux enfants plus jeunes, d'un bébé et d'un beau-père qui semble passer beaucoup de temps au lit. Pour échapper aux cris, aux insultes et aux coups parfois, Fifi s'échappe sur son vélo, fait les courses d'une vieille dame et tout à fait par hasard croise Jade une ancienne copine de collège. Cette dernière part comme chaque année au bord de la mer et Fifi sans raison lui pique les clés de sa maison. Dès que toute la famille est partie, Fifi se glisse dans la maison et s'y installe au calme. Surprise par Stéphane le fils aîné elle se sauve et finalement revient et partage un petit job d'été bien rébarbatif avec lui (mettre des courriers sous pli). Malgré leurs 8 ans d'écart les deux jeunes gens sympathisent, et aux silences gênés succèdent peu à peu des conversations simples et profondes. Une rencontre, une évidence...

GROS coup de coeur pour ce premier film qui vous cueille alors qu'on pouvait s'attendre à voir tous les clichés s'empiler compte tenu de la grande précarité dans laquelle se trouve la famille de Fifi, des rapports de classe entre les deux milieux, de la mixité sociale mais aussi d'une histoire d'amour entre une adolescente et un jeune homme de 23 ans. On se dit qu'on a déjà vu tout ça et puis non, on ne l'a jamais vu, pas de cette façon en tout cas.

Le film s'appuie avec beaucoup de recul, de subtilité et de douceur sur le mélange de comédies romantique et sociale sans jamais tomber dans les stéréotypes faciles et les banalités ordinaires des deux genres. Une toute jeune fille sans doute pressée de quitter l'école pour échapper à sa condition, à sa famille. Un jeune adulte un peu perdu, conscient de l'être et lucide aussi, pas sûr d'avoir choisi la bonne filière d'études. Avec leurs doutes, leurs hésitations, leurs rares certitudes, ils entament un dialogue, tout étonnés eux-mêmes d'y parvenir.

Céleste Brunnquell (vue et révélée dans Les éblouis puis dans la série En thérapie) et Quentin Dolmaire (étourdissant dans Trois souvenirs de ma jeunesse) sont éblouissants, drôles, justes tout le temps, émouvants. Et n'oublions pas la scène qui restera peut-être comme la plus drôle vue ces derniers mois et en tout cas du film. On la doit à Laurent Poitrenaux, hilarant en quelques minutes, à la piscine, au barbecue et au ping-pong... Tout le casting est impeccable.

Ce film est beau, doux, tendre. FONCEZ-Y !

Ce film, c'est comme être là au bon endroit, au bon moment avec la bonne personne, au bord de l'eau. Et quand c'est la fille qui offre son gilet au garçon pour qu'il n'ait pas froid, on se répète encore qu'on est pas dans un film et une histoire ordinaires. Et le coeur bat la chamade au rythme de leur douce complicité et de la plus belle non-déclaration d'amour du monde.

C'est rare.

Triste et joyeux comme une fantaisie pour piano à quatre mains de Schubert.

Ecoutez, vous connaissez forcément.

fifi jeanne aslan et paul saintillan, cinéma,  Céleste Brunnquell, Quentin Dolmaire, Megan Northam, Chloé Mons, Ilan Schermann, Romane Bertrand, Laurent Poitrenaux, François Négret, Anthony Sonigo

Commentaires

  • Bonjour Pascale, je vais aller voir le film demain. J'espère qu'il me plaira autant qu'à toi. Bonne après-midi.

  • Bonsoir dasola. J'espère aussi. C'est un bonbon ce film.

  • Je trouvais que le jeune garçon ressemblait à l'acteur principal du Desplechin. Bon et bien ... normal :D
    Comme tu le dis si bien, j'ai été cueillie par ce film. Tout en nuance, et subtilité. Un vrai petit coup de coeur pour moi aussi. Je suis contente de ma petite séance de ciné en solo !

  • Oui il lui ressemble comme un frère :-)))
    Ce film est un bonbon qui nous saisit peu à peu, doucement. La scène au bord de l'eau...

  • Nous y sommes allés grâce à Quentin Dolmaire, tellement bon dans la série Ovni(s) avec Melvil.
    C'est vraiment un très bon film, tout en finesse, et la naissance d'une actrice qui attire la lumière comme jamais.

  • Quentin était irrésistible dans Ovnis et encore plus ici en résistant tellement intelligemment à Fifi.
    Il a un petit rôle savoureux dans Le processus de paix.
    Et si tu l'aimes, dans Trois souvenirs de ma jeunesse, il est prodigieux.

  • Vu dans une salle parisienne plutôt remplie où l'assistance était majoritairement féminine.
    C'est tout gentil et tout doux. Je n'ai pas compté dans combien de pièces exactement s'entasse la famille prolo (bon, c'est pas tout à fait les Groseille non plus!) de 9 personnes (parents, 3 soeurs ainées, 2 enfants du second lit, 1 nourrisson et un grand dadais dont je n'ai pas compris s'il était un "grand frère" où un compagnon d'une des grandes, voire le père de son bébé). On peut comprendre que Fifi, qui a le réflexe rapide, saute sur l'occasion d'un "refuge" pour elle toute seule chez des "bourges". J'ai aimé les courses à vélo, suggérées de chaque côté de votre affiche d'illustration (mais, dans Nancy, on ne voit guère que nos deux héros pratiquer...). Lucidité, oui, quelque chose comme "dans la famille, on a des velléités artistiques mais pas de talent". Je me dis que c'est une saga que j'aimerais bien voir se développer, comme Antoine et Colette, comme les jeunes de L'Auberge espagnole... (4e film de la sage annoncé, avec la génération suivante - déjà!), en les revoyant avec "quelques années de plus (dès l'an prochain - magie du cinéma? Je rêve...).
    (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola

  • Je crois que le grand dadais qui ne sait pas acheter ses cigarettes est hélas le père du bébé (ou peut-être le frère aîné) mais ça a peu d'importance. Il y a effectivement beaucoup de monde dans ce petit appartement où tout le monde s'entasse, où Fifi touche le plafond avec ses mains dans son lit...
    Il y a pas mal de vélos à Nancy mais en effet on ne voit guère que Fifi et Stéphane et bien peu de voitures dans les rues... (ce qui n'est VRAIMENT pas le cas dans la réalité).
    Il y a peu de chance qu'on voit l'évolution de ces deux adorables personnages. J'en serais très surprise.

    P.S. : toujours inutile de signer car le nom apparaît sous le commentaire :-)

Écrire un commentaire

Optionnel