Bubble de Steven Soderbergh ***
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Plus on ment, plus la vie se complique.
Dans l’aristocratique campagne londonienne, James et Anna vivent un bonheur pépère, tendre et courtois. L’arrivée de William, Ruppert Everet, irréprochable dans un (premier ?) rôle hétéro, séducteur mais toujours cynique va déjà commencer à faire vaciller les certitudes de ce couple sans histoire. La mort accidentelle d’un homme pas loin de leur maison de rêve va encore enfoncer le clou et obliger chacun (plus ou moins suspect) à révéler ses petits secrets et grandes fêlures.
C’est raffiné comme un baise-main à l’heure du thé, cruel comme un roman d’Agatha Christie et d’une finesse psychologique rare au cinéma. C’est un premier film et il est beau, sans fioritures et pourtant très soigné. Les acteurs sont impeccables et notamment Tom Wilkinson, plus que convaincant, digne, intelligent et touchant dans le rôle de l’amoureux, éconduit et malheureux.
Au final de cette analyse de l'adultère, de la responsabilité et du sentiment de culpabilité, chacun révèlera sa vraie nature.
Delicious et so british.
Ce qu’il y a de bien avec certains acteurs,c’est qu’ils prennent tellement de plaisir, qu’ils semblent tellement s’amuser que le spectateur est obligé de les suivre. C’est le cas ici.
Franssou gagne 50 000 €uros en héritage : c’est trop et trop peu et elle décide de les dilapider dans un palace à Cannes où elle rencontre un arnaqueur professionnel qui essaie de la filouter avant qu’elle ne l’arnaque elle-même.
L’argument n’est pas le plus intéressant de ce film et c’est bien le duo (puis le trio) d’acteurs qui vaut le déplacement vers cette comédie virevoltante, légère et ensoleillée.
Isabelle Carré (rousse flamboyante, n’en déplaise à ceux qui l’attendent blondinette..) est une véritable tornade, une sorte de lutin fougueux qui tourbillonne, séduit, ronchonne, éclate de rire, réclame de l’amour « à ce moment-là, vous n’avez pas eu un tout petit peu envie de m’embrasser ??? ». Ici la formule « lumineuse » prend tout son sens car elle est d’une beauté à tomber par terre, jouant à la perfection de son physique frêle mais élancé, de ses cheveux, de son allure. Elle est aidée en cela par une garde-robe minimaliste… pratiquement la même robe déclinée en une multitude de coloris quasiment cousue sur elle. Elle assume et elle assure : une bombe ana-tomique !
José Garcia, après son détour vers des films dramatiques ou fantastiques revient à ses premières amours et en mufle escroc au dynamisme, à la séduction et à l’abattage incessant, il est parfait. Quant à François Cluzet (trop rare acteur), en ex champion de F1, plutôt couillon, bas du pare-brise, incapable de faire une phrase complète, il est extraordinaire. Evidemment les cœurs d’artichaut n’apprécient guère la cruauté avec laquelle il se fait pigeonner… mais bon, c’est une comédie !
Et puis mention spéciale à Jean-Paul Bonnaire, acteur majuscule qui joue comme personne les tendres abrutis.
Loin des farces franchouillo-lourdingues qui sévissent parfois, ici règnent l’escroquerie et l’amoralité qui vont bien au teint des tourtereaux… ne boudez pas ce plaisir.

"Moi Jane... Toi, Tarzan !"
Un road-movie réussi est une belle occasion pour les personnages de faire connaissance, d’apprendre à se connaître, à s’aimer, de subir quelques mésaventures et de faire les rencontres utiles ou dérangeantes qui jalonnent le voyage. Celui-ci ne fait pas exception à la règle du genre et nous offre un parcours d’est en ouest sur les routes poussiéreuses, désertes et ensoleillées des Etats-Unis.
Bree, jadis un homme, n’a plus que quelques jours à attendre pour subir l’ultime opération qui fera d’elle définitivement une femme. Mais elle reçoit l’appel d’un ado paumé qu’elle sort d’une prison New-Yorkaise et qui serait le fils né d’une liaison hétéro sans suite qu’elle/il aurait eu jadis. C’est ensemble qu’ils feront le trajet jusqu’en Californie où chacun court après son rêve, son identité, ses origines…
Les scènes se succèdent de façon un peu linéaire et sans trop de surprise mais la surprise vient néanmoins de l’interprétation époustouflante de Felicity Huffman. Pour une fois, c’est une femme qui joue le rôle du transsexuel, le rôle d’un homme qui veut devenir une femme. Felicity Huffman est stupéfiante, tour à tour fragile, déterminée et parfois aussi, un peu cocasse mais jamais vraiment ridicule. Pour elle, en priorité, il faut voir ce joli film plein de bons sentiments.

j'ajoute cette photo, car on y retrouve le "Kicking Bird" de "Danse avec les Loups", Graham Greene...
La question est clairement posée dans le film, Hubert Bonnisseur de la Bath allias OSS 117 est-il d’une intelligence hors norme ou un con intégral ??? La réponse est sans appel et nous affirmons sans hésitation : c’est un con absolu.
Mais revenons au film. L’intrigue un peu maigrichonne se barre en quenouille et n’est d’ailleurs absolument d’aucun intérêt, même si l’on y croise, entre autres, des nazis qui réclament « une seconde chance ». C’est vrai pourquoi les nazis seraient-ils toujours les méchants ?
Par contre, ce qui est attirant c’est l’hommage au « cinéma de papa » et aux premiers James Bond. Dès le générique kistschissime et la musique ringarde, on est plongé dans ce cinéma désuet des années 50/60 et c’est magnifiquement réalisé. Filmé en scope et en technicolor, le film accumule les plans larges et puis la caméra se rapproche et se fixe sur un visage grimaçant qui récite avec emphase un dialogue ridicule. Chaque personnage attend que l’autre ait fini sa phrase avant d’intervenir. Des flash-back hilarants nous montrent OSS et son meilleur ami sur une plage : ils jouent au jokari et semblent ne se déplacer qu’au ralenti. Quand ils sont en voiture, les personnages ont un écran (très visible) qui défile derrière eux, ce qui a pour avantage de ne pas décoiffer la dame et permettre une conversation comme dans un salon. On est dans une ville avec la Tour Eiffel en arrière-plan et hop, un panneau explicatif nous indique : « Paris », idem pour un endroit avec le Colisée, c’est « Rome » etc, etc… Et en prime, un petit cadeau : une poursuite (à pied) désopilante dans les ruelles du Caire très très Hitchcockienne, pas moins !
Le Caire est un véritable nid d’espions internationaux dont la « couverture » est pour tous et chacun d’eux l’élevage de bœufs, moutons ou poulets. Sauf pour le belge, véritable éleveur infiltré parmi les espions. Oui, je sais, ça se complique. Sauf également pour notre OSS 117 qui prend très au sérieux son pseudo rôle de directeur d’un élevage de poulets au lieu de s’intéresser à sa mission !!!
OSS 117, comme chacun sait, à moins d’être spéléo et d’avoir vécu ces dernières semaines au fond d’une grotte, c’est Jean Dujardin et comme il le dit lui-même : « un peu de Sean, beaucoup de conneries »… Effectivement et désolée, mais il n’y a pas d’autre mot et hisser la connerie à ce niveau de sublime c’est du grand art. OSS est un con (le répètera t’on jamais assez), c’est un beauf, inculte, macho, homophobe, raciste, borné, qui n’aime que la castagne. Comment Jean Dujardin qui assume, parvient à faire passer cette indigeste pilule, c’est tout le mystère de son «art» et du formidable capital sympathie qu’il trimballe mais aussi de l'intelligence du film qui dès qu'il profère un propos (plutôt des lieux communs) raciste ou homophobe le fait contrer par une réplique qui le remet à sa place en le ridiculisant : cassé !
Incapable de découvrir le moindre indice même quand il saute aux yeux, infoutu de faire la plus petite déduction même sur une autoroute semée de cailloux blancs, les énigmes se résolvent d’elles-mêmes et lui valent les encouragements et l’admiration de ses supérieurs. Devant la réussite de sa mission au Caire, son chef décide de l'envoyer en Iran : "chouette, dit-il, ça me permettra de reprendre l'avion..."
Autour de lui, deux OSS girls belles et futées craquent malgré tout pour ce bellâtre idiot. Il faut dire qu’il porte le maillot de bain à ceinture et le smoking en alpaga comme un prince et qu’il a beaucoup dû regarder le grand Sean pour pouvoir traverser une salle où tout le monde se retourne sur son passage sans rire et sans être ridicule. Par ailleurs, il apprend l’arabe en trois jours, il chante magnifiquement bien et danse le mambo et le twist à faire pâlir John Travolta, il se recoiffe (raie et gomina) d'un seul mouvement de la main, il articule ses dialogues improbables avec une diction irréprochable.
Franchement, bouder ce plaisir serait dommage, car « la blanquette est bonne ».

Albert Dupontel a sniffé beaucoup de colle et son film a été fait sous les effets des vapeurs de super-glue... Si ce n'est pas le cas : appelez une ambulance.
Si "Enfermés dehors" fait partie de la catégorie sitôt vu/sitôt oublié il permet quand même de passer un bon moment. Sono à fond, couleur verdâtre, image agitée de secousse, cet ovni complètement destroy qui fonce dans le mur à toute allure est drôle. Albert Dupontel est un doux rêveur et un poète mais ça ne se voit pas au premier coup d'oeil tant son film est ravagé.
Clodo crado et puant, il trouve un uniforme de police ("tu sais pas lire, c'est écrit dessus") et tente de le rapporter au commissariat où il est rapidement et brusquement éconduit. Très rapidement, il réalise comment le prestige de l'uniforme peut lui faciliter la vie, ne serait-ce que pour manger, et aussi lui permettre de venir en aide à une maman qui a perdu la garde de son enfant. Avant d'arriver à ses fins, il sera écrasé (deux fois) par une armoire, ratatiné (deux fois) dans une épicerie, percuté (deux fois... le comique de répétition c'est bien mais il ne faut pas en abuser) par une mobylette lancée à vive allure, suspendu à une antenne au-dessus du vide, il aura le crâne plus ou moins fendu, les dents écrabouillées sur une portière de voiture... J'ai dû en oublier. C'est horrible, mais c'est marrant. Dupontel c'est le coyotte de Tex Avery, pas moins, donc, je confirme, c'est drôle.
Près d'Albert, d'anciens Deschiens au top de leur crassitude, un ex Monthy Python, Madame Dupontel, une ex Lequesnoy... et tout le monde s'amuse sans rire. Un ovni, je vous dis.
N.B. : il n'est absolument pas utile et nécessaire de se munir d'une caution justifiant le choix de ce film... style moutard de moins de 8 ans qui couinera tous les quarts d'heure "j'veux faire pipi" pour entrer dans une salle qui projette "l'Âge de glace"...
Comment aurait été la vie si Johnny Halliday n'avait pas été chanteur ? Si Fabrice Lucchini n'avait pas été acteur ??? On se sent un peu obligé de se poser la question en voyant ce film et de reconnaître que sans doute ça n'aurait pas changé grand chose au destin. Néanmoins, la première idée de génie (n'ayons pas peur des mots) de ce petit film épatant est d'avoir fait interpréter le rôle de Johnny par Jean-Philippe Smet himself, ou l'inverse, on y perd un peu son latin.
En tout cas, Fabrice, le plus grand fan de Johnny se réveille un jour, après un choc, dans un monde où Johnny n'a pas existé et, d'abord désespéré, il se ressaisit et part à la recherche de Jean-Philippe Smet dans l'idée de lui raconter son destin. Il le retrouve, patron d'un bowling, le bien nommé Olympia. A partir de là, il faut convaincre Jean-Philippe, à 60 ans passés, de devenir Johnny, l'Idole des Jeunes. Fabrice est convaincant, on s'en doute (c'est Lucchini tout de même) et Jean-Philippe se laisse façonner à la mode Johnny ce qui donne lieu à une succession de scènes cocasses, émouvantes ou carrément enthousiasmantes. Fabrice raconte sa vie à Jean-Philippe qui est vraiment estomaqué d'apprendre qu'il a eu une fille avec Nathalie Baye : "ouah, c'est mon actrice préférée !". Fabrice réécrit en une nuit une cinquantaine des plus grands tubes qui ont fait la gloire de Johnny. Fabrice interprète à la guitare "on a tous en nous quelque chose de Tenessee" puis Jean-Philippe prend la guitare et là, fan ou pas, il se réapproprie la chanson et on a le frisson. Pas de doute : Johnny, c'est le patron.
On n'aurait pas donné cher de cette histoire abracadabrantesque dont on se demandait où était l'intérêt. Et bien, l'intérêt c'est Johnny et c'est Fabrice et franchement, c'est un régal de les voir. Johnny, bon acteur, gueule de ciné, docile et bien dirigé ou assez malin et humble pour ne pas en faire des caisses est touchant et plus que convaincant. Quant à Fabrice, anesthésié par la star peut-être ou acteur intelligent, il est d'une retenue, d'une discrétion et d'une simplicité plus que bienvenues et totalement en accord avec le personnage. Mais ce qui déconcerte le plus c'est de voir cet homme, d'ordinaire plutôt envahissant et extraverti, complètement subjugué par son idole. Il s'efface tout à fait devant Johnny dès qu'il est à l'écran et les regards énamourés qu'il lui jette, pleins d'audace et d'émotion sont vraiment touchants. Fabrice semble être à la fois le petit garçon ébloui par L'Eternel et le grand frère qui protège et encourage. Cet aspect de leur relation est assez fascinant.

Par ce film j'ai appris que Mel Gibson est un gros con, dévot, sadique, qu'il a élevé plein de mouflets à coups d'Evangiles bien placés, qu'il ne sort jamais sans sa Bible, que son père est en partie responsable de l'Holocauste et aussi qu'il a cloué Jésus lui-même de ses propres mains. Jamais plus, je crois, je n'oserai prétendre qu'un jour j'ai pu apprécier cet homme-là !
Néanmoins, athée par choix et décision, quoique baptisée, confessée, communiée par obligation, j'ai toujours considéré Jésus comme un brave type qui n'a pas mérité ce qui lui est arrivé. Cinéphile par passion et sadique par procuration, je n'ai pas dû rater beaucoup de films qui racontent la vie de Jésus... Aujourd'hui, mécrante confirmée et future ex.Melgibsonienne, jai vu La Passion. Je suis sortie de la projection sonnée, vaguement nauséeuse. Je me suis souvenue du chemin de croix de mon enfance où, pauvre candidate à la communion solennelle, je suivais à travers l'église un curé qui me racontait sans émotion la Passion. C'était long, pénible, éprouvant, interminable... Et pour la première fois j'ai vu au cinéma ce qu'ont dû être pour cet homme ces épreuves, ces tortures au nom de quoi ??? Ici nous sommes loin des visions romantiques imposées jusque là par des cinéastes frileux. Evidemment, Jim Caviezel (Jésus) est très rapidement transformé en steack tartare mais néanmoins on voit un homme qui souffre et doute au-delà de toute limite et non un surhomme insensible à l'inommable.
Jamais je n'aurais imaginé que le le cinéma pourrait faire plus de mal que la religion. A cause des croyanges, des intolérances, la paix sur la terre pour les hommes de bonne volonté est dans l'impasse. Et tout ce bruit, toutes ces réactions ahurissantes à un film (jamais ou rarement jugé comme film) confirment deux choses : qu'on ne peut pas parler de tout à tout le monde et, surtout, que cinéma et religion ne font pas bon ménage.
Voilà un film qui ne révolutionnera pas le 7ème art ni ne bouleversa la vie de quiconque mais il est frais drôle et ensoleillé. On en sort le coeur joyeux et ce n’est déjà pas mal.
Un homme, devenu cosmonaute (Pef : véritable face de lune rêveuse) revient 24 ans après pour tenir la promesse qu’il a faite à une petite fille de 9 ans de l’épouser quand il serait allé dans les étoiles. Evidemment, la petite fille a grandi et s’apprête à en épouser un autre… d’où le titre « essaye-moi » 24 heures pour être sûre de ne pas te tromper.
Le cosmonaute est le fils de cinéma de Pierre Richard (adorable) et il en a hérité toute sa légèreté, sa maladresse et sa naïveté ce qui donne lieu à des situations excessives mais drôles la plupart du temps.
Les acteurs se régalent visiblement et même si Julie Depardieu est obligée de brider sa fantaisie naturelle (elle est expert-comptable…) pendant une grande partie du film, elle reste toujours craquante et lumineuse.
Tout le monde s’amuse ici : Isabelle Nanty, Wladimir Jordanoff, Kad Merad… et le spectateur aussi. Parfois on n’en demande pas plus à un film.
